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22 mars 2014 6 22 /03 /mars /2014 09:22

rejoins-la-meute-copie-2.jpgDans mes polars, comme dans la plupart des romans, il y a des personnages centraux et des personnages secondaires ou périphériques. Je m'attache à certains d'entre eux presque autant qu'aux personnages de premier plan. Je prends un soin particulier à les créer, comme ce fut le cas pour le père Marcellin, dans "rejoins la meute". Voici un extrait d'un des deux chapitres dans lesquels il apparaît :

 

Barre des Cévennes, le 14 septembre 2005, 18 heures,

 

    Le père Marcellin était réglé comme une horloge. Comme chaque jour, avant l’heure du souper, il faisait un détour par l’église romane qui dominait le village. C’était pour lui l’occasion de vérifier que tout était en ordre, après le passage des visiteurs, accourus parfois de très loin, qui, tout au long de la journée, venaient admirer ce monument mentionné sur tous les guides et dépliants touristiques. Il éteignait les cierges, vérifiait qu’aucun objet n’avait été oublié, vidait les troncs de leur maigre contenu, allumait la veilleuse et, enfin, s’agenouillait devant l’autel pour dire une courte prière. Puis, il quittait l’église, en refermant derrière lui le vantail de bois rongé par le temps, les intempéries et le manque d’entretien. La commune était pauvre et, malgré l’aide d’une poignée de bénévoles, le père Marcellin ne parvenait pas à tirer les lieux de l’état de délabrement dans lequel ils s’enfonçaient inexorablement. Paradoxalement, le classement de l’édifice n’avait fait qu’aggraver la situation, car seules des entreprises agréées et hors de prix auraient pu assurer des travaux de restauration que personne n’avait plus l’audace d’envisager.

    Ce jour-là, comme tous les mercredis, le père Marcellin avait dispensé ses cours de catéchisme dans la petite salle paroissiale du village. A la différence des autres jours, il écourta sa visite à la petite église, se contentant d’en fermer le portail après un rapide tour d’horizon, car il avait, comme tous les jours de catéchèse, la charge des petits Fantoni dont les parents tenaient un élevage à trois kilomètres du village. Il s’était astreint à aller chercher et à reconduire ces deux minots dont le père s’occupait de son troupeau et dont la mère n’avait pas le permis de conduire. Le père Marcellin éprouvait pour la famille Fantoni une tendresse particulière qui transformait en plaisir ce que d’aucuns auraient pu considérer comme une corvée. Depuis qu’il était le curé de la paroisse, il avait vu naître et il avait baptisé tous les membres de la famille. Il avait marié Georges et Manon. Il avait aussi fermé les yeux de la petite Laura qui aurait été l’aînée de la fratrie. Ce jour-là, pour la première et pour la dernière fois, il avait douté de Dieu. Du moins le croyait-il. Il s’était juré qu’on ne l’y reprendrait plus, ignorant sans doute que le Diable est prompt à relever comme un défi ce genre de serment.

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11 février 2014 2 11 /02 /février /2014 12:54

illustration-de-Rejoins-la-meute.jpgAvec mon prochain polar, « Rejoins la meute », de nouveaux personnages vont faire leur apparition dans ma littérature policière. Les personnages de premier plan seront mes quatre policiers venus enquêter dans les Cévennes sur des massacres demeurés inexpliqués depuis plus de cinq ans. Tous quatre sont appelés à devenir des personnages récurrents. D’ailleurs, ils sont de nouveau en scène dans le manuscrit de mon sixième polar auquel il me reste à mettre la dernière main. Au premier rang d’entre eux, il y aura Théo Payardelle, un commissaire parisien qui dirige à sa manière une équipe reformée pour les besoins de chacune de ses enquêtes. C’est un quinquagénaire fringant, célibataire plein de charme, qui vit avec son chien, un caniche-griffon, dans un appartement du 17èmearrondissement de Paris, dans le quartier des Batignoles. Amateur de femmes et bonne chère, il occupe une place à part au sein de la police judiciaire. Atypique, il a toujours refusé les honneurs et les promotions tapageuses pour suivre une carrière tranquille qui l’a quand-même conduit au grade de commissaire principal chargé d’une mission d’inspection générale. En fait, il vit un peu en marge des affaires courantes et Jouve, le directeur adjoint de la police judiciaire, ne fait appel à lui que dans les cas exceptionnels où il devient vital de débloquer une enquête sensible qui piétine. Alors, Théo Payardelle rameute les membres de son ancienne équipe éparpillés un peu partout en France, à l’image de Marthe affectée à la PJ de Nice. Ce sont ses anciens adjoints qui le secondaient à l’époque où il était chef de groupe au Quai des Orfèvres. L’équipe reconstituée emploie ses propres méthodes pour résoudre des affaires sur lesquelles la gendarmerie ou la police locale se sont cassé les dents. Parmi les membres de son équipe, il y a d’abord Marco, son fidèle second du 36, un solide gaillard qui suit une trajectoire droite et directe. Il y a aussi la jolie Marthe qui fut un temps sa maîtresse et qui a tendance de temps à autre à travailler en solo. Enfin, il y a le plus jeune membre de l’équipe, César, que Théo Payardelle a sauvé naguère d’un licenciement imminent en raison de son comportement erratique mais qui, de ce fait, lui voue une indéfectible fidélité. César est un as de l’informatique. Ces quatre personnages sont promis à revenir régulièrement dans mes prochains polars, sans doute en alternance avec un autre personnage que je compte rendre lui aussi récurrent, le capitaine Tragos de « Portrait-robot », que je mets en scène dans l’opus que je suis en train d’écrire. Pour baptiser ce personnage, j’ai choisi le nom de jeune fille de ma grand-mère paternelle. Et, comme mon arrière grand-père se prénommait Théophile, le nom de Théo Payardelle allait de soi.

C'est cette équipe soudée que symbolise l'illustration ci-contre qui figurera sur la couverture du roman.

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24 mars 2013 7 24 /03 /mars /2013 11:25

Dans un article publié récemment dans le quotidien l’Union, Dominique Berthéas pointe du doigt l’un des personnages de Portrait-robot, en observant que j’en brosse une description «  corsée ». Situation effectivement curieuse, voire paradoxale, compte-tenu de mon parcours professionnel. Ce à quoi je réponds, dans l’interview, que ce personnage est trop caricatural pour être vrai. Ce qui est juste. Ce type d’inspecteur n’existe pas, Dieu merci ! Tout du moins, peut-on l’espérer. En écrivant ces lignes, je serais toutefois bien incapable de dire si le fait que j’ai forcé le trait correspond aux besoins de l’intrigue ou s’il s’agit pour moi d’une forme de catharsis après trente années passées dans le costume d’un inspecteur de l’éducation nationale. Car il s’agit bien du portrait d’un inspecteur de l’éducation nationale. Dans le premier cas de figure, il me fallait un personnage antipathique, susceptible de mettre en valeur la personnalité de Tragos, mon policier, une sorte de repoussoir ; dans le second cas de figure, sans doute faut-il y voir, à l’image du personnage d’Arcimboldo, une synthèse fictive et outrancière de quelques-unes des personnalités que j’ai côtoyées au cours de ma carrière et, probablement, pour commencer, de moi-même. Ce n’est certes pas un autoportrait car je ne pense pas correspondre au personnage mais sans doute présente-t-il un certain nombre de caractéristiques communes à l’ensemble d’une profession que j’ai par ailleurs aimée et estimée, estimable et aimable qu’elle est dans son ensemble. Ce chapitre m’a sans doute permis de mener une forme d’analyse, une catharsis pour reprendre le terme évoqué plus haut. J’ai beaucoup d’amitié pour mes collègues dont beaucoup sont des amis et dont aucun d’entre eux ne ressemble vraiment à cette caricature mais dont tous, moi inclus, lui empruntent forcément, à un moment ou à un autre, certains traits. Un personnage purement imaginaire donc mais dont la description par contre est incluse à un réquisitoire sur l’Ecole qui, lui, correspond à une réalité. Réalité dont je ne peux me désolidariser totalement car j’y ai nécessairement participé dans certains aspects de mon travail. Que le lecteur ne garde pas à l’esprit cette image du corps inspectoral mais qu’il considère tout simplement ce personnage comme tous les acteurs fictifs qui jalonnent les romans et les animent. Peut-être faut-il y voir, in fine, une image d’un métier souvent décrié, image dont j’ai toujours voulu me défendre et que ce roman m’aurait permis d’exorciser. Faire d’une réalité qu’on redoute une fiction outrancière est une façon comme une autre de la nier. Une forme de distanciation, en quelque sorte !

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11 mars 2012 7 11 /03 /mars /2012 10:00

La plupart de mes personnages sortent de mon imagination. Ce n'est pourtant pas le cas de Claire O qui existe réellement et dont le talent est à la hauteur de ce que j'en dis dans mon deuxième roman "Le Christ jaune". François Lemel, le galeriste tropézien, se rend  dans son atelier pour faire l'acquisition d'une toile. C'est à Tourtour où elle installe son atelier pour la belle saison que j'ai découvert cette artiste de grand talent, coloriste hors pairs, dont les toiles illuminent de lumière le regard de ceux qui aiment les mélanges hardis de couleurs, les contrastes de tons et une peinture qui se situe à la limite entre figuratif et abstrait. Elle vend ses oeuvres dans le monde entier. Si vous faites un tour dans le Var, aux beaux jours, entre mai et septembre, faites un crochet dans son atelier, situé sur la place centrale de Tourtour, où elle expose. En guise de mise en bouche, j'illustre cet article avec l'une de ses productions : Nature aux coings. Il est bien possible qu'un jour, j'évoque, dans l'un de mes prochains romans, un autre peintre dont j'admire le talent : Frédéric LEFOL....s'il n'y voit pas d'inconvénient bien sûr !Nature-morte-aux-coings--de-Claire-O--3-.jpg

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16 février 2012 4 16 /02 /février /2012 08:09

vargas.jpgRécemment, dans le fil d'une conversation qui portait sur les polars et sur leur galerie de personnages, Frédéric Lefol me questionnait sur mon intention éventuelle de créer, dans mes romans, des personnages récurrents, comme cela est le cas dans beaucoup de polars, et notamment dans ceux de Fred Vargas. Je partage totalement son goût pour cette auteur hors normes qui a su installer, au fil des histoires qu'elle raconte, une galerie de personnages plus déjantés, plus pittoresques mais aussi plus attachants les uns que les autres, du commissaire Adamsberg à son adjoint Danglard, en passant par Bufo, le crapaud du commissaire Kehlweiler, ou encore par la famille Vandoosler. Ils reviennent inlassablement comme des êtres familiers qui donnent à chaque nouvelle lecture des airs de réunion de famille. Personnages picaresques pour des aventures rocambolesques, voilà un univers qui me convient. Mais n'est pas Vargas qui veut ! Aussi, sans avoir la prétention de rivaliser avec son talent, je vais quand-même avoir l'audace de tenter de créer des personnages récurrents dans mes prochains romans. Le premier pourrait être le capitaine Tragos, personnage central de mon quatrième opus, à paraître fin 2012. Il aura une dimension régionale. Le second pourrait prendre les traits du commissaire Théo Payardelle, héros de mon cinquième opus, en cours d'écriture et qui ne verra sans doute le jour qu'en 2013. Il aura une dimension nationale. Les deux se croiseront peut-être un jour. Voilà le projet passionnant que je vais mener dans les mois à venir et je remercie Frédéric Lefol de m'y avoir encouragé.

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14 février 2012 2 14 /02 /février /2012 16:55

Un coin de voile : Catherine de Médicis, personnage de roman...

par Jean-Michel LECOCQ, samedi 4 février 2012, 09:53 · 

Elle fut un personnage important dans Le secret des Toscans, mon roman paru en 2009. Elle sera l'un des personnages centraux de mon prochain polar historique intitulé "24". Hormis le fait que nous sommes tous deux du signe du Bélier, je ne vois pas a priori ce qui peux me rapprocher de Catherine de Médicis. Cette reine de France traîne derrière elle la réputation sulfureuse des Médicis et, surtout, elle porte, dans l'imagerie populaire, la responsabilité sanguinaire du massacre de la Saint-Barthélemy. Et pourtant ! Ce fut sans doute, sinon la plus grande, du moins l'une des plus grandes reines de France. Cette femme, orpheline de père et de mère à l'âge de deux ans, qui connut, dès son enfance, la disgrâce des Médicis chassés de Florence par la République et la maltraitance, faillit être vendue comme prostituée. Elle fut ensuite, à l'âge de 14 ans, mariée de force au fils de François Ier, le futur Henri II, et connut, pendant de longues années, l'humiliation que lui firent subir le roi et sa favorite Diane de Poitiers. Et, cependant, elle sut tenir debout, la tête haute, contre vents et marées, et montra, dans la gestion des affaires du pays, un talent politique exceptionnel jusqu'à l'avénement de son fils préféré, Henri III. Elle fut débordée le 24 août 1572 par les Catholiques ultras, elle dont l'objectif était de réconcilier Catholiques et Réformés. Son rôle dans le maintien de la souveraineté et dans le développement de la France à la fin du XVIe siècle fut considérable. Je lui ai donné un rôle prépondérant dans la fiction que je publierai vraisemblablement en mars prochain et j'ai voulu y montrer au grand jour des facettes inconnues de cette femme dont l'humour taquinait parfois la gaudriole.

Portrait de Catherine de Médicis.

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