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25 février 2015 3 25 /02 /février /2015 10:43

rejoins la meute-copie-1Florac, le 3 juin  2006,

 

    Tout au long de l’année, la boutique d’Armand Dutilleul attirait une clientèle fournie, régulière et gourmande, prête à parcourir plusieurs dizaines de kilomètres pour venir acheter ses confitures et ses gelées, « Made in Cévennes », comme l’indiquait malicieusement l’affichette apposée sur la porte du magasin. Son commerce était situé à deux pas de la Fontaine du Pêcher, attraction touristique de la ville et bien nommée pour voisiner avec un marchand de confitures. De la cerise à la pêche, de l’abricot à la groseille, en passant par la figue et le coing, il proposait à ses clients une variété de produits que se disputaient, au-delà des chalands qui fréquentaient sa boutique, les hôtels, restaurants et autres chambres d’hôtes du Gard et de la Lozère. Son magasin était un bijou d’esthétisme, avec ses rayonnages remplis de pots de toutes les couleurs, alignés comme les soldats d’une armée en ordre de marche, leurs couvercles recouverts d’une pellicule de soie blanche festonnée et les illustrations soignées de leurs étiquettes aux motifs variés. Il y en avait pour tous les goûts, toutes les bourses et tous les régimes. Du très sucré à l’allégé, de la confiture à la gelée, du fruit simple au mélange de fruits rouges, chacun pouvait y trouver son compte.

    Avec le week-end de la Pentecôte et l’arrivée des touristes, de prospère, son commerce devenait florissant. La boutique ne désemplissait pas et il devait embaucher des saisonnières pour s’occuper de la vente.

    Les clients de passage, qui ne le connaissaient pas et qui franchissaient pour la première fois le pas de porte de la Place du marché, pouvaient légitimement se demander ce qui lui valait une telle renommée car, après tout, ce n’étaient que des confitures, comme on en trouvait dans les rayons des grandes surfaces, à la présentation soignée, certes, mais des confitures ! Et pas données, en plus ! Mais, une fois qu’ils avaient mis le pied à l’intérieur de la boutique, leur question trouvait une première réponse : Armand Dutilleul proposait à sa clientèle une féérie, un enchantement pour le regard. Admirer sa collection de pots faisait naître dans le palais une irrépressible envie de goûter, réveillait une gourmandise qui ne trouvait de répit que lorsque le client avait sacrifié à la dégustation que lui proposaient des vendeuses vêtues d’un tablier blanc et portant une coiffe, décorés tous deux à l’enseigne du magasin. C’était alors la suite de la réponse, la révélation, le coup de foudre et la conversion à cet unique credo : Armand Dutilleul était le roi de la confiture.

    Le secret de la maison Dutilleul résidait dans une ambiguïté connue des seuls familiers : le maître des lieux qui passait, aux yeux de ceux qui ne le connaissaient pas, pour un vulgaire marchand était en fait un fabricant, un confiturier, formé à la rude école du compagnonnage, rompu aux techniques de fabrication artisanales. Son magasin n’était qu’une façade, la partie émergée de l’iceberg, la vitrine. Les secrets de fabrication étaient jalousement gardés quelque part au milieu de la campagne, dans une minuscule fabrique où nul, en dehors des deux employés, n’était autorisé à pénétrer sans l’accord du maître des lieux. Armand Dutilleul avait délégué la gestion du magasin à ses vendeuses, placées sous l’autorité bienveillante mais vigilante de son épouse, pour se consacrer pleinement à la fabrication de ses produits. Pendant que les deux ouvriers effectuaient les manipulations, de la réception des fruits à la mise en pots, en passant par la surveillance des cuves en cuivre où cuisaient les fruits, Dutilleul s’enfermait dans ce qu’il appelait son laboratoire. Dans cette minuscule pièce où il avait installé un matériel semblable à celui d’un alchimiste, il s’essayait à tester de nouveaux mélanges ou peaufinait ceux qui faisaient déjà les beaux jours de sa boutique et qui allaient conquérir de nouveaux palais. Ce bonhomme bedonnant, proche de la soixantaine, à la mine joviale, était un passionné, un amoureux de son métier, un perfectionniste à qui il arrivait de passer une partie de ses nuits dans cet espace confiné, perdu au milieu de la nature. Quelqu’un qui, d’aventure, se serait promené au milieu de la nuit, sur le chemin étroit qui serpentait dans la garrigue, aurait été étonné d’apercevoir cette petite fenêtre éclairée et plus stupéfait encore de savoir que, derrière ce rectangle lumineux, un homme œuvrait à concevoir et à perfectionner les meilleures confitures du monde.

    Armand Dutilleul pouvait se reposer, les yeux fermés, sur son premier ouvrier, Antoine, qu’il avait entièrement formé et qui l’assistait depuis plus de quinze ans. C’était à lui qu’incombaient le choix des fruits, leur dosage, la réussite de leur cuisson et la qualité du conditionnement des confitures. Il était souvent le premier à la fabrique quand il ne lui arrivait pas, régulièrement, d’y rester une partie de la nuit pour achever une cuisson engagée trop tard. Il était secondé par un jeunot, Martin, qu’il formait à son tour et qui, un jour peut-être, s’il recevait l’aval du patron, prendrait la relève. Antoine ne parvenait pas à imaginer qu’un jour la fabrique pût disparaître, avec son propriétaire qui était resté sans héritier. Son espoir résidait dans le fait que, tant qu’il aurait un souffle de vie, Armand Dutilleul poursuivrait son entreprise, vaille que vaille. A moins qu’elle ne fût rachetée mais, lui, n’en avait pas les moyens.

    Le dimanche de Pentecôte s’annonçait ensoleillé. Antoine s’était levé à l’aube, au grand dam de son épouse.

    -  Tu vas bientôt y dormir dans cette fabrique ! lui avait-elle reproché, au moment où il quittait la chambre.

    -   Je n’ai pas le choix. Le patron voulait lancer une cuisson hier soir. Je lui ai dit d’attendre ce matin, je lui ai promis de m’en occuper.

    Il était parti comme un voleur, la tête basse, sans oser regarder sa femme, conscient de lui voler une journée de détente et de vie de famille, au profit d’un vieil égoïste persuadé que le monde entier devait tourner autour de sa passion.

    Il venait de monter dans sa voiture lorsque son portable sonna. Sur l’écran, il reconnut le fixe des Dutilleul. C’était Louise Dutilleul.

    -  Antoine, je suis inquiète. Armand n’est pas rentré cette nuit. Ça ne lui était pas arrivé depuis longtemps. Pouvez-vous aller voir à la fabrique si tout va bien ? Je ne serais pas étonnée qu’il se soit endormi sur son bureau. J’espère qu’il n’a pas eu un malaise.

    -  Je suis en route vers la fabrique, la rassura-t-il. Je lui avais promis d’y aller ce matin pour lancer une cuisson. Ne vous inquiétez pas. Je vous rappelle dès que je serai sur place.

    - Ah, au fait, ajouta-t-elle, juste un détail. C’est très curieux. Hier soir, il m’a appelé. Il avait oublié son agenda et il voulait que je lui communique le numéro de portable de votre jeune ouvrier, Martin. Pourquoi ne vous a-t-il pas appelé, vous ?

    Antoine faillit lui répondre : « Parce qu’il n’a pas osé me mobiliser cette nuit. Il a préféré appeler Martin qui, lui, n’a pas osé refuser. »

    - Parce que nous avions débranché nos téléphones, madame Dutilleul. Il s’est rabattu sur Martin, voilà tout. C’est aussi simple que ça, lui mentit-il.

    La voiture roulait à vive allure sur la route qui conduisait à la fabrique. Dix minutes l’en séparaient mais ces minutes lui paraissaient une éternité. « Quelle tête de mule ! pesta Antoine. Il a fallu qu’il lance lui-même la cuisson. Il ne pouvait pas attendre ce matin. Non ! C’était plus fort que lui. » Malgré toute l’affection qu’il vouait à son patron à qui il devait tout, Antoine commençait à être agacé par le comportement de Dutilleul qui glissait tout doucement vers une forme de névrose. Au lieu de se contenter de produire des confitures qu’on s’arrachait à des dizaines de kilomètres à la ronde et qui faisaient de lui l’un des hommes les plus riches du coin, il s’obstinait à vouloir aller toujours plus loin, dans une quête interminable et vaine de la perfection, au risque de martyriser tous ceux qui l’entouraient.

    Lorsqu’Antoine stoppa sa voiture devant la fabrique, la Volvo du patron et la mobylette de Martin étaient stationnées sur le petit parking. Les deux hommes étaient encore là. De la vapeur s’échappait de la cheminée. La cuisson n’était pas terminée, ce qui, à pareille heure, était étonnant. Ce qui l’était plus encore, c’était l’absence  des deux hommes, dans l’atelier aussi bien que dans le laboratoire. Pas plus de Martin que de Dutilleul, ni dedans, ni à l’extérieur. Antoine se pencha sur la cuve en fonctionnement pour en inspecter le contenu. Son étonnement cessa. Si la cuisson durait toujours, c’est qu’il y avait une bonne raison à cela. Plus personne n’était là pour s’en occuper. Les deux seuls qui auraient pu l’arrêter se trouvaient au fond de la cuve, ébouillantés, confits, caramélisés, après une cuisson de plusieurs heures. Il se précipita pour débrancher la cuve.

    Perché en haut de l’échelle métallique, Antoine fixait, sans trop réaliser, les deux corps méconnaissables, tout juste différenciables par leur corpulence, baignant dans une pâte infâme qui sentait le caramel grillé. Il se sentait stupide, désorienté, ne comprenant pas comment ils avaient fait pour se retrouver dans cette cuve où l’on ne pouvait pas tomber par accident. Reprenant ses esprits et contrairement à ce qu’il avait promis, il jugea bon de ne pas appeler Louise Dutilleul, se disant que la gendarmerie se chargerait bien assez tôt de lui annoncer la mauvaise nouvelle. Si la mort des deux hommes lui avait coupé les jambes, ce qui le tracassait avant tout, c’était de savoir ce qu’il allait devenir. Son patron mort, l’avenir de la fabrique était plus qu’incertain. Une chose, par contre, était sûre : Armand Dutilleul ne serait plus jamais le roi des confitures.   

 

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20 février 2015 5 20 /02 /février /2015 14:38

illustration de couverture

Un court extrait de mon nouveau polar "Dans la mémoire de l'autre" :

 

Nice, le 29 juillet 2011, 10 heures,

 

    C’est le vacarme que font les éboueurs qui m’a tiré de mon sommeil dès six heures. Pourtant, cette nuit, j’ai mieux dormi. Mes cauchemars ont encore hanté ma nuit mais avec moins d’insistance que les jours précédents. J’ai l’impression que ma rencontre avec Foletti m’a fait du bien, en me soulageant d’un poids. Un processus s’est mis en route qui devrait rapidement m’apporter la lumière sur ce qui m’arrive. Tout du moins, je l’espère. Hier soir encore, j’ai trouvé dans ma boîte électronique un autre message, aussi inquiétant que les autres : « Ne te rends –tu pas compte de ce que tu as fait. Es-tu inconscient à ce point ? »

Aucune signature et une adresse d’envoi en gmail qui en dit long sur le souci d’anonymat de l’expéditeur. Je me suis fait expliquer le procédé technique utilisé par mon tourmenteur. Impossible de l’identifier, m’a précisé un ami, seule une procédure judiciaire permet de contraindre l’opérateur à révéler la véritable adresse d’expédition. Il paraît que cette adresse a pu être fabriquée dans un cybercafé et les messages postés du même endroit. L’anonymat total, le secret parfait ! J’ai quand même fourni l’adresse et copie des messages à Foletti. Aucun risque qu’il découvre ce que j’aurais réellement fait. Il pensera qu’il s’agit des torts que j’ai causés à Bréault et à Lauzière. Peut-être parviendra-t-il à localiser l’adresse d’expédition et, qui sait ? à repérer l’internaute auteur de ces messages, en planquant dans le cybercafé ?

    Tous mes espoirs reposent désormais sur Foletti et, chaque seconde, chaque minute, chaque heure qui passent rendent plus fébrile l’attente de son prochain contact. Combien de temps devrais-je patienter avant qu’il m’appelle ? Il le fera, ça c’est sûr, dès qu’il aura de premiers éléments à me fournir mais cela peut prendre des jours et des jours. Des jours d’angoisse à me demander qui est au courant, qui m’a suivi, me suit sans doute encore et guette le moment propice pour me porter l’estocade. Si ce n’est pas Lauzière, c’est sans doute Bréault. Lui a encore de plus sérieux motifs de haine contre moi.

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9 février 2015 1 09 /02 /février /2015 10:41

illustration-de-couverture-copie-1.jpgMon dernier polar connaît un bon démarrage. Pour la première fois, un de mes romans était en pré-commande sur des sites marchands comme Amazon. Avant même qu'il soit en rayon dans les librairies, des lecteurs l'avaient commandé sur internet. Cette impatience me va droit au coeur et je ne boude pas mon plaisir mais je privilégie la distribution par les libraires que ce soit dans le cadre des séances de dédicaces ou sur les salons. Je vais entamer cette semaine la série des séances de dédicaces auxquelles succèderont les salons. Par rapport aux années précédentes, le rythme va sensiblement augmenter. Les premiers commentaires me reviennent. Une lectrice qui a pris un peu d'avance sur les autres m'a confié que mon style avait évolué et qu'elle avait beaucoup aimé ce nouvel opus. J'en prends acte. C'est le résultat d'une réflexion que j'ai conduite sur mon écriture. https://www.facebook.com/pages/Jean-Michel-LECOCQ/109385932511403  

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2 février 2015 1 02 /02 /février /2015 13:23

24Un extrait de mon thriller historique "24" :

 

Paris, le samedi 25 septembre 1572, 7 heures, le matin,

 

    Cela faisait près de vingt ans que Jean Le Fleurinier exerçait son métier de fossoyeur. Durant ces années, il avait mis en terre près de la moitié des habitants du quartier des Halles. Le cimetière des Innocents était son terrain d’élection. Il y assurait la majeure partie de son office et y possédait une petite cabane où il remisait ses outils. En cette fin du mois de septembre, il pouvait enfin souffler un peu. Les massacres de la fin août l’avaient contraint à travailler deux fois plus longtemps que d’ordinaire. Ses journées de labeur démarraient avec le lever du soleil et ne s’arrêtaient qu’avec le couvre-feu, sous une chaleur accablante. Même si la plupart des corps, non identifiables, avaient été transportés hors des murs de la ville pour y être incinérés dans des fosses communes, de nombreuses familles avaient fait inhumer les leurs dans le cimetière de leur quartier. Celui des Innocents desservait les trois paroisses de Saint-Germain-L’Auxerrois, Saint-Eustache et Saint-Opportune, ce qui suffisait à en faire le plus grand de Paris. Jean Le Fleurinier n’avait pas chômé. Cela avait duré plusieurs semaines, tant la recherche des victimes était laborieuse et leur identification difficile. Il fallait attendre que les familles reconnaissent les corps avant d’enterrer les dépouilles qui empestaient, sous l’effet de la décomposition. Un quartenier, officiant au nom  de la prévôté, l’accompagnait afin de s’assurer de la conformité des inhumations. Le plus souvent, le curé organisait une brève bénédiction et, à peine le trou rebouché, il fallait passer à l’enterrement suivant. En ce début de matinée, Jean Le Fleurinier se sentait bien. La fraîcheur matinale était supportable et le soleil, qui se levait derrière les toits de l’hôpital Sainte-Catherine, illuminait un ciel déjà bleu, promesse d’une belle journée de fin d’été. L’âme et le corps légers, il suivit la rue de la Chaussetterie puis celle de la Ferronnerie pour gagner l’entrée du cimetière située sur la Grand Rue Saint-Denis. Il n’avait que deux enterrements prévus au programme de cette journée, sans doute la plus calme depuis bien longtemps. Le premier étant fixé à dix heures, il allait avoir le temps de préparer ses outils et même de déguster tranquillement la collation que lui avait préparée son épouse. Sa cabane était située au fond du cimetière, adossée au mur qui donnait sur les Halles. Il y prit ses outils et se dirigea vers la fosse qu’il avait creusée la veille. Il aimait s’asseoir au bord du trou, les jambes pendant dans le vide, pour manger. Il l’avait fait des centaines de fois, lorsque le temps était favorable, comme ce matin. Le soleil avait envahi le cimetière et y répandait sa chaleur bienfaisante. Jean Le Fleurinier s’approcha de la fosse. Il posa sa besace sur le tas de terre encore fraîche qui surplombait le trou et engagea la jambe droite dans le vide. C’est alors que son regard tomba en arrêt sur l’homme allongé dans le fond, dont le visage portait la pâleur de la mort.

 

    Nicolas Chantemerle, le nouveau prévôt, resta longtemps immobile, devant la fosse. Campé derrière lui, le bailli Grandfontaine avait tenu à être présent. Le fossoyeur s’était placé en retrait, après avoir répondu du mieux qu’il avait pu à l’avalanche de questions du prévôt. Dans l’esprit de Chantemerle, comme dans celui du bailli, régnaient une effervescence et une confusion des plus grandes. Comment ce cadavre avait-il pu arriver là ? Qui l’y avait placé ? Qui était cet inconnu ?

    -  Ce n’est pas quelqu’un du quartier ! Il est âgé et je le connaîtrais.

    Telle avait été la seule information fournie par le fossoyeur qui avait aidé les deux gardes prévôtaux à sortir le corps de la fosse.

    -  Examinez sa main droite ! demanda Grandfontaine.

    Le prévôt s’exécuta. L’homme portait, au creux de la paume, un dessin représentant un signe tracé avec la pointe d’un couteau.

    -  De quoi s’agit-il ? s’exclama Chantemerle.

    - De la lettre E, lui répondit le bailli avant de questionner le fossoyeur :

    -  Qui enterre-t-on dans ce secteur du cimetière ?

    -  Les paroissiens de Saint-Eustache, répondit Le Fleurinier.

    -  E, c’est l’initiale de Saint-Eustache, soupira le bailli.

    Tous l’observaient, l’air interrogateur. Grandfontaine avait prit une mine grave. Sa voix ne l’était pas moins pour annoncer :

    -  Le scarificateur n’est pas mort. Il vient encore de frapper.

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19 janvier 2015 1 19 /01 /janvier /2015 14:43

illustration-de-couverture.jpgTout arrive un jour. Le projet d'illustration du graphiste a été validé par le responsable éditorial et par moi-même. La maquette est partie chez l'imprimeur. D'ici une quinzaine de jours, le roman sera disponible. Ce sera mon sixième polar et il s'intitulera "Dans la mémoire de l'autre". Une nouvelle enquête du commissaire Payardelle et de son équipe de choc : Marthe, Marco et César. Des jeunes femmes sont retrouvées étranglées dans le golfe de Saint-Tropez. L'une d'elles est la fille du ministre de l'Intérieur. L'enquête devient sensible et prioritaire. Paris envoie le commissaire Théo Payardelle pour résoudre cette affaire.

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13 octobre 2014 1 13 /10 /octobre /2014 09:44

incrustations-4.jpg

Mon attention a été attirée récemment par des remarques convergentes émanant de quelques-uns de mes lecteurs, de ceux qui apprécient mes polars mais qui n’hésitent pas à mettre le doigt sur un détail qui les a « chiffonnés ». Ces remarques portaient sur un point du récit de « Rejoins la meute ! » Ces deux lecteurs m’ont dit avoir regretté que l’histoire entre le commissaire Payardelle et la jeune Marianne s’achève de la façon dont je l’ai conçue dans mon roman, c’est-à-dire sur une séparation. Je les ai rassurés en leur garantissant que ce n’était que provisoire puisque ces personnages sont promis à être récurrents et que j’ai bien l’intention de faire revenir Marianne et de lui faire croiser à nouveau le chemin de Payardelle dans une prochaine histoire. Tous les créateurs, peintres, musiciens, écrivains, ont des influences et font des emprunts. C’est un phénomène bien connu. On emprunte une technique, un « tic » d’un autre artiste que l’on introduit dans ses propres œuvres. Celles et ceux qui lisent attentivement mes élucubrations à propos de mes polars savent que je subis, entre autres, l’influence de Fred Vargas. Et, précisément, le personnage de Marianne et sa relation avec Payardelle sont du même ordre que ce qui relie Camille à Adamsberg chez Vargas. Adamsberg a aimé et aime toujours la jeune Camille mais ils se sont perdus de vue. Camille revient hanter les pensées d’Adamsberg et elle réapparaît, en chair et en os, par exemple dans « L’homme à l’envers ».

Il est également une autre technique que j’ai dû piocher quelque part sans me rappeler où ( à moins que je n’en sois l’inventeur ). Elle consiste à introduire, comme un motif récurrent, des références à un autre récit, extérieur au mien.  Ainsi, dans « Les bavardes » que je suis en train d’écrire, je fais apparaître, de loin en loin, des renvois à une lecture qu’est en train de faire le personnage central. Tragos a emmené avec lui un polar de Linwood Barclay, « Mauvais pas », dont j’incruste de courts résumés à plusieurs reprises, comme un contrepoint dans une partition musicale. Il arrive même, dans un chapitre, que cette lecture influe sur la réflexion du commandant Tragos. Mais là s’arrête le lien avec l’histoire centrale. L’objet n’est pas de lier les deux mais simplement de créer un motif, comme une frise autour d’une toile ou comme un élément simplement rapporté. Si l’on veut un point de comparaison, c’est un peu la même chose que les bateaux ou les personnages que mon ami Frédéric Lefol introduit dans certaines de ses toiles, comme des incrustations. Le coq, personnage récurrent des toiles de Chagall, me semble procéder de la même démarche. Chers lecteurs, vous retrouverez donc un jour le personnage de Marianne.

Une autre influence et même un parallélisme apparaît entre Fred Vargas et moi. Dans « Sous les vents de Neptune », à moins que ce soit dans « Dans les bois éternels », Vargas évoque la jalousie qui ronge Danglard devant la relation privilégiée qui s’installe entre Adamsberg et Veyrenc. De la même façon, dans « Les bavardes », un sentiment analogue se développe chez Vergne, l’adjoint direct de Tragos, qui prend ombrage de la tendresse qu’éprouve le commandant à l’égard du jeune lieutenant Venot. Je pourrais multiplier les exemples de ces emprunts, de ces incrustations ou de ces motifs récurrents.

Voici un extrait des "Bavardes" dans lequel apparaît une incrustation du polar de Linwood barclay "Mauvais pas" :

« A quelques reprises, Tragos sent l’endormissement venir mais il y a toujours un bruit pour le sortir de sa torpeur. Vers onze heures, le sommeil l’a quitté. Pour plusieurs heures, il en est convaincu. Il va sauter un cycle. Il opte alors pour une stratégie réaliste. Plutôt que de chercher en vain le sommeil, il se saisit de l’un des deux bouquins enfouis dans son sac, celui qu’il a commencé à lire, et prend le chemin du rez-de-chaussée. A cette heure avancée, le hall de l’hôtel a retrouvé un semblant de quiétude. Le veilleur de nuit vient d’arriver et reçoit les consignes du réceptionniste de jour. Tragos s’est installé dans le petit salon qui jouxte l’accueil. Les fauteuils sont confortables et le calme propice à la lecture. Il a dégoté le dernier-né d’un de ses auteurs favoris, Linwood Barclay. Selon lui, le meilleur des auteurs de thrillers anglo-saxons. Le titre, « Mauvais pas », avait été parfaitement trouvé pour raconter l’histoire d’un type qui, victime d’une névrose sécuritaire, s’amusait à piéger les membres de sa famille afin de leur inculquer le sens de la prudence. Après cent cinquante pages pendant lesquelles le personnage central, un écrivain de science-fiction, évoque sa paranoïa et les moyens qu’il déploie pour la calmer, l’action commence enfin et tout s’accélère brusquement. Le type en question croit subtiliser le sac à main que sa femme a abandonné dans son caddie au beau milieu d’un supermarché. Il veut lui donner une bonne leçon et lui apprendre à ne plus laisser traîner ses affaires n’importe où. Il va le dissimuler dans sa voiture stationnée sur le parking du supermarché. Malheureusement, ce n’est pas le sac de sa femme mais celui d’une autre cliente. Et c’est là que les ennuis commencent. Tragos en est à la deux-centième page et il a hâte de connaître la suite des mésaventures de Zack Walker, un pauvre type dépassé par les évènements mais embarqué dans une histoire invraisemblable et que chaque heure écoulée enfonce un peu plus dans la panade. »

 


 

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26 septembre 2014 5 26 /09 /septembre /2014 21:38

24-copie-1.jpgTrouvé sur Babélio :

 

J’ai entendu parler de Jean-Michel Lecocq via un ami, instituteur dans le Var et qui avait beaucoup aimé ce livre, « 24 » (merci JF). Et j’ai découvert à cette occasion que Jean-Michel Lecocq était né à Bogny-sur-Meuse dans les Ardennes… où je vis (les Ardennes, pas Bogny lol) et qu’il était désormais installé dans le Var. Il a été longtemps inspecteur de l'Éducation nationale de la circonscription de Sedan. Et si j’ai bien compris, un de ses premiers livres prend Sedan comme lieu de son histoire. Donc je m’étais dit, je lirai ce monsieur… j’ai forcé un peu le destin, en demandant « 24 » pour mon anniversaire (merci les copines !).
Et voilà je viens de le terminer, et franchement je ne suis pas déçue !
J’ai beaucoup aimé. Très bon suspens, agréable à lire, bien écrit qui nous emmène dans Paris aux veilles de la Saint Barthélémy (et oui je retrouve ce fou de Charly 9 même si ce n’est pas lui le personnage principal et que le style d’écriture est bien différent de celui de Jean Teulé). Décidément, nous n’avions rien à envier à tous les Serbes, Hutus et autres génocidaires actuels ! Et nous n’avons aucune leçon à leur donner… nous avons bien fait les choses, quelle horreur !!! Je ne m’y habituerai jamais, même si je « connais » les faits.
L’intrigue : Des crimes rituels tous les 24 du mois. Les victimes dans le monde la musique. Une enquête qui piétine… Catherine de Médicis fait venir de son Florence natal, son filleul, Vincenzo, jeune prodige musicien, dont elle espère qu’il pourra mener, discrètement, l’enquête et trouver enfin le nom du criminel et mettre fin à ces meurtres qui mettent en péril, la très fragile paix entre Catholiques et Réformés. Enigme trouvée trop tard pour éviter la Saint Barthélémy….
Je ne vous dirais rien d’autre… à vous de lire pour connaître le dénouement.
Franchement, je vous conseille vivement cette lecture, et moi je vais me mettre en quête des autres livres de Jean-Michel Lecocq car j’aime son écriture ! 

 



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22 juillet 2014 2 22 /07 /juillet /2014 14:56

barre-copie-1.jpgBarre-des-Cévennes, le 21 mai 2010,

 

    Le village était curieux, tout en longueur, le long de la départementale qui reliait Florac à Sainte-Croix-Vallée Française. Tout y était vieillot et le temps semblait s’être arrêté sur cette cité aux maisons d’une autre époque dont certaines portaient encore, lisible sur la pierre, leur raison sociale d’antan. La vie semblait avoir déserté ces immeubles aux façades noires et aux toits de lauzes, lestés de pierres pour résister aux assauts du vent. Seuls, deux ou trois commerces au centre du village offraient un semblant d’animation. De minuscules venelles aux marches raides et inégales reliaient la rue principale au niveau supérieur du village, là où se trouvait la vieille église romane dans laquelle Marco savait pouvoir trouver le père Marcellin.

    Il découvrit le vieux curé agenouillé devant l’autel, dans la pénombre. De dos, le prêtre ressemblait à l’une de ces statues primitives, squelettiques et tordues comme du bois de noyer. Marco demeura campé, immobile, à l’entrée de la nef, attendant que le père Marcellin eût achevé de dire ses prières. Au bout de quelques minutes, le prêtre se releva péniblement et se tourna vers celui dont il avait deviné la présence.

    - Me cherchez-vous, mon fils ? demanda-t-il, d’une voix chevrotante.

    - Oui, mon père. Je m’appelle Marc Modelli et je suis officier de police judiciaire. J’aimerais vous entretenir des meurtres de la ferme des Garrotières.

    - Vous voulez parler de ces pauvres malheureux que les gens du village surnommaient les Sans-Culottes ?

    - C’est ça, mon père.

    - Je croyais que cette affaire était tombée dans l’oubli, que les enquêtes qui se sont succédé avaient échoué. On s’y intéresse donc encore !

    - Vous avez raison de dire que les enquêtes ont échoué jusqu’à maintenant mais j’appartiens à une équipe spéciale chargée de rouvrir le dossier.

    Le curé leva les bras au ciel.

    - Mon pauvre garçon, je suis le premier à m’en réjouir mais que voulez-vous que je vous apprenne de plus aujourd’hui ? Ces pauvres malheureux ont été tués par des suppôts de Satan. Si la Justice des hommes est incapable de retrouver leurs assassins, le jour viendra où Dieu les jugera.

    - La Justice des hommes n’a pas dit son dernier mot, mon père. Verriez-vous un inconvénient à me conduire là-haut et, si possible, à me présenter à la famille qui habite la ferme voisine ?

    - Les Fantoni ?

    - C’est cela, les Fantoni.

    - Si vous y tenez ! soupira le prêtre. Mais je crains bien que vous perdiez votre temps sur tous les tableaux. Les Fantoni ne veulent plus entendre parler de cette affaire et la ferme des naturistes est à l’abandon.

    - Nous verrons cela après, mon père ! Pour l’instant, j’aimerais quand même m’y rendre.

    Marco ne regretta pas d’avoir cédé à l’insistance du père Marcellin qui tenait à toute force à le véhiculer dans sa vieille Méhari. Le chemin sur lequel ils s’engagèrent était à ce point défoncé qu’il aurait cassé la suspension de la voiture de location. Marco décida d’aller directement à la ferme des Garrotières. Il avait hâte d’être en prise directe avec la scène de crime qu’il avait imaginée à la lecture du dossier. Les dernières centaines de mètres furent extrêmement pénibles à parcourir. Les ronces avaient envahi le chemin et les pluies avaient creusé de profondes ornières. La pauvre Méhari souffrait mille griffures et mille soubresauts.

    - Je ne suis pas revenu ici depuis l’époque des meurtres, déclara le prêtre. D’ailleurs, plus personne ne s’y aventure. Depuis cette histoire, on l’appelle la ferme maudite.

    Le curé stoppa sa voiture dès que la maison fut en vue. L’esplanade qui les séparait de la bâtisse était envahie par les herbes folles et des arbustes avaient commencé à pousser entre les dalles. L’endroit était sinistre mais, curieusement, il s’en dégageait une grande sérénité. Marco comprenait aisément pourquoi les naturistes avaient choisi ce lieu. On sentait presque planer la présence des anciens occupants. Contrairement aux gendarmes qui avaient fait porter leurs premiers soupçons sur des gens du village, Marco imaginait mal des autochtones menant une expédition punitive contre une petite communauté qui, même si elle contrevenait aux principes de la morale villageoise, vivait terrée à plusieurs kilomètres du bourg et ne se mêlait jamais à la population.

    Le père Marcellin restait immobile et silencieux, comme s’il se recueillait. Son visage était livide. La table sur laquelle les victimes avaient pris leur dernier repas en compagnie de leurs bourreaux était encore là, rongée par la pluie, le soleil et le gel. Les couverts avaient disparu, à l’exception de quelques assiettes que le vent avait balayées et dont des éclats gisaient encore au sol, entre les herbes folles. Les fenêtres de la maison étaient barricadées par des planches clouées. Les scellés de la porte avaient été arrachés et ses deux battants, dégondés, pendaient misérablement. Ce qui avait été une scène de crime minutieusement décrite et analysée dans le dossier, le lieu habitable que décrivaient les clichés des gendarmes, n’était plus qu’un champ de ruines envahi par la végétation. Les deux hommes contournèrent la bâtisse. Ce qui avait été le jardin ressemblait à une friche où commençait à prospérer un début de garrigue. Qui aurait pu s’imaginer qu’une cérémonie épouvantable s’était déroulée là, quatre ans auparavant, que des hommes avaient pu y enterrer vivants d’autres hommes, les avaient vu disparaître un à un, sous la terre meuble, en captant dans leur ultime regard l’horreur et la souffrance de leurs derniers instants. Marco n’eut pas besoin du prêtre pour localiser les sept trous. En laissant courir son regard, sous l’ombre aérée du fenouil sauvage, il parvint à deviner sept taches plus foncées, en forme de rectangles. A ses côtés, le père Marcellin s’était recueilli. César crut voir des larmes couler sur ses joues. Il se mit à psalmodier : « Mon Dieu, ce n’est pas possible. Mon Dieu, ce n’est pas possible. » Il s’était mis à hoqueter. Marco posa sa main sur son épaule. Etait-il raisonnable que ce fût lui, un mécréant fini, qui réconfortât un prêtre ? En règle générale, c’était le contraire qui devait se produire. Il chercha les mots susceptibles de l’apaiser.   

    -  Ils avaient été drogués. Ils n’ont probablement pas souffert.

    En même temps qu’il prononçait ces paroles, Marco savait qu’il mentait, que le dérivé d’hysope administré aux victimes avait causé chez eux une paralysie des membres mais n’avait en aucun cas supprimé leur état de conscience. Ils s’étaient parfaitement rendu compte de ce qui leur arrivait.

    - Mon garçon, quand j’ai fini de dégager la terre qui recouvrait son visage, si vous aviez vu ses yeux. Je n’avais jamais vu l’expression d’une telle terreur dans le regard d’un être humain. Ils se sont vus mourir, mon fils ! Ils se sont vus mourir ! scanda-t-il. Dieu de miséricorde ! Comment cela est-il possible ?

    Marco l’arracha au spectacle de ces tombes, encore trop présentes dans la nature et dans son esprit, pour retourner à la Méhari. Il n’y avait plus rien à espérer de ce lieu voué à une malédiction éternelle où la nature allait poursuivre patiemment sa reconquête, jusqu’à effacer un jour toutes les traces de la barbarie des hommes. Le chemin disparaîtrait avant longtemps et seuls le curé et les plus anciens des villageois conserveraient vivante, pendant quelques années ou quelques décennies, la mémoire de ces crimes. Ils la perpétueraient, en la remodelant, en lui redonnant un sens compatible avec la morale des hommes. Ensuite, avec le temps, cet évènement tragique serait sublimé et deviendrait légende, cette redoutable machine à effrayer les enfants pour les maintenir sur le bon chemin et à transformer le crime des hommes en malédiction, les déchargeant ainsi de leurs responsabilités. On ne parlerait plus alors de naturistes, d’ostracisme et de routards mais d’âmes égarées, d’esprits malins et de mauvais sort. Ces pensées renforcèrent Marco dans l’idée que son athéisme et son matérialisme profonds étaient plus que jamais justifiés. Pour autant, à le voir dans un tel état d’affliction, il ressentait pour le vieux curé un sentiment qui ressemblait à de l’affection.       

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23 juin 2014 1 23 /06 /juin /2014 10:24

24Même si deux années déjà se sont écoulées, je reste toujours sous le charme de "24", mon thriller historique qui m'avait contraint à un énorme travail de documentation et à une longue plongée dans le XVIe siècle et dans l'univers de la musique. Je suis heureux qu'il plaise encore et qu'il fasse l'objet d'éloges sur des blogs tels que celui-ci http://zenlilou.over-blog.com/article-24-de-jean-michel-lecocq-123377274.html

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17 juin 2014 2 17 /06 /juin /2014 10:36

108 0230Toucher des droits d’auteur est important. Même si l’on n’a pas l’ambition de vivre de sa littérature, c’est quand-même la juste rétribution d’un travail pour lequel l’auteur ne compte pas ses heures, que ce soit devant son ordinateur ou devant le public qui défile sur les salons et dans les séances de dédicaces. Malheureusement, les droits d’auteur qui se mesurent à l’aune des relevés de ventes ne suffisent pas à donner une idée exacte de l’ampleur du lectorat. En effet, chaque jour qui passe, au fil des confidences, je découvre que mon lectorat va bien au-delà de celles et ceux qui achètent mes bouquins. Il est même vraisemblable que mes lecteurs non acheteurs soient beaucoup plus nombreux que les autres. Je ne peux pas en avoir une idée exacte et c’est assez frustrant. Le bouche à oreille fonctionne et il devrait se traduire tôt ou tard par un accroissement significatif des ventes. Mais, il y a les autres modes d’accès. Mes polars qui se trouvent sur les rayons des médiathèques de la Dracénie sont souvent sortis. Des bibliothèques dont j’ignorais jusqu’à l’existence aux quatre coins de la France acquièrent mes livres sur proposition de leurs lecteurs ( Exemple de la bibliothèque de Villevaude en Seine-et-Marne dont j’ai découvert qu’elle possédait un exemplaire du Christ jaune et de Portrait-robot ). Schématiquement, le réseau de mes lecteurs peut se décomposer en quatre catégories. Il y a d’abord ceux qui achètent. Ces ventes sont clairement répertoriées et chiffrables. Mon éditeur me les communique régulièrement. Mais, il y a également celles et ceux qui fréquentent les bibliothèques et y empruntent mes romans. Ils sont assez nombreux puisque je retouche ponctuellement une petite somme correspondant aux droits que doivent acquitter les bibliothèques au regard des emprunts des ouvrages dont elles font l’acquisition. J’ai déjà croisé sur des salons des personnes m’affirmant avoir lu mes romans et me disant attendre que la bibliothèque de leur commune en fasse l’acquisition pour lire le prochain. Ensuite, il y a celles et ceux qui téléchargent sur le site de mon éditeur ou sur les sites marchands une version numérique du livre. Je ne suis pas encore rémunéré pour ces ventes pour lesquelles mon éditeur me dit tenir une comptabilité sans me la communiquer. Par exemple, « 24 » est assez bien placé de ce point de vue sur Amazon. Vais-je un jour prochain retoucher le « pactole » ? Enfin, il y a le prêt sauvage. Nombreux sont mes lecteurs que je rencontre et qui me confient que les membres de leur famille et leurs amis auxquels ils ont prêté tel ou tel de mes bouquins l’ont beaucoup aimé. C’est le cas du réseau d’ami(e)s de ma voisine qui vient à toutes mes séances de dédicaces mais qui diffuse ensuite largement autour d’elle. Si chacune des personnes qui achètent un de mes livres le prête en chaîne ne serait-ce qu’à trois amis ou parents, je peux considérer que ce public pourrait potentiellement constituer un lectorat rentable. Quelques milliers de lecteurs payants à un peu moins de deux euros par livre, au rythme d’un roman par an, faites le compte. Mais, là, je deviens vénal. Toutes mes excuses. Mon premier objectif n’est pas de rentabiliser mon modeste talent mais de procurer du plaisir à un maximum de lecteurs. Alors, j’accorde autant d’intérêt à ceux qui lisent mes livres gracieusement qu’aux autres, puisqu’ils les aiment. Peut-être qu’à la longue, convertis à ma littérature, ils finiront par devenir acheteurs. Un ami me disait récemment que sa belle-fille à qui il avait passé mes romans était devenue fan. Rien ne peut me toucher davantage que ce genre de confidence, même si elle ne se traduit pas en espèces sonnantes et trébuchantes.

Certains lecteurs disent aussi attendre qu’un titre sorte en « poche ». Mais, pour qu’un roman sorte en poche, encore faut-il que sa version brochée se vende suffisamment pour justifier une parution au Livre de poche ou chez Pocket ! C’est un cercle vicieux.

Alors, par ces temps difficiles où chacun a bien conscience du coût que représente un livre broché, n’hésitez pas à prêter mes romans autour de vous. Finalement, si l’on compte bien, c’est un placement beaucoup plus rentable qu’une place de cinéma car un livre peut se partager à l'infini. Diffusez autour de vous, c'est sans doute le meilleur vecteur de promotion.

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