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26 avril 2017 3 26 /04 /avril /2017 19:35

Tragos éprouva toutes les peines du monde pour retrouver la trace du capitaine Delmas, le responsable de la brigade de gendarmerie qui avait dirigé les différentes enquêtes déclenchées à la suite des crimes commis par la jeune femme en France. Celui qui était l’homologue de Maccari mais avec trente années de plus avait pris sa retraite dans un minuscule village, situé au bord d’une rivière dont les eaux vertes et tumultueuses suivaient le cours d’une vallée sinueuse et verdoyante, avant de se jeter dans la Meuse. Delmas consacrait l’essentiel de son temps à la pêche. Dissimulé dans l’ombre des saules dont le feuillage retombait en grappes lourdes sur la rivière, il passait d’interminables heures à guetter le moment où son bouchon allait filer, lui signalant la prise tant attendue. Dans ces eaux peu profondes, il pêchait à même le courant, avec de l’eau jusqu’en haut des cuissardes, l’épuisette à portée de la main, prêt à ramener sur la rive l’une de ces truites saumonées qui faisaient régulièrement les délices de ses déjeuners ou de ses dîners. Le ciré sur les épaules malgré la chaleur et la tête protégée sous un chapeau en feutre déformé à force d’expositions répétées aux intempéries, il s’imposait l’immobilité la plus totale afin de ne pas effrayer le poisson. C’est dans cet attirail et dans cette posture que Tragos le surprit après avoir arpenté longuement la rive obstruée par les hautes herbes et les ronces.

- Capitaine Delmas ? interrogea-t-il.

- Lui-même ! répondit le pêcheur sans se retourner. Qui le demande ?

- Le capitaine Tragos de la PJ de Marseille, lui lança sur le même ton le policier qui devait se cramponner à la branche d’un saule pour ne pas glisser dans la rivière.

- Attendez ! lança Delmas dont le bouchon venait de filer. J’en tiens une !

La canne de son lancer commençait à se ployer de façon impressionnante sous les efforts contraires de la truite et du pêcheur. Par petites touches, d’une main à la fois ferme et souple, Delmas contrôlait la course du poisson qui devait chercher à gagner un refuge, là où le pêcheur redoutait de voir son hameçon se prendre dans l’enchevêtrement des herbes qui ondulaient au milieu du courant. Si tel était le cas, il fallait sectionner le fil de nylon, dire adieu au poisson et perdre de précieuses minutes à remonter un bas de ligne. Delmas finit par l’emporter et, toujours avec la même technique patiente et contrôlée, il ramena sa prise jusqu’à portée d’épuisette. La truite se débattait dans une tentative désespérée pour échapper à la nasse qui la rapprochait de la rive où Delmas la propulsa en même temps qu’il regagnait lui-même la terre ferme.

- En voilà une qui fait bien ses quatre livres ! s’exclama-t-il triomphant. Si vous le voulez capitaine, vous pourrez la déguster avec moi. Je vous invite à dîner ce soir.

Tragos n’en demandait pas tant. Il lui fallait converser avec l’ancien gendarme à qui il avait une foule de questions à poser. Quoi de mieux qu’un bon repas bien arrosé pour délier la langue du vieux pandore dont la mine couperosée en disait long sur son penchant pour la bonne chère. Il accepta l’invitation.

- Maccari m’avait prévenu que vous viendriez ces jours-ci mais je ne vous attendais pas si tôt. Ce n’est pas un reproche mais je n’ai rien prévu. Heureusement qu’il y a cette truite et que j’ai des patates. Je vais vous préparer une bayenne. C’est un plat typique du pays. Vous verrez, c’est un régal. Vous me donnerez un coup de main pour la préparation et nous en profiterons pour discuter. Je ne sais pas ce que je pourrai vous apprendre sur ce dossier mais je ferai de mon mieux.

Delmas était bavard. Sur le chemin qui conduisait les deux hommes au domicile du gendarme, ce dernier apprit à Tragos que sa femme était décédée deux ans plus tôt et qu’il ne voyait plus grand monde. La solitude lui pesait. Heureusement qu’il y avait la pêche. Il s’était retiré là en raison de la proximité de la rivière, l’une des plus poissonneuses de la région et la seule encore préservée de la pollution. Il n’en voulait pour preuve que ces bancs d’herbes qui en occupaient le lit, indication tangible de la qualité de l’eau. Il avait pris sa retraite peu de temps après que l’enquête sur les crimes de Juliette Laffont eut été bouclée mais aussi en raison de l’état de santé de son épouse atteinte d’un cancer. Il lui fallait du repos et une présence de tous les instants. Ils avaient acheté une de ces petites maisons mitoyennes qui s’alignaient le long de la rivière, avec leurs murs en pierres de schiste, leurs toits d’ardoises et leurs jardinets fleuris que ponctuaient, par intervalle, un vieux soc de charrue ou un ancien abreuvoir en pierre débordant de fuchsias. L’intérieur était simple mais chaleureux. On y entrait directement depuis la rue, sans passer par un vestibule, comme dans toutes ces anciennes maisons ouvrières reconverties en résidences secondaires et devenues des havres de confort et de bien-être. Le policier imaginait la douceur rassurante de cet intérieur, l’hiver venu, lorsqu’un fagot crépitait dans l’immense âtre et que les flammes faisaient danser sur les murs blancs leurs ombres rougeoyantes. La pierre apparente, les poutres de chêne et le sol dallé d’ardoises, tout était conçu pour créer une ambiance que Tragos aurait volontiers qualifiée de « cosy ». La cuisine était largement ouverte sur le séjour. On s’y sentait bien et ce fut avec un plaisir non dissimulé qu’il se mit aux fourneaux, sous la houlette bienveillante mais exigeante d’un Delmas rayonnant de bonheur.

- Ça me fait du bien d’avoir de la visite. Les soirées sont longues quand on est seul. Nous avons une chambre d’ami. Vous pourrez y passer la nuit si cela vous arrange.

Cela voulait dire « Si vous ne voulez pas reprendre la route après avoir accompagné le repas de quelques verres d’un bon vin de ma cave. » Comme s’il avait voulu illustrer ses propos, Delmas avait sorti de sa cave à vins une bouteille de Sancerre dont l’étiquette poussiéreuse et légèrement piquée par l’humidité en disait aussi long sur son âge et sur sa qualité que la mine fière et les mimiques d’autosatisfaction de son propriétaire.

- Vous m’en direz des nouvelles, lança-t-il, en la posant solennellement au centre de la table. Nous en avons rapporté deux cartons de notre voyage à Sancerre, il y a une dizaine d’années. Du 1996, un cru exceptionnel !

Tragos remarqua que Delmas parlait à la première personne du pluriel, comme si son épouse était toujours là. Cet ancien officier qui avait, en son temps, exercé le commandement sur les brigades de la circonscription des Ardennes avait l’allure bonnasse d’un simple brigadier. Tragos le trouvait touchant et se prenait d’affection pour ce brave type qui l’accueillait à bras ouverts et se réjouissait de lui faire goûter son meilleur vin et les spécialités de sa région. Rien à voir avec un Maccari bourré d’ambition. Aussi sympathique mais radicalement différent. Intelligent toutefois, beaucoup plus que ne pouvait le laisser supposer sa bonhomie trompeuse.

Tragos eut droit à la recette de la bayenne. Avec des airs et un phrasé dignes d’un Raymond Oliver, Delmas commentait, avec force détails, chacune des étapes de la confection de ce plat qu’il présenta comme celui du pauvre.

- Il faut des pommes de terre nouvelles, des quarantaines comme on les appelle ici. Je les coupe en deux dans le sens de la longueur, sans ôter la pelure. Je les saupoudre bien de poivre noir et je les dispose dans le fond de ma cocotte. Une cocotte en fonte, de préférence. Ensuite, je découpe mes oignons en fines lamelles dont je recouvre mes pommes de terre. Je superpose une nouvelle couche à la précédente et je termine en mettant un peu d’ail et de poivre. Je mets le tout sur feu vif puis progressivement à feu doux. Il faut bien fermer le couvercle car mes pommes de terre doivent cuire dans la vapeur. Au bout de trente à quarante minutes, quand je sentirai une légère odeur de brûlé, je saurai que ma bayenne est prête.

Tragos ne pipait mot et se contentait d’appliquer les consignes du chef. La truite avait été évidée, écaillée et plongée dans un bouillon que Delmas n’avait pas hésité à préparer avec une bouteille de Saint-Véran qu’il avait laissée à demi-vide. Tragos l’écoutait religieusement, officiant tel un marmiton obéissant, secondant avec zèle son chef de cuisine au faciès rougi par le plaisir, par la chaleur de la cuisinière et par le Saint-Véran dont il venait déjà d’engloutir deux verres, prétextant qu’on ne pouvait laisser perdre un vin de cette qualité, même s’il ne pouvait rivaliser avec le Sancerre. Le policier, à qui Delmas avait déjà versé deux rasades de ce précieux breuvage, commençait à s’inquiéter autant qu’à se réjouir de la suite de la soirée et entrevoyait de plus en plus le recours à la chambre d’ami comme la seule issue raisonnable.

Lorsqu’ils se mirent à table, les deux hommes avaient déjà bu suffisamment pour que le retour de Tragos à Charleville-Mézières entrât dans le domaine de l’utopie. Delmas, flatté par le succès de sa prestation culinaire et par les compliments soutenus de son invité, se fit un plaisir de répondre à ses questions, avec force détails. L’homme était prolixe et finalement intéressant. Intelligent dans son analyse du dossier Laffont, il était également capable de prendre du recul lorsqu’il s’agissait de porter sur les différents aspects de l’enquête un regard critique. En dépit de l’alcool ingurgité, ses propos étaient cohérents et Tragos leur portait un vif intérêt.

- Je n’ai pas eu la maîtrise totale du dossier. C’est moi qui ai dirigé les premières investigations, ce sont mes hommes qui ont examiné la scène de crime et qui ont conduit l’enquête de proximité. Ensuite, c’est la section de recherche de Reims qui a pris le relais. Je suis resté dans le coup mais je n’avais plus vraiment la maîtrise des choses, d’autant que le SRPJ de Reims est venu s’en mêler, sans qu’on comprenne véritablement pourquoi, sinon parce que la fille avait été localisée à Reims, dans leur ressort territorial. Ce sont eux qui l’ont retrouvée, grâce à son téléphone portable. Ils l’ont délogée dans un squat de la banlieue de Reims. Elle était complètement shootée et incapable d’expliquer son geste. Vous connaissez la suite : les expertises, la déclaration d’irresponsabilité pénale et la suite. Classique.

- Jusqu’à sa fuite et à l’assassinat des motards ? l’interrompit Tragos.

Delmas prit le temps de remplir leurs verres avec ce qui restait de la bouteille de Sancerre. Il était déjà bien imbibé mais néanmoins lucide. L’œil était vif et il semblait prendre plaisir à évoquer cette affaire. Peut-être aussi à surprendre celui que Maccari, lors de son appel, avait dû lui présenter comme un fin limier de la PJ. Tragos avait le sentiment de lui être sympathique, ce qui expliquait le torrent de confidences qu’il avait hâte de voir reprendre son cours.

- Je vais ouvrir un autre Sancerre, annonça Delmas. Un rouge, cette fois, pour accompagner le fromage. Il est moins connu que le blanc mais presque meilleur. Vous allez m’en dire aussi des nouvelles.

Malgré sa capacité à affronter l’alcool, Tragos voyait d’un mauvais œil le tour inquiétant que prenaient ces libations. Le souvenir de sa tournée récente des bistrots de Draguignan restait présent dans son estomac et il n’envisageait pas d’aggraver les brûlures qui se manifestaient tout au long de son tube digestif, accentuées par le poivre sur lequel l’ancien gendarme n’avait pas lésiné pour garnir sa fameuse bayenne.

- Est-ce bien raisonnable ? avait-il trouvé pour seule défense.

C’était sans compter avec l’opiniâtreté de l’ancien pandore, galvanisé par l’évocation d’un dossier qui avait été l’affaire de sa carrière, conjuguée avec l’étalage de sa culture œnologique.

- Allez, allez ! insista-t-il. Vous n’êtes tout de même pas venu pour caler juste avant le meilleur !

Le meilleur, Delmas était allé le chercher dans une petite pièce située à l’arrière de la maison et qui, de toute évidence, faisait office de réserve pour tout ce qui ne relevait pas d’une conservation réfrigérée. Lorsque la porte s’ouvrit, une odeur phénoménale envahit la maison. Tragos entendit son hôte farfouiller quelques secondes dans ce qui devait être un garde-manger et le vit revenir en brandissant triomphalement ce qui ressemblait à un fromage emballé dans une feuille d’aluminium.

- Un Rocroi, claironna Delmas, en disposant sur une assiette l’étrange paquet. Une autre spécialité du pays, plus puant que le Maroilles. Et plus goûteux ! Un homme aussi cultivé que vous doit connaître cette ville où le grand Condé a flanqué une pilée aux Espagnols en 1643. A présent, c’est un petit terroir qui produit – je devrais dire qui produisait – depuis des générations, un fromage à pâte molle digne de rivaliser avec les meilleurs. Même le Munster et le Maroilles ne lui arrivent pas à la cheville. On le laisse vieillir à température ambiante jusqu’à ce qu’il coule. Et là, je ne vous dis pas ! Il vous embaume les narines, vous transporte les papilles de bonheur. Une vieille plaisanterie dit qu’il n’est bon à consommer que lorsqu’il est capable de venir tout seul sur la table. C’était une institution ici, jusqu’au jour où sa vente a été interdite pour des raisons prétendument sanitaires. Foutaises que tout ça ! Est-ce que ma santé vous semble avoir pâti de consommer presque quotidiennement cette merveille ?

Tragos se garda bien de lui renvoyer la seule réponse qui s’imposait tant le faciès de son hôte indiquait le mauvais état de son foie et de son système cardio-vasculaire. Il n’était pas question non plus de froisser la susceptibilité de Delmas en déclinant son invitation à déguster une part de ce piège à bactéries. Il pria le ciel de le préserver d’une éventuelle listéria.

L’odeur était intenable. Tragos avait renoncé à échapper à cette dégustation. Toutes ses tentatives désespérées avaient échoué. Il tenta de faire diversion pour retarder l’instant tant redouté.

- Si ce fromage est interdit, comment faites-vous pour vous en procurer ?

- Ha, Ha ! s’exclama le gendarme, ça vous épate, hein ! Sachez que j’ai un copain qui continue à en produire pour sa consommation personnelle et pour quelques amis dont je suis. Je vais en chercher régulièrement chez lui. Il nous arrive de nous retrouver là-bas entre amis. C’est une occasion de sortir et de faire la fête. Il y a deux ou trois autres gendarmes dans la bande, à la retraite, comme moi, et amateurs de bonnes choses. Le climat est rude ici et les distractions peu nombreuses.

Tragos imaginait aisément, et les collègues de Delmas, et leurs sauteries, quelque part dans une ferme du plateau ardennais, autour d’une table garnie de tout ce qui entrait dans la liste des produits proscrits par la Faculté de médecine. Delmas lui avait servi d’autorité une part copieuse de son Rocroi et versé un verre du Sancerre rouge qui allait l’accompagner. Le policier se jeta à l’eau. Il avait à peine commencé à mâcher une première et timide bouchée qu’il leva les yeux vers son hôte. Celui-ci dut y lire toute sa surprise car il éclata d’un rire franc et bruyant.

- Vous ne vous attendiez pas à ça, avouez-le !

Tragos devait en convenir. Delmas lui faisait déguster l’un des meilleurs fromages qu’il ait jamais eu l’occasion de goûter. L’odeur n’était qu’un leurre qui s’éteignait dans la bouche pour laisser la place à une saveur puissante mais subtile qui gagnait tout le palais et qu’on avait envie de faire durer. La lampée de vin qui suivit conféra la touche finale à ce qui était, pour reprendre l’expression de Delmas, une pure merveille. Il regarda son hôte, avec sur le visage un sourire plein de reconnaissance.

- Je m’en serais voulu de manquer ça. Ceux qui ont interdit la commercialisation de ce fromage sont des fous !

Il venait de se mettre sincèrement et définitivement Delmas dans la poche.

S’arrachant avec peine au spectacle de son invité plongé dans le plaisir de sa dégustation, le maître des lieux avait disparu à l’étage pour réapparaître, quelques instants plus tard, les bras chargés de quatre cartons à archives qu’il peinait à porter. Il les laissa tomber sur le seul coin de la table encore dégagé. Tragos s’était resservi une part de fromage. Delmas était aux anges. Son œil brillait plus que jamais.

- Voilà le dossier de l’affaire Juliette Laffont. Enfin, le double. J’ai conservé une copie de toutes les pièces, même celles qui ont été traitées par les autres services qui m’en envoyaient des doubles pour information. Tout est là, à votre disposition.

Tragos n’en croyait pas ses yeux. Pour aussi limpide et simple qu’on l’eût qualifié, le dossier de Juliette Laffont ne comportait pas moins de quatre cartons, remplis de feuilles serrées, représentant des centaines d’heures de procédure et quelques dizaines d’heures de lecture. C’était une aubaine mais aussi une gageure. L’ancien capitaine de gendarmerie lui offrait une mine dans laquelle il allait certes pouvoir piocher pour y dénicher les informations utiles à sa propre enquête mais à la condition d’y être guidé, orienté. Seul Delmas pouvait lui servir de guide dans ce maquis. Il fallait continuer à le cuisiner, à extraire de sa mémoire les éléments susceptibles de guider sa pioche. Le gendarme guettait sa réaction.

- Pourquoi avoir compilé tous ces doubles et les avoir gardés depuis tout ce temps ?

Delmas le considérait avec un sourire amusé. Tragos eut droit à une réponse de jésuite.

- Et vous, capitaine, pourquoi avez-vous fait ce long déplacement, alors qu’il vous suffisait de demander le transfert du dossier à Draguignan ? Vous auriez reçu tout ça sur place au bout de quelques jours.

Tragos lui sourit à son tour.

- Parce que je suis comme vous, mon cher Delmas. Si je respecte la procédure et si j’accorde de l’intérêt aux documents, rien ne remplace à mes yeux, le regard des hommes, leurs intuitions, leurs doutes, leurs coups d’œil sur les côtés, là où la procédure répugne à aller, en un mot, toutes ces choses qu’on ne trouve pas nécessairement dans les dossiers et qui peuvent offrir un autre angle d’attaque, débloquer le cours d’une enquête, réorienter les recherches.

Delmas le regardait toujours avec un regard attendri et nostalgique, comme s’il retrouvait dans ce jeune policier en mal de confidences, en quête d’un passage pour sortir des sentiers battus, le jeune enquêteur qu’il avait lui-même été, avant sa retraite, avant la mort de sa femme, avant que les portes de son existence ne se referment.

- Je vais tout vous dire sur ce que je pense de cette affaire, tout ce qui ne se trouve pas là-dedans, dit-il, en posant sa main sur le premier carton. Je vais nous préparer un bon café, bien serré, car ça va nous prendre la nuit. Mais vous n’êtes pas pressé, n’est-ce pas ?

Il s’était éloigné dans le coin cuisine, après avoir débarrassé la table des reliefs du repas qui l’encombraient. Tragos entendit la cafetière électrique qui commençait à filtrer le breuvage supposé les accompagner au long de leur veille. Delmas rapporta deux tasses et deux petits verres en cristal fin puis, ouvrant l’immense buffet de chêne qui constituait l’essentiel du mobilier de la pièce, il en ressortit une bouteille au galbe caractéristique.

- Un Armagnac, claironna-t-il. Un Jean de Malliac, 1975, presque quarante ans d’âge. Il vient du Gers. Le nectar des dieux. Avec le café, il n’y a rien de tel pour stimuler la réflexion.

Tragos avait définitivement renoncé à contrarier le vieux pandore qui semblait l’avoir adopté et pris en affection, comme une sorte de fils spirituel. Delmas avait repris le cours de ses confidences.

- Tout ce que je vais vous dire s’appuie pourtant sur des constats qui sont consignés là-dedans mais que mes collègues n’ont pas exploités comme ils l’auraient pu si l’affaire était allée aux assises. Il est incontestable que Juliette Laffont a assassiné ses parents. Les expertises scientifiques ont été formelles. Il est également établi qu’elle a tué les cinq types au cours de sa cavale. La gendarmerie belge avec laquelle nous avons coopéré est arrivée aux mêmes conclusions. La décision de l’interner et de mettre un terme à l’action pénale avait gelé la procédure. A la suite des meurtres commis au cours de sa cavale, les justices française et belge ont à peine eu le temps de rouvrir le dossier. La découverte de son corps a définitivement clos les procédures en cours. On a conclu au suicide. La justice belge a suivi. Le dossier a été classé. D’autres affaires nous ont mobilisés mais l’assassinat de nos deux collègues motards nous est resté en travers de la gorge. Longtemps. Puis, les années passant, tout le monde a fini par oublier. Sauf moi. J’étais décidé à utiliser ma retraite pour éclaircir certains points qui me paraissaient obscurs et même étranges. La maladie et la disparition de ma femme ont remis tout en question. Jusqu’à ce soir, je n’avais ni le courage, ni l’envie de me lancer dans une contre-enquête. A quoi bon ? Cela n’aurait ressuscité personne et la coupable était morte. Mais ce qui vient d’arriver dans le Var et le fait que vous souhaitez exhumer ce dossier me redonne, sinon du courage, du moins un peu d’envie. Je ne résoudrai jamais cette histoire mais vous, peut-être ! Alors, si je peux vous aider !

Il s’était interrompu pour servir le café dont le fumet avait dissipé l’odeur du Rocroi. Deux rasades d’Armagnac avaient accompagné les deux tasses fumantes, suscitant un regain d’inquiétude chez Tragos. « Mon estomac va en prendre un coup, ça c’est certain, mais comment faire pour l’éviter ? Il faut que je le fasse accoucher de tout ce qu’il sait et surtout de tout ce qu’il ne sait pas mais qu’il pressent. Cet homme a des doutes et des intuitions. Il est ma chance de trouver une ouverture, de dégoter l’élément qui me permettra de ne pas rentrer bredouille et, surtout, de m’ouvrir une piste. Si l’alcool est le seul médiateur efficace, alors tant pis pour mon système digestif. C’est ma seule chance de sortir l’enquête de l’impasse dans laquelle elle se trouve. »

Delmas s’était de nouveau assis pour reprendre son monologue là où il l’avait interrompu. Comme si de rien n’était.

 


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17 avril 2017 1 17 /04 /avril /2017 15:28

Nous sommes dans l’immédiat après-guerre, plus précisément en 1922. Les célèbres brigades du Tigre fondées avant-guerre ont été déstabilisées par le conflit de 14-18. Elles doivent se réorganiser et le commissaire Louis Forestier a été chargé de diriger la nouvelle brigade de Nice. Lui-même a été gravement blessé au cours du conflit et il ne doit la vie qu’à l’intervention d’un médecin Frédéric Berthelon. Le printemps 1922 arrive et, avec lui, survient à Nice une vague de meurtres pour le moins horribles : des prostituées d’abord, puis des enfants. Conscient qu’il se trouve en face d’un tueur déséquilibré, Forestier fait venir de Paris son ami Berthelon, devenu médecin psychiatre à l’hôpital Sainte-Anne. Les deux hommes mettent en commun leurs compétences et leur expérience au service d’une enquête qui s’annonce difficile.

Dans un style toujours aussi soigné et élégant, Valentin Musso nous livre là, à la fois, un suspense prenant et une tranche d’histoire passionnante. Les deux se combinent dans une intrigue ciselée comme un joyau d’orfèvrerie. Il met en scène une galerie de personnages magnifiquement campés qui, sans que trop de commentaire ait besoin de se surajouter au récit, donne à voir ce qu’était la société de l’époque dans une ville de province comme Nice.

Je me suis laissé embarqué avec plaisir dans cette histoire qui ne comporte aucun temps mort, mêle action et suspense et présente une dimension psychologique et sociale intéressante. Autant dire que ce nouveau polar de Valentin Musso m’a autant captivé que les précédents et que je le recommande avec empressement.

Le murmure de l’Ogre, de Valentin Musso, Points, octobre 2013, 499 pages, 8 € 10.

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9 avril 2017 7 09 /04 /avril /2017 19:11

Un meurtre a lieu en pleine rue pour un violon. Un strad, c’est-à-dire un stradivarius qui vaut une fortune. Un peu plus tard, Ophélie Reix, une artiste qui se livre à une performance sur la Seine au milieu de la nuit est assassinée à coups de fusil. Louise Morvan, l’héroïne du polar, détective privée, travaille pour une société qui veut coincer un antiquaire soupçonné d’avoir volé un stradivarius. Elle planque dans un immeuble d’où elle peut observer l’appartement de l’antiquaire. Elle reprend ainsi une planque abandonnée par l’Office central de lutte contre le vol des biens culturels ( OCBC ). Elle est par ailleurs la maîtresse du commissaire Clémenti qui enquête sur le meurtre d’Ophélie. Clémenti travaille en relation avec le commandant Jude Morisset, patron de l’OCBC. On l’aura compris : entre tous ces personnages et d’autres se tissent des liens complexes au fil de deux enquêtes qui s’entrecroisent dans le milieu de l’art et de la lutherie. Mais cette complexité est excellemment servie par la richesse et la précision des personnages bien campés et de leurs relations qui, elles aussi, s’entrecroisent, se téléscopent et font en sorte que le lecteur s’attache à cette intrigue passionnante. On est happé par l’histoire dont la complexité fait l’intérêt, on s’attache aux personnages et au fonctionnement des deux équipes de policiers si bien dépeints dans leurs personnalités et leurs rapports. Et puis, il y a le style de Dominique Sylvain, une écriture originale où digressions et réflexions intercalées au milieu du récit lui donnent du corps. Enfin, le suspense bien entretenu tient jusqu’au bout. J’ai pris beaucoup de plaisir à lire cette histoire dans laquelle, par moments, j’ai retrouvé un parfum de Fred Vargas. A découvrir.

Strad, de Dominique Sylvain, Points, janvier 2015, 254 pages, 6 € 60.

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8 avril 2017 6 08 /04 /avril /2017 16:09

Ce n’est pas à proprement parler un polar, ni même un thriller si l’on s’en tient aux deux tiers et même aux trois-quarts du roman. Juste une histoire qui met en scène principalement deux personnages, Chloé et Gabriel, qui sont mariés depuis quelques années et, accessoirement, une jeune femme, Emma, photographe de son état. Une histoire qui traite du deuil de Gabriel après la mort accidentelle de Chloé suite à une noyade. Une histoire qui voit Gabriel rencontrer Emma et engager avec elle une idylle qui semble l’aider à faire son travail de deuil. D’autant plus qu’il fréquente un groupe de paroles réservé aux personnes qui ont perdu un proche. Chloé est morte et pourtant elle suit le parcours de veuf de Gabriel, l’observe vivre son veuvage, le voit rencontrer Emma et s’éprendre d’elle. Certains lecteurs pourraient évoquer un roman sentimental construit sur les récits alternés de Chloé, Gabriel et Emma. Une sorte de roman choral à la fois dramatique et romantique. Aux deux tiers du roman, survient un rebondissement. Inattendu qui explique la dimension fantastique qu’on ne comprenait pas bien. L’histoire semble prendre un nouveau tour très positif. On pense s’acheminer vers une happy end. Et voilà qu’arrivent les dernières pages et, avec elles, l’histoire tourne au thriller et je dirais même au cauchemar. Un final des plus inattendus et des plus époustouflants qui fait tout le sel de ce roman et qui fait qu’on ne regrette pas d’être allé jusqu’au bout. Bien écrit, bien construit, original. A découvrir.

Fidèle au poste, de Amélie Antoine, Le livre de poche, février 2017, 306 pages, 7 € 60.

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4 avril 2017 2 04 /04 /avril /2017 13:07

Merci à Laurent Greusard pour sa magnifique chronique sur le site K-libre. Voici le lien :

http://www.k-libre.fr/klibre-ve/index.php?page=livre&id=4969

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27 mars 2017 1 27 /03 /mars /2017 13:21

Comment parler d’un roman qui a les défauts de ses qualités ? « Juste un crime » est un polar, c’est un fait assuré. Il y a d’entrée de jeu découverte d’un corps criblé de balles dans une rivière, près de Stockholm, juste après la fonte des glaces. Visiblement, le cadavre enfermé dans un sac plastique a passé l’hiver sous la glace et il est difficile de savoir d’où il a été jeté. La police ne parvient pas à l’identifier d’autant plus qu’il ne correspond à aucune disparition signalée. C’est pourtant à cette enquête difficile que vont devoir s’atteler les membres de l’équipe de la jeune commissaire Kristina Vendel qui vient d’être nommée à la tête de la brigade criminelle d’un faubourg de la capitale. L’intrigue est bien construite et on suit avec intérêt une enquête menée dans les règles de l’art, avec du suspense, des rebondissements et des enquêteurs tous intéressants à des titres divers. Et c’est là que se joue le double intérêt de ce roman et en même temps son léger défaut : dans la qualité de l’enquête policière, certes, mais aussi dans le réalisme des personnages auxquels sont consacrés des chapitres spécifiques et auxquels l’auteur sait donner de l’authenticité et de la profondeur. Par-dessus tout cela, il y a également une réflexion de nature philosophique sur la vie, nos choix, nos relations, le destin, l’amour et un tas d’autres aspects de l’existence et une description inattendue et intéressante d’une partie de la société suédoise. Une réflexion de qualité, écrite avec talent dans une langue imagée. Alors, nécessairement, cet aspect du roman ralentit le rythme de l’enquête, surtout qu’à un moment, celle-ci s’enlise. C’est le seul bémol que j’émettrai pour un polar d’une grande qualité littéraire.

Juste un crime, de Théodor Kallifatidès, Rivages Noir, février 2011, 277 pages, 8 € 60.

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21 mars 2017 2 21 /03 /mars /2017 15:28

Ce n’est pas ce nouveau roman qui risque de démentir la réputation de grande qualité des publications des éditions Lajouanie. Avec « Trouble », c’est un nouveau grand talent que cet éditeur nous propose en la personne de Stéphanie de Mecquenem. Tiphaine, une Française expatriée au Québec, y exerce la fonction de Coroner. Elle est confrontée à une vague de suicides qui concerne des jeunes filles, étudiantes en droit à l’université de Montréal. Elle subodore que ces morts qui se ressemblent trop sont peut-être autre chose que de simples suicides. Elle va enquêter et se trouver confrontée à un fléau qui pourrit notre époque et touche surtout les jeunes générations : le cyberharcèlement, ainsi qu’à un autre mal que la psychiatrie moderne a mis en lumière : les troubles bipolaires. Voilà pour l’histoire, originale car elle met en scène une enquêtrice d’un genre particulier qui nous permet de sortir des sentiers battus : un coroner, fonction propre aux pays anglo-saxon et dont Stéphanie de Mecquenem nous montre bien tous les ressorts. L’intrigue est parfaitement construite, ciselée de main d’orfèvre et le suspense bien ménagé. Mais, pour reprendre la formule qui est devenue la marque de fabrique des éditions Lajouanie, ce roman n’est pas qu’un roman policier. Stéphanie de Mecquenem sait, d’entrée de jeu, créer une atmosphère qui n’a rien à envier à celle des romans d’Agatha Christie, une ambiance très « british », servie par un style classique et élégant. Elle campe des personnages qu’elle sait rendre visibles et dont elle explore avec talent la psychologie et les relations troubles dans un univers où l’alcool, la drogue et les jeux pervers tiennent une place importante. Et surtout elle traite d’un problème de société qu’elle parvient à intégrer harmonieusement à son récit, sans qu’il soit surligné à l’excès. J’ai passé un très bon moment de lecture avec cette intrigue passionnante qui m’a replongé dans une ville que je connais bien et dans la culture québécoise dont Stéphanie de Mecquenem maîtrise parfaitement les codes. Il convient également de souligner l’énorme travail documentaire qui sous-tend ce récit, sans pour autant l’alourdir. Une très belle réussite que ce roman que je recommande à tous ceux qui aiment la bonne littérature policière.

Trouble, de Stéphanie de Mecquenem, Editions Lajouanie, février 2017, 316 pages, 19 €.

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16 mars 2017 4 16 /03 /mars /2017 09:11

Rompicapo, ça veut dire « Casseur de têtes » en italien. Et c’est bien le mode opératoire de ce tueur qui sévit à Venise où Nelson Furratier, notre détective atypique, est parti, quittant sa Normandie, pour se lancer à la recherche de Claire, disparue, et pour répondre à la demande de son père qui est un ami. Nelson, avec son foutu caractère, son addiction à l’alcool et ses problèmes récurrents va devoir affronter une ville où il ne se sent pas à l’aise. Et ses habitants aussi qui, dans l’ombre des palais, mènent une vie agitée et parfois inquiétante et parmi lesquels se cache Rompicapo, le serial killer. Nelson va faire la connaissance du commissaire Baldacci avec lequel il va sympathiser, ce qui est exceptionnel chez Nelson. Une histoire qui connaîtra un dénouement mais un dénouement à la Elton Furratier qui nous prépare sans doute un tome 3 pour notre plus grand plaisir. Un style, un art consommé de la narration et du suspense du début jusqu’à la fin. Voilà un nouvel opus fort réussi.

Les enquêtes du furet, tome 2, Rompicapo, de Elton Furratier, IS éditions, mars 2016, 279 pages, 18 € 50.

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9 mars 2017 4 09 /03 /mars /2017 10:46

Un militant écologiste est retrouvé noyé dans un canal en Thaïlande. Ce n’est visiblement pas un accident : Lucas a été assassiné. Son frère Benjamin, resté en France et avec lequel il était brouillé, décide d’en avoir le cœur net. En arrière-plan il y a une firme internationale, BGC, en passe de devenir leader sur le marché mondial et qui traîne derrière elle une réputation sulfureuse puisqu’elle est soupçonnée de produire un pesticide éminemment toxique qui a provoqué de graves maladies et malformations, en Asie, parmi les paysans des territoires où ce produit a été épandu. Dès lors qu’il décide de prendre le relais de son frère pour aider les militants écologistes à dénoncer les pratiques du groupe BGC, Benjamin se trouve aux prises avec les sbires d’agences de sécurité, des tueurs à la solde de BGC, qui vont le pourchasser. Parviendra-t-il à mettre sur la place publique le scandale du Binarzole puisque c’est le nom de ce produit mortifère ?

Dans un style enlevé, Sylvain Forge nous entraîne une fois de plus dans une histoire haletante, menée tambour battant, toujours placée sous le signe de l’action et du suspense. Plus on avance dans ce thriller et plus il devient un véritable page turner.

Là encore, ce que j’ai apprécié, c’est que c’est le récit lui-même qui dénonce le milieu de l’industrie agro-chimique et non des commentaires plaqués. Ce qui rend le récit alerte. C’est un point à souligner car c’est de mon point de vue une marque de talent.

La dimension documentaire est également remarquable et, même si certains éléments sortent de l'imagination de l'auteur, celui-ci réussite à leur donner l'aspect de la vraisemblance. Là encore, signe de talent.

Une forte actualité est également présente dans ce roman et dans la dénonciation qu'il porte.

J’avais beaucoup apprécié « Sous la ville ». J’ai une nouvelle fois été littéralement happé par ce nouveau thriller qui confirme ce que j’avais déjà écrit à propos de Sylvain Forge : un auteur à découvrir de toute urgence.

«Pire que la mal, de Sylvain Forge, éditions du Toucan noir, mars 2017, 316 pages, 18 €.

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4 mars 2017 6 04 /03 /mars /2017 14:12

Quel polar ! Et quel titre qui résume si bien la philosophie de cette histoire qui réunit un échantillon représentatif de cette population de paumés que la société a relégués dans certains quartiers de Paris! Jeanne Faivre d’Arcier nous propose une galerie de personnages hauts en couleurs qui hantent le boulevard Clichy, le quartier de Pigalle et les boîtes où la prostitution et les trafics en tous genres battent leur plein. Difficile de résumer une histoire engendrée par la misère et le désespoir, mais une histoire tellement humaine qui nous montre combien les valeurs de solidarité, de générosité et de partage se manifestent là où on ne les attend pas. Un bébé abandonné est retrouvé dans le tiroir d’une commode promise au ramassage des encombrants, une fliquette est à sa recherche. Quelqu’un semble vouloir récupérer ce bébé. Des crimes surviennent. C’est l’histoire de ce bébé, une fillette recueillie par un marginal et baptisée Cerise. On ne s’ennuie pas un seul instant au fil de cette intrigue truculente et picaresque dans laquelle l’action et le factuel priment sur le commentaire mais dont il se dégage une belle leçon d’humanisme. Un polar réconfortant et passionnant que je recommande chaudement.

Les encombrants, de Jeanne Faivre d’Arcier, éditions Milady, février 2017, 324 pages, 7 € 20.

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