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22 février 2017 3 22 /02 /février /2017 09:59

Je l’avoue humblement : c’est le premier polar de Jean Contrucci que je lisais. J’ai découvert un auteur singulier à plusieurs égards. Tout d’abord, il s’inscrit dans une série historique homogène sur un plan thématique : des enquêtes policières menées dans l’aire marseillaise au début du XXe siècle. Ensuite, il présente un côté didactique intéressant qui permet de mieux comprendre ce qu’était la cité phocéenne à l’époque d’Emile Loubet, dans les premières années du siècle précédent. Peu de choses ont changé. Même si des passages descriptifs peuvent paraître ralentir l’action, ils ont le mérite de camper un décor aussi détaillé qu’une toile de Breughel l’Ancien et d’évoquer une atmosphère palpable au fil des pages. A cette époque déjà, la voyoucratie régnait sur certains quartiers de Marseille, la condition ouvrière était encore au tréfonds de l’exploitation, la prostitution constituait une issue pour les malheureuses ouvrières de la Manufacture des tabacs, l’insécurité planait sur la ville et la police qui, comme aujourd’hui, se plaignait du manque d’effectifs avait déjà fort à faire. Dans cet environnement dangereux et cette atmosphère sulfureuse, le commissaire Baruteau dirige les destinées de l’Evêché, le siège de la police judiciaire locale. Cet éminent policier possède un neveu, reporter dans un quotidien du cru et les deux hommes ont pris l’habitude, au fil des enquêtes imaginées par Contrucci, de collaborer en partageant leurs informations. Cette fois, on retrouve, à quelques jours d’intervalle, rue Bleue, deux cadavres dont l’un a perdu sa tête. Avec l’aide de son oncle, Raoul, le journaliste, va se lancer dans une enquête délicate et risquée qui va le voir affronter la pègre locale et vivre une suite de péripéties avant de parvenir à un dénouement pour le moins inattendu.

Double crime dans la rue bleue, de Jean Contrucci, Le livre de poche, novembre 2016, 379 pages, 6 € 60.

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16 février 2017 4 16 /02 /février /2017 13:50

Avec « Mortels éthers », c’est un polar pour le moins original que nous livre Elton Furratier. C’est le premier tome d’une série qui met en scène un personnage très particulier. Nelson Furratier, dit le Furet, est un détective privé d’un genre très spécial. D’abord, il est le frère de l’auteur-narrateur, ce qui n’est pas chose courante. Ensuite, il présente des troubles comportementaux hérités de la mort tragique de son épouse et de la disparition de son fils, des troubles qui génèrent en lui des pointes de violence qui peuvent aller jusqu’à s’exercer sur une personne âgée. C’est donc une sorte de anti-héros qui ne reste accroché à l’existence que par des expédients et l’aide attentionnée de son frère et géniteur littéraire. Dans ce premier tome, il est embauché par la femme d’un député aux portes du gouvernement. Très vite, Nelson devine que ce contrat recouvre quelque chose d’inavoué qui relève d’une rouerie dont il pourrait bien être la victime ou d’une manœuvre dont il pourrait être à son insu le bras armé. Il se lance donc dans cette enquête avec circonspection. Son chemin va être semé d’embûches. Ne manquent ni l’action, ni les rebondissements, ni le suspense. Il y a dans cette histoire une dimension historique et cabalistique mais je n'en dirai pas plus. Ce qu’il convient surtout de savoir, c’est que, au-delà des enquêtes qu’il mène pour ses clients, Nelson n’est motivé que par la recherche des auteurs du meurtre de sa femme et de la disparition de son fils ainsi que par une inextinguible soif de vengeance. Cette quête est la justification d’une suite à ce premier volume. Je me suis laissé prendre dans les filets de cette histoire originale à la fois par le fond et par le fonctionnement ( Une sorte de récit en abyme, l’auteur étant à la fois narrateur et partie prenante à l’histoire ). Malgré ses défauts qui pourraient le rendre antipathique, je me suis attaché à ce personnage cabossé par la vie. Un polar sympa à l’atmosphère déroutante dont je lirai volontiers la suite car le dénouement de cet opus annonce l’enquête qui devrait suivre.

Mortels éthers, les enquêtes du Furet, de Elton Furratier, IS-édition, août 2013, 202 pages, 17€90.

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13 février 2017 1 13 /02 /février /2017 19:32

Dans l’immédiat après-guerre, un ancien policier, sous-officier démobilisé, se lance dans le journalisme pour la Gazette de Glasgow. Pour faire ses preuves en tant que reporter, il se trouve confronté à une bande de justiciers qui prétendent pallier les insuffisances du système judiciaire en pratiquant eux-mêmes une justice expéditive. Dans le même temps, un conseiller municipal est assassiné dans des conditions épouvantables. Douglas Brodie va se lancer dans une enquête difficile et fortement risquée dans une ville gangrenée par la violence et par conséquent dangereuse. « Les justiciers de Glasgow », plus qu’un simple polar, est un grand roman tant par son contenu que par le style abouti de Gordon Ferris. J’ai éprouvé la même fascination que pour la lecture de « Seul le silence » de RJ Ellory et quelques autres pépites du roman policier. Les personnages de Douglas Brodie et de Samantha Campbell, les deux principaux protagonistes, sont magistralement campés et l’intrigue est prenante de bout en bout. Suspense et action s’entremêlent pour donner une intrigue remarquablement construite. En outre, on découvre avec intérêt et une extrême précision la ville de Glasgow et sa région. A noter une excellente traduction. A découvrir absolument.

Les justiciers de Glasgow, de Gordon Ferris, éditions Points, janvier 2017,502 pages, 8 € 10.

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8 février 2017 3 08 /02 /février /2017 15:54

Au cœur de l’hiver jurassien, celui qu’on pressent être un tueur en série s’attaque à des familles qu’il massacre de façon particulièrement violente, sans que le mode opératoire soit identique. Face à ce tueur, il y a la modeste brigade de gendarmerie d’une minuscule commune de ce coin reculé de France que l’auteur affuble du surnom de Plouquie. Ce qui veut tout dire. Et, surtout, que l’adjudant qui commande la brigade ne peut compter que sur ses deux subordonnés et sur un matériel obsolète et défaillant. Dans un style élégant, Patrick Eris nous livre là une intrigue solide qui nous tient en haleine jusqu’au tout dernier chapitre. Il y a de l’action, du suspense et une tension que servent à merveille l’atmosphère oppressante d’un hiver rude et la désagrégation progressive des faibles moyens dont dispose l’enquêteur principal. Quant au titre, il naît d’une métaphore que développe l’auteur en arrière-plan de son récit. Une histoire prenante que je vous recommande chaudement.

Les arbres en hiver, de Patrick Eris, Editions Wartberg, octobre 2016, 215 pages, 12 € 90.

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29 janvier 2017 7 29 /01 /janvier /2017 13:49

S’il fallait une preuve supplémentaire de la qualité de certains polars auto-édités, en voici manifestement une avec « Le mort de la pleine lune » de Jean-Marie Lebras de Lachesnay qui ne m’en voudra pas, j’en suis sûr, de poursuivre cette chronique en le désignant sous le terme d’auteur, principe d’économie oblige. Après ce clin d’œil auquel m’autorise notre cordial voisinage sur le salon de Nemours, je voudrais dire à quel point j’ai trouvé ce polar passionnant. Un homme est retrouvé mort, apparemment noyé et victime d’une overdose, dans un chenal des côtes réunionnaises. C’est le fils d’un des plus gros pêcheurs de l’île. Le lieutenant Franck Law va devoir conduire une enquête difficile avec l’aide de ses deux adjoints. Au fil de cette histoire contée avec talent et qui ménage le suspense jusqu’au dernier chapitre, on découvre une culture fascinante avec sa langue et ses codes si particuliers. L’auteur ménage de nombreuses fausses pistes, nous fait découvrir la langue et la gastronomie locales mais aussi les pratiques exorcistes. On découvre aussi les usages sociaux propres à cette île, en marge d’un enquête qu’on ne peut mener à bien que si l’on est du cru. Les personnages ont de l’épaisseur, l’histoire est originale et racontée dans un style agréable. 194 pages captivantes. Voilà un auteur à découvrir mais qui, comme beaucoup d’auteurs auto-édités ne se trouve pas en librairie. Je ferai donc une entorse à mes habitudes en publiant le lien avec sa page sur un site marchand bien connu.

 

https://www.amazon.fr/mort-pleine-Jean-Marie-Lebas-Lachesnay/dp/2954837012/ref=sr_1_1?s=books&ie=UTF8&qid=1485694202&sr=1-1&keywords=le+mort+de+la+pleine+lune

Le mort de la pleine lune, de Jean-Marie Lebas de Lachesnay, édition Mambolo, janvier 2016, 194 pages, 17 €.

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26 janvier 2017 4 26 /01 /janvier /2017 07:46

Qu’il est donc original, talentueux et jubilatoire ce roman de Frédéric Révérend ! Imaginez-vous dans une immense salle de musée dont les murs garnis de toiles impressionnistes évoquent ces années où les hommes portaient des lavallières et les femmes des crinolines, des toiles qui vous transportent à la Belle-époque au travers de scènes, de personnages et de lieux mythiques comme le Giverny de Claude Monet. Imaginez de surcroît que vous puissiez, au gré de votre fantaisie, entrer dans chacune de ces toiles pour les vivre de l’intérieur, y faire des rencontres étonnantes et, au fil de celles-ci, suivre pas à pas l’incroyable enquête que mène le jeune peintre Gilbert petit-Rivaud qui cherche à élucider le mystère d’un homme retrouvé décapité, dans l’Epte, à quelques pas de la résidence de Monet. Vous aurez ainsi une idée de la démarche de cet auteur créatif et imaginatif. Mais ce meurtre n’est-il pas qu’un prétexte ? A sa manière, Gilbert Petit-Rivaud suit le chemin d’Alice lorsque le lapin l’invite à la suivre dans son terrier. Car, assurément, il y a chez Frédéric Révérend quelque chose de Lewis Caroll. Ne rencontre-t-on pas, d’une certaines façon des personnages analogues dans ce conte drolatique, une sorte d’épopée onirique, une sorte de construction fantastique que, sur le plan du fond comme de la forme, n’auraient pas renié les membres de l’Oulipo, avec, par moments, ses inventaires et ses trouvailles à la Pérec. En affirmant cela, je pense en particulier à ce fabuleux passage qui évoque la confrérie du palindrome. Extraordinaire exercice de style qui illustre l’immense talent de ce romancier qui sort des sentiers battus et invente un univers unique en marge de la littérature policière. Je me suis régalé du début jusqu’à la fin. Tenter de résumer l’histoire irait à l’encontre de sa richesse. Et, par-dessus le marché, même si l’éditeur l’annonce « Roman pas policier mais presque… », le suspense est présent et la fin inattendue. Enfermez-vous dans l’univers de Frédéric Révérend et vous aurez les plus grandes peines du monde à en sortir, pour votre plus grand plaisir… 226 pages de pur bonheur…

La drolatique histoire de Gilbert Petit-Rivaud, de Frédéric Révérend, Editions Lajouanie, octobre 2016, 226 pages, 18 €.

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23 janvier 2017 1 23 /01 /janvier /2017 05:19

En refermant cette nouvelle pépite des éditions Lajouanie, j’ai pensé au « pays oublié du temps » de Xavier-Marie Bonnot. Parce qu’en même temps qu’un excellent polar, « chasseurs d’esprits » est aussi un fabuleux roman d’aventure, un voyage fascinant en terre inconnue, aux confins de l’Orénoque et de l’Amazone, dans un écosystème dangereux au sein duquel une équipe de policiers espagnols va devoir se confronter à l’hostilité de la nature et à une tribu indigène réputée la plus agressive qui soit. Cette expédition a pour but de retrouver un homme enlevé en Europe à l’occasion du mariage de sa cousine. Mais, derrière le récit, ce roman est avant tout une mine de connaissances sur le fonctionnement du cerveau humain, sur les procédés et les produits qui agissent sur la mémoire et l’intelligence de l’Homme pour forcer les portes de son esprit et y débusquer la vérité. S’ajoute à cela une dimension linguistique, ethnologique, en un mot culturelle, passionnante. Une unité spéciale de la police espagnole se meut aux limites des neurosciences et de l’éthique dans une enquête bourrée de suspense et d’action, de Madrid jusqu’à la jungle vénézuélienne. De deux choses l’une : ou Isabelle Bourdial est une scientifique chevronnée qui met ses connaissances au service de son récit, ou bien elle est une remarquable illusionniste qui, au terme d’un travail de documentation colossal, a construit un édifice qui donne l’illusion parfaite de la science. Dans les deux cas, elle réussit ce pari extraordinaire de nous bluffer et d’atteindre ce qui est une donnée centrale du talent romanesque : la vraisemblance. Et cet arrière-plan scientifique ne nuit pas au récit, ne le ralentit pas mais, au contraire, le sert pour lui donner une crédibilité absolue. Ajoutez à cela une galerie de personnages étonnants et plus qu’attachants et vous aurez un aperçu encore en-dessous de la vérité du talent cette auteure. Alors, n’hésitez pas une seule seconde, embarquez pour un voyage fascinant dans ce roman policier mais aussi d’aventure qui justifie son sous-titre : « Roman policier mais pas que… ».

Chasseurs d’esprit, éditions Lajouanie, février 2016, 409 pages, 21 €.

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18 janvier 2017 3 18 /01 /janvier /2017 21:00

Une belle distribution, une intrigue bien ficelée et un récit sans temps morts, tels sont les forces principales de ce polar magistralement construit et écrit par un spécialiste du genre dont j’avais déjà pu apprécier le précédent roman, « Plusdeproblèmes.com ». Avec ce nouvel opus, Fabrice Pichon remet à l’honneur son personnage fétiche, le commissaire Marianne Bracq, et son équipe. Dans la région de Besançon, sévit un tueur en série qui mutile ses victimes tandis que Marianne Bracq, en disponibilité, mène sa propre enquête en Bretagne pour retrouver son frère. Au fil du récit, les deux enquêtes vont se rejoindre pour n’en former plus qu’une seule. A cette occasion Fabrice Pichon confirme son talent et sa capacité à entraîner le lecteur dans une intrigue captivante qui promène le lecteur de Concarneau à Besançon et d’une enquête à l’autre, selon un rythme soutenu, alimenté par de nombreux rebondissements. Le suspense court jusqu’aux toutes dernières pages. Une belle réussite que je vous invite à découvrir.

Retours amers, de Fabrice Pichon, éditions Lajouanie, janvier 2017, 416 pages, 21 €.

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17 janvier 2017 2 17 /01 /janvier /2017 10:32

Avec « Nymphéas noirs », je croyais avoir lu le meilleur de Michel Bussi. Eh bien non. Même si nous sommes dans un registre différent, à bien des égards, « Maman a tort » fait jeu égal. Tout tourne autour d’une histoire de braqueurs et autour de la mémoire d’un enfant de trois ans. Difficile d’en dire plus. Avec l’art de conteur qu’on lui connaît, Michel Bussi nous entraîne dans une histoire complexe et bluffante à souhait. Un roman dans lequel on est happé et dont on a du mal à sortir lorsque les contraintes de l’existence vous imposent de le refermer provisoirement. On s’attache avec plaisir aux pas de Marianne, la commandante de police, et de son équipe et on les quitte à regret. Même les braqueurs ont quelque chose de pathétique et je dirais presque d’attachant quand bien même ils se sont servi d’un enfant à des fins sordides. Sauf bien sûr Alexis, l’affreux Jojo de service. Quelque heures de plaisir que je conseille vivement.

Maman a tort, de Michel Bussi, Pocket, mai 2016, 543 pages.

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8 janvier 2017 7 08 /01 /janvier /2017 18:23

Ce polar est tout simplement prodigieux. Une nouvelle étoile est apparue dans le firmament du polar nordique. Cette équipe de flics norvégiens entraîne le lecteur dans une enquête complexe et passionnante. Les personnages ont de l’épaisseur, l’intrigue est bien menée, le suspense est maintenu jusqu’au bout et le dénouement parfaitement inattendu. Il n’y a rien à redire sur le style, ni sur la construction du récit. Un polar aux aspects de thriller dans lequel on se sent bien, qu’on n’a pas envie de quitter mais de savourer en prenant son temps. Au fil de l’histoire, on s’attache réellement aux personnages que j’aimerais retrouver dans une suite apparemment annoncée. A découvrir de toute urgence.

Je voyage seule, de Samuel Bjork, Pocket, octobre 2016, 567 pages, 8 € 50.

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