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8 avril 2014 2 08 /04 /avril /2014 11:07
vallee-de-la-Semois.jpg
Mon avant-dernier polar "Portrait-robot" fait cohabiter deux histoires distantes de quinze ans. Elles vont faire l'objet d'une même enquête et se rejoindre. J'y mets en scène le capitaine Tragos, un flic de la PJ marseillaise. Encore un flic dont je suis actuellement occupé à faire un pertsonnage récurrent de mes polars.
C'est au bord de la Semois, affluent de la Meuse qui prend sa source dans les Ardennes belges, que le capitaine Tragos retrouve Delmas, l'ancien gendarme à la retraite pour évoquer les meurtres commis quinze ans auparavant par Juliette Laff...ont :
"Tragos éprouva toutes les peines du monde pour retrouver la trace du capitaine Delmas, le responsable de la brigade de gendarmerie qui avait dirigé les différentes enquêtes déclenchées à la suite des crimes commis par la jeune femme en France. Celui qui était l’homologue de Maccari mais avec trente années de plus avait pris sa retraite dans un minuscule village, situé au bord d’une rivière dont les eaux vertes et tumultueuses suivaient le cours d’une vallée sinueuse et verdoyante, avant de se jeter dans la Meuse. Delmas consacrait l’essentiel de son temps à la pêche. Dissimulé dans l’ombre des saules dont le feuillage retombait en grappes lourdes sur la rivière, il passait d’interminables heures à guetter le moment où son bouchon allait filer, lui signalant la prise tant attendue. Dans ces eaux peu profondes, il pêchait à même le courant, avec de l’eau jusqu’en haut des cuissardes, l’épuisette à portée de la main, prêt à ramener sur la rive l’une de ces truites saumonées qui faisaient régulièrement les délices de ses déjeuners ou de ses dîners. Le ciré sur les épaules malgré la chaleur et la tête protégée sous un chapeau en feutre déformé à force d’expositions répétées aux intempéries, il s’imposait l’immobilité la plus totale afin de ne pas effrayer le poisson. C’est dans cet attirail et dans cette posture que Tragos le surprit après avoir arpenté longuement la rive obstruée par les hautes herbes et les ronces.
- Capitaine Delmas ? interrogea-t-il.
- Lui-même ! répondit le pêcheur sans se retourner. Qui le demande ?
- Le capitaine Tragos de la PJ de Marseille, lui lança sur le même ton le policier qui devait se cramponner à la branche d’un saule pour ne pas glisser dans la rivière.
- Attendez ! lança Delmas dont le bouchon venait de filer. J’en tiens une !
La canne de son lancer commençait à se ployer de façon impressionnante sous les efforts contraires de la truite et du pêcheur. Par petites touches, d’une main à la fois ferme et souple, Delmas contrôlait la course du poisson qui devait chercher à gagner un refuge, là où le pêcheur redoutait de voir son hameçon se prendre dans l’enchevêtrement des herbes qui ondulaient au milieu du courant. Si tel était le cas, il fallait sectionner le fil de nylon, dire adieu au poisson et perdre de précieuses minutes à remonter un bas de ligne. Delmas finit par l’emporter et, toujours avec la même technique patiente et contrôlée, il ramena sa prise jusqu’à portée d’épuisette. La truite se débattait dans une tentative désespérée pour échapper à la nasse qui la rapprochait de la rive où Delmas la propulsa en même temps qu’il regagnait lui-même la terre ferme.
- En voilà une qui fait bien ses quatre livres ! s’exclama-t-il triomphant. Si vous le voulez capitaine, vous pourrez la déguster avec moi. Je vous invite à dîner ce soir."

 

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6 avril 2014 7 06 /04 /avril /2014 17:34

tobermory-1-copie-1.jpgDepuis « Le Christ jaune », l’Ecosse est un pays que mes polars visitent volontiers. C’est un pays où j’ai des attaches et où j’ai séjourné à maintes reprises. Ses paysages, sa culture et sa population sont profondément attachants. C’est aussi une contrée qui recèle et cultive le mystère, un mystère surgi du plus profond de sa tradition gaëlique et de ses paysages tourmentés. On raconte qu’au moment où ils furent persécutés, c’est là que les Templiers se réfugièrent pour mettre en sûreté leur mythique trésor. J’ai choisi d’y situer plusieurs chapitres de mon dernier polar, « Rejoins la meute ! ». Mon personnage principal, le commissaire Payardelle, s’y rend pour les besoins de son enquête, accompagné par son adjoint. Il y retrouve un inspecteur de Scotland Yard, Mac Pherson, dans lequel j’ai voulu camper l’archétype du policier britannique. Tous trois vont voyager dans plusieurs endroits de l’Ecosse, d’Edimbourg aux îles Hébrides, en passant par Linlithgow et Sterling. L’histoire de l’Ecosse, reliée au Moyen-Age à celle de la France, va jouer un rôle prépondérant dans une intrigue qui met en scène des massacres accompagnés de rituels médiévaux. Trois des victimes sont écossaises, ce qui explique le voyage du commissaire Payardelle. La vieille langue écossaise issue du gaëlique va également intervenir dans l’histoire.

Faire revivre dans mon polar des lieux que j’ai visités, y intégrer sous une autre identité des personnages que j’ai réellement croisés lors de mes séjours participèrent fortement au plaisir de l’écriture. Tout dans les descriptions des lieux est fidèle à une réalité que j’ai connue. L’exemple le plus frappant est celui d’un policier écossais dont je compare le physique à celui de Jack Nicholson. Cet homme existe vraiment, je l’ai rencontré, il conduisait le petit chemin de fer miniature de Craignure.

Voici un court extrait de l’un des chapitres situés sur l’île de Mull dans lequel apparaît le policier précédemment évoqué :

« Ile de Mull, archipel des Hébrides, le 2 juin 2010,

    César se demanda ce qu’il était venu faire dans cette contrée inhospitalière, battue par la pluie et le vent, totalement excentrée par rapport à ce qu’il considérait comme la civilisation. Par temps clément, l’île de Mull devait ressembler à ces cartes postales sur lesquelles un vieux château-fort, en pierre de lave noire, campé sur fond de mer agitée et de ciel tourmenté, dresse sa silhouette massive à l’extrémité d’une lande aux herbes courbées par le vent. Mais, sous la pluie battante, le charme de la carte postale s’était effacé pour laisser place à un paysage aux teintes déprimantes, faites d’un mélange incertain de noir, de brun et de gris. Le ferry, ballotté par la houle, avait mis près d’une heure pour accomplir la traversée depuis le port d’Oban, sur la côté Est, jusqu’au ponton de Craignure, qui desservait la plus grande des îles des Hébrides intérieures. Une heure à subir le mal de mer, à chercher un improbable réconfort, vautré sur l’une des banquettes du bar, sous l’œil narquois du personnel de bord, ignoré par Théo et Mac Pherson, apparemment plus aguerris aux aléas de cette traversée mouvementée et qui devisaient un peu plus loin, assis devant une pinte de Guiness.

    L’idée de la configuration informatique qui l’attendait sur l’île, chez le dénommé Mac Laughlin, leur hôte durant leur séjour à Mull, et la perspective de trouver refuge sur le web suffisaient à peine à le réconforter.

    L’accostage et l’arrivée sur le ponton lui apparurent comme une délivrance. Même la pluie qui redoublait d’intensité lui procurait une sensation de fraîcheur agréable. Seule une dizaine de personnes débarquèrent du ferry. Les trois policiers accélérèrent le pas, en direction d’un homme qui, à l’évidence, les attendait, muni d’un parapluie dont l’intégrité ne tenait qu’à un fil sous les bourrasques. Mac Laughlin, car c’était bien lui, était de taille moyenne. Son front déjà bien gagné par une calvitie, ses cheveux noirs plaqués en arrière et ses yeux à l’éclat félin, séparés par un nez aquilin, lui donnaient des faux airs de Mike Nicholson. Son sourire crispé, lorsqu’il les aperçut, confirma cette première impression. Pour autant, l’homme était sympathique et communicatif. »

 

http://www.amazon.fr/Rejoins-meute-LECOCQ-JEAN-MICHEL/dp/2343030111/ref=sr_1_1?s=books&ie=UTF8&qid=1397460999&sr=1-1&keywords=rejoins+la+meute

 

 Illustration : Port de Tobermory, sur l'île de Mull.

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9 mars 2014 7 09 /03 /mars /2014 17:11

108_1712.JPGC’est au cours de l’été 2010, au cours d’un séjour sur les berges du canal du Midi que l’idée m’était venue d’y situer un chapitre de mon deuxième polar « Le Christ jaune ». C’est dans le petit hameau du Somail, et plus précisément dans sa librairie « Le trouve-tout-du-livre », que j’ai trouvé le lieu idéal qui permettait à mon personnage principal, François Lemel, de dénicher une revue qui allait lever le voile sur le mystère des meurtres en série qui accompagnaient ses recherches. J’avais moi-même farfouillé dans le fonds de cette impressionnante librairie de livres anciens, sans doute l’une des plus grandes boutiques de bouquiniste au monde. Je travaillais déjà sur Le Christ jaune et j’avais déniché un numéro de la revue « L’œil » qui répondait à mes attentes. De là à faire de cette revue la clef du mystère, il n’y avait qu’un pas, vite franchi.

Mon dernier et récent séjour sur les bords du canal m’a inspiré l’idée d’un nouveau polar, historique celui-là, qui se situerait au XVIIe siècle, pendant sa période de construction. Il y serait question d’un certain Pierre-Paul Riquet. Quant au contenu de l’intrigue, je n’en ai pour l’instant qu’une vague idée. Il faudra que tout cela décante.

Il y a des lieux qui vous inspirent. Le canal du midi en est un. Il exerce sur moi une véritable fascination. Qu’y a-t-il de plus beau que ce canal ? Ce site, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, est un endroit magique, idyllique, grandiose, impressionnant ( les qualificatifs et surtout les superlatifs me manquent ) dont il fait bon parcourir les berges plantées de platanes pluricentenaires dont la fonction essentielles consiste à maintenir les berges. Mais, ces arbres imposants, plantés à intervalles réguliers, composent aussi une géométrie extraordinaire que renforce leur reflet dans l’eau verte du canal. A intervalles réguliers, le promeneur rencontre des points d’intérêt divers, les uns témoignant de l’audace et du génie technique de l’ingénieur RIQUET, les autres de l’énorme potentiel touristique du site : des ponts de pierre aux formes différentes, véritables chefs-d’œuvre architecturaux, des écluses, des déversoirs, tous appareillages relevant de prouesses techniques, un bornage régulier sur lequel les distances figurent en unités de l’ancien régime, mais aussi des haltes fluviales, des ports de plaisance, des flottilles de bateaux à louer, des auberges, des aires de pique-nique et, enfin, des curiosités comme cet ancien quai réservé aux bateaux « pinardiers » dont l’histoire montre que ce canal faisait vivre une foule de métiers connexes à celui de batelier. En fait, l’idée originale de RIQUET était de permettre aux galères royales de relier l’Atlantique à la méditerranée en évitant Gibraltar et les attaques espagnoles ou mauresques. Pierre Paul RIQUET, fils d’un notable toulousain, dut batailler ferme pour convaincre Colbert et Louis XIV de l’utilité d’un tel projet. Les travaux commencèrent vers 1666 pour s’achever en 1681. Après sa mort, à 71 ans, en 1680, son fils lui succéda pour achever les travaux. Appelé au départ « canal royal en Languedoc, il fut rebaptisé « canal du midi »  en 1789 par les Révolutionnaires. On le nomme également canal d’Entre-Deux-Mers. Le grand défi technique de RIQUET consista à acheminer l’eau de la montagne noire jusqu’au seuil de Naurouze, ligne de partage des eaux entre le bassin méditerranéen et l’Aquitaine. Le gros problème réside actuellement dans une maladie, « le chancre rouge », qui attaque et détruit les platanes qui longent le canal. Une politique d’abattage et de replantation a été entreprise mais, signe d’espoir, il semblerait qu’un traitement soit en voie de finalisation. Le tourisme est très développé tout le long du canal, avec des lieux comme le Somail, à Saint-Nazaire-d’Aude, où les plaisanciers peuvent se restaurer et profiter du charme de cette halte qui est sans doute la plus belle de tout le parcours. On y trouve la fameuse librairie de livres anciens nommée « Le trouve-tout-du-livre » dont j’ai fait le cadre d’un chapitre de mon polar « Le Christ jaune ». Du Languedoc jusqu’en Aquitaine, à Béziers comme à Toulouse ou à Moissac, le canal du midi prend des allures variées, se pare d’atours changeants, multiplie les atmosphères, au gré des kilomètres comme au fil des heures de la journée. Il règne tout au long de ce canal une atmosphère à la fois reposante et cordiale. Cyclistes, marcheurs et plaisanciers s’y croisent en se saluant, en échangeant quelques mots dans un grand respect et une grande chaleur mutuelle. On peut aussi visiter les villages qui le jalonnent et qui recèlent souvent d’intéressantes curiosités : châteaux, églises, chapelles, caveaux viticoles, cafés originaux… Le canal abrite également une faune diversifiée dont les canards sont les représentants emblématiques, cabotins et gourmands. Enfin, les écluses dévoilent l’histoire et la géographie du canal en marquant les distances. Elles sont, elles aussi, des merveilles techniques minutieusement entretenues par les employés du service de la navigation. Une découverte à entreprendre absolument, soit à pied, soit à vélo, soit encore à bord de l’une de ces vedettes fluviales sans permis qui se louent à la journée ou à la semaine.

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6 octobre 2013 7 06 /10 /octobre /2013 10:43

portrait-robot-1-copie-2.jpg

L’intrigue de mon dernier polar, Portrait-robot, se déroule en grande partie à Draguignan. Les allées Azémar, du nom d’un ancien préfet du Var, en sont un lieu emblématique. C’est là que se tient le marché textile et c’est aussi là que se situe la brasserie des Allées dont la terrasse jouxte les étals des marchands et qui accueille les camelots et leurs clients le samedi et le mercredi matin pour quelques minutes de détente. C’est aussi là que viennent de temps à autre se désaltérer le capitaine Tragos et son équipe et c’est précisément là que se jouera en partie le dénouement de l’histoire. Voici une photo de la terrasse de la brasserie des Allées et un extrait d’un chapitre dont elle est le cadre.

 

« Draguignan, le 6 mai 2011,

    C’était jour de marché à Draguignan. Comme chaque mercredi, Bastien quitta la maison à l’aube, après avoir chargé la camionnette. D’ordinaire, il appréciait l’heure matinale qui le voyait prendre possession de sa concession, sur les Allées Azémar, devant le manège. Toujours au même endroit. Depuis des années. Le rituel ne variait pas. Une fois l’étal installé, il se posait quelques instants à la terrasse de La Brasserie des Allées pour déguster un espresso avec Louis, le confiseur. La marchandise était sous bonne garde, la solidarité jouait entre camelots. Marthe le rejoignait généralement vers huit heures, quand les allées commençaient à s’animer. Tout le monde avait ses habitudes. A peu de choses près, les mêmes. Une fois l’installation terminée, chacun venait, à tour de rôle, se donner un peu de force avant le rush de la clientèle. Ludo, le garçon de café, connaissait bien son monde : d’abord les camelots puis, à partir de huit heures, leurs clients. Les camelots, Ludo les connaissait tous. Par leur prénom. Dix ans qu’il officiait les jours de marché. C’est lui qui ouvrait le café avec le patron. Pas la peine de commander. «  Quatre espressos, comme d’hab ? Et vite fait, je suppose !». Il avait apporté, en même temps que les consommations, l’édition du jour de Var-Matin. Le journal, c’était sacré ! On le feuilletait et, si rien n’attirait vraiment l’attention, on le passait à la table voisine. D’ordinaire, c’était l’occasion de commenter l’actualité, d’échanger les derniers potins de la sous-préfecture mais, depuis quelques semaines, les conversations ne tournaient plus qu’autour d’un seul sujet : la série de meurtres qui avait frappé la ville et ses environs. Après avoir servi la table voisine, Ludo était revenu.

    - Vous avez vu ? Il a remis ça. 

    Bastien avait sursauté.

    - Qui ça ? 

    - Le tueur, pardi ! répliqua le garçon de café pour qui la réponse ne faisait pas l’ombre d’un doute. »

Portrait-robot, de Jean-Michel Lecocq, Editions L’Harmattan, mars 2013, 304 pages.

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9 septembre 2013 1 09 /09 /septembre /2013 13:35

Je viens de suivre un reportage qui évoquait le regain d'intérêt des touristes pour le Vieux Lyon, un endroit qui m'a toujours inspiré un profond attachement. Le quartier Saint-Jean, coeur de la vieille cité, est un véritable trésor historique et architectural. Il date du XVe siècle, c'est-à-dire de l'époque de la Renaissance italienne et a connu son apogée au XVIe siècle avec le développement de l'industrie de la soie et l'installation de riches familles italiennes d'industriels et de banquiers qui ont contribué à la prospérité de la capitale des Gaules. Je les évoque dans mon premier roman, Le secret des Toscans. L'un des chapitres évoque le rôle déterminant que ces familles jouaient dans la ville et les préparatifs de leur exode vers Sedan, en raison des persécutions qu'elles commençaient à subir au regard de leurs convictions religieuses. Menacées en raison de leur engagement protestant, les familles Burlamacchi, Deodatti et consorts ont fui vers le refuge protestant qu'était en 1572 la principauté de Sedan. Un chapitre du Secret des Toscans en montre les chefs réunis dans un palais du quartier Saint-Jean pour décider de la marche à suivre. C'est à partir de cette période que l'industrie de la soie à Lyon a entamé son déclin.

Pour plus d'informations http://www.vieux-lyon.com/index.htm

Le secret des Toscans est un polar semi-historique dont l'intrigue se partage entre le XVIe et le XXIe siècles. Deux enquêtes menées à quatre siècles de distance n'ont en principe rien à voir entre elles. Et pourtant... http://www.mafabriquedepolars.com/article-le-secret-des-toscans-99184042.html108 0025

 

Le secret des Toscans, de Jean-Michel LECOCQ, éditions L'Harmattan, mai 2009.

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13 août 2013 2 13 /08 /août /2013 09:29

Les premiers chapitres ardennais de « Portrait-robot » se situent de l’autre côté de la frontière, en Belgique, et plus précisément à Bouillon. J’ai toujours aimé cette petite ville touristique nichée dans un méandre de la Semois où, l’été, grouille une foule composée principalement de Flamands, de Néerlandais et de Français frontaliers qui viennent trouver là une forme de dépaysement, une atmosphère de vacances permanentes. Ce n’est pas à tort que l’on surnomme cette région, tantôt la Côte d’Azur belge, tantôt la petite Suisse belge. Ce petit coin d’Ardenne présente des airs de pays de Cocagne. L’été, lorsque le soleil sourit, on a l’impression d’une ville en fête. Tout autour de Bouillon, prospère une nature exubérante, propice aux randonnées sauvages, à pied, à bicyclette ou à cheval. Nichée au fond de la vallée, à quelques kilomètres du cœur de la cité ducale, l’abbaye de Cordemoy s’offre aux promeneurs comme un havre de paix et de fraîcheur. Partout des sentiers ombragés courent dans le sous-bois ou le long de la rivière pour le plus grand bonheur des amateurs de promenades. Au sommet d'un promontoire qui surplombe la ville, le château-fort érigé par Godefroy de Bouillon domine et protège la cité ducale dont le sort fut très longtemps lié à celui de la principauté toute proche de Sedan. C’est là que j’ai voulu situer les premiers chapitres de mon polar dans lesquels Juliette Laffont, évadée de l’hôpital psychiatrique de Charleville-Mézières, vient se cacher et reçoit l’aide d’un jeune employé d’un hypermarché local. C’est dans un hangar à tabac qu’elle trouve asile, une de ces constructions en bois, à claire-voie, comme on trouve encore quelques-unes, très délabrées, le long des berges de la Semois. On y faisait sécher les feuilles de tabac avant qu’elles soient utilisées dans de petites fabriques pour être transformées en cigares ou en cigarettes. Ce fameux tabac belge qui, autrefois, fit, avec le chocolat et le café, la renommée et la prospérité de cette région. Enfants, nous allions en chercher à bicyclette, en nous cachant pour échapper aux contrôles des douaniers. C’était de la contrebande, activité traditionnelle de cette région frontalière jusqu’au jour où la tradition fut mise à mal par la disparition des frontières. Voilà, en quelques mots, comment un coup de cœur de toujours devient décor d’un roman. Une sorte d’hommage, en quelque sorte.

bouillon.jpg

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6 avril 2013 6 06 /04 /avril /2013 13:53

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Mon premier roman, « Le secret des Toscans », avait pour cadre principal la ville de SEDAN à la fin du XVIe siècle, à l’époque où celle-ci, enserrée à l’intérieur de ses murailles, à l’abri de son château-fort, était un refuge protestant. Sedan était alors une principauté où dominaient les Catholiques mais dont la famille princière ( La famille La Marck, ducs de Bouillon ) s’était convertie à la religion réformée. Entre 1572 et le début du XVIIe siècle, la ville a vu converger vers elle un afflux de réfugiés protestants fuyant les persécutions. Ils venaient essentiellement du quart Nord-est du royaume et de l’Ile de France, avec quelques exceptions issues d’autres régions de France. L’installation de ces réfugiés et leur intégration à la population locale catholique se sont faites en douceur grâce à une politique intelligente des princes et tout particulièrement de la régente Françoise de Bourbon à qui l’on doit la modernisation de la ville dans le dernier quart du XVIe siècle. La famille princière avait notamment édicté des ordonnances autorisant les émigrés à faire valoir leurs lettres de maîtrise dans la ville, fait exceptionnel à une époque où, partout ailleurs, selon une tradition bien établie, seuls les bourgeois de la ville détenaient ce privilège. Mes personnages d’origine lucquoise ( Déodatti et Burlamacchi ) ne sont pas imaginaires. Ils ont bel et bien existé. Leur présence était officiellement justifiée par les menaces que faisaient peser sur eux leur confession protestante et la politique d’exclusion conduite par la ville de Lyon où ils étaient jusque là implantés en qualité d’industriels et de banquiers. Compte-tenu de leur rôle et de leurs origines socio-professionnelles, on ne pourra m’empêcher de penser que leur venue n’a pas été uniquement provoquée par les persécutions religieuses et la nature de leur foi. Sedan, ville drapière, se trouvait sur la route de la soie qui conduisait de l’Italie aux Flandres ( Ports de la Hanse, tels Bruges et Anvers ). L’industrie de la soie étant en crise, ces hommes d’affaires avisés ont retrouvé dans le textile sedanais une occasion de réinvestir leur fortune et de relancer leur commerce en maintenant leur prospérité. En investissant dans les petites manufactures de la principauté, ils ont également contribué à leur développement et à la prospérité de Sedan. Il en est allé ainsi d’autres métiers. Il suffit d’ailleurs d’examiner avec attention la profession des émigrés qui s’installent à Sedan à partir de la Saint-Barthélemy ( Actes du Consistoire protestant de Sedan de 1572 à 1608 ) pour comprendre que leur venue dans la cité sedanaise n’est pas due au hasard mais à une politique intelligente de la part de la régente, politique qu’on qualifierait aujourd’hui d’immigration sélective. Aux arrivées massives d’artisans du bâtiment et d’autres corporations correspondent les travaux d’urbanisme entrepris par Françoise de Bourbon et l’essor de certaines fabrications.

La ville, enserrée entre ses murailles, ne peut se développer sur le plan spatial. On surélève donc les immeubles et on continue à bâtir sur le parcellaire existant, ce qui explique que, jusqu’aux travaux d’urbanisation haussmannienne du XIXe siècle, la ville a conservé la configuration que l’on retrouve sur le plan-relief ci-joint. On imagine les problèmes de promiscuité que cela a pu poser mais, malgré le fossé entre les confessions, il n’y a jamais eu de problème majeur entre les communautés, sinon quelques heurts au quotidien sans grandes conséquences. L’organisation spatiale de la ville est celle que je décris dans le roman. Sur la seconde photo ( en bas ), on distingue nettement deux quartiers séparés par la place d’Armes. A droite, le Sedan originel, celui de la fin du Moyen-âge, à vocation agricole, à gauche le quartier du Villers, datant du XVIe siècle, plus résidentiel. Au fond, on aperçoit le château-fort et ses bastions, forteresse médiévale la plus étendue d’Europe. On remarque aussi, à la gauche du château-fort, le palais moderne appelé Palais des Princes, construit vers 1610 pour abriter la famille princière en raison des conditions de vie spartiate du château primitif. Sur la première photo ( en haut ), au premier plan, on remarque les prairies de Torcy et le pont qui servait de frontière en reliant Sedan ( hors de France ) à Torcy ( au premier plan ), première ville du royaume de France. En cas de risque d’attaque, les prairies pouvaient être noyées par les eaux de la Meuse grâce à un système de vannes.

Mon héros, Jean de Minville, personnage de fiction, a séjourné dans cette ville, y a conduit son enquête. Il y a croisé des personnages bien réels, eux, dont l’existence est attestée dans les archives de Sedan, comme le Conseiller L’Alouette par exemple ou encore le céramiste Bernard Palissy dont l’atelier se trouvait hors des murailles, dans le faubourg qu’on appelait Du ménil et, bien sûr, la régente Françoise de Bourbon. Cette famille, pourtant protestante, était très proche de la famille royale. Le 23 août 1572, alors qu’ils se trouvaient au Louvre pour le mariage de Henri de Navarre avec la future reine Margot, Catherine de Médicis leur a permis d’échapper aux massacres en les aidant à fuir par la Seine. Cet évènement est mentionné dans mon roman 24. L’ambigüité des relations entre la famille de Bouillon et la famille royale est aussi l’un des ressorts de l’intrigue du Secret des Toscans.

 Greffer sur des lieux et des personnages réels des évènements et des personnages de fiction et réussir à faire prendre cette greffe, tel est l’un des objectifs de mon entreprise d’écriture lorsque je m’attaque à un roman historique. Ce fut aussi le cas pour 24.

Aujourd’hui, les murailles n’existent plus ( Elles ont été démantelées à la fin du XIXe siècle ) et les bastions dont on devine aujourd’hui encore la trace sont recouverts de pavillons et d’immeubles modernes. Mais la vieille ville a gardé sa configuration et son caractère historique au travers de son riche patrimoine architectural. Le plan-relief ci-joint est exposé dans une salle du château-fort, devenu un musée aussi intéressant à découvrir que les fortifications qui datent de 1430 pour les plus anciennes.

La maquette, représentant Sedan vers 1840, est l’œuvre de Jean-Jacques DROMBY.

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9 novembre 2012 5 09 /11 /novembre /2012 07:57
Dans mon cinquième polar, "Rejoins la meute", à paraître sans doute fin 2013, j'évoque un magasin imaginaire situé à Florac et que j'ai baptisé le Palais des confitures. Récemment, je suis passé à Aigues-Mortes où j'ai découvert un magasin ...
qui aurait pu lui servir de modèle si, au lieu de confitures, il n'avait proposé à ses clients une variété époustouflante de confiseries en tous genres. Je vous livre le texte et la photo. Comparez vous-mêmes.

...il venait d’apercevoir, là, juste devant lui, à vingt mètres à peine, la vitrine la plus extraordinaire qu’il eût jamais vue : celle du magasin de feu Armand Dutilleul, la Mecque des confitures. Comment, à si peu de distance, la grossièreté et la bêtise pouvaient-elle voisiner avec tant de beauté et de délicatesse ?
L’intérieur du magasin était beaucoup plus vaste que ne le laissait présager la taille de la façade. Tout en longueur, le magasin renfermait un stock impressionnant de pots, soigneusement disposés sur des étagères et minutieusement classés par fruits, par années et par origines, le tout sous des voûtes centenaires. Des pêches du Roussillon aux mirabelles de Lorraine, en passant par les fraises de Bretagne ou les cerises d’Alsace, tous les fruits des vergers français étaient réunis là, sous la forme de confitures et de gelées prêtes à satisfaire les palais les plus divers et les plus subtils. Trois jeunes filles, en robe blanche sur laquelle était passé un tablier orangé aux armes de la maison Dutilleul, allaient et venaient, souriantes, pour guider dans leurs choix les nombreux clients qui occupaient la boutique. Une quatrième se tenait sagement derrière un comptoir, sur lequel étaient disposés de minuscules pots de dégustation qu’elle ouvrait à la demande, selon le goût des clients à qui elle tendait, autant que de besoin, de petites cuillers de plastique dont la couleur était assortie à celle de son tablier. Le centre du mur situé derrière le comptoir était occupé par une immense affiche reproduisant la couverture du Traité des confitures de Michel de Notre-Dame. Théo se rassasiait de l’ineffable beauté de cet endroit dont, jusqu’alors, il n’avait trouvé l’équivalent qu’en Angleterre, à Lincoln, dans une vieille boutique de bonbons et de friandises en tous genres.
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Photo : Dans mon cinquième polar, "Rejoins la meute", à paraître sans doute fin 2013, j'évoque un magasin imaginaire situé à Florac et que j'ai baptisé le Palais des confitures. Récemment, je suis passé à Aigues-Mortes où j'ai découvert un magasin qui aurait pu lui servir de modèle si, au lieu de confitures, il n'avait proposé à ses clients une variété époustouflante de confiseries en tous genres. Je vous livre le texte et la photo. Comparez vous-mêmes. ...il venait d’apercevoir, là, juste devant lui, à vingt mètres à peine, la vitrine la plus extraordinaire qu’il eût jamais vue : celle du magasin de feu Armand Dutilleul, la Mecque des confitures. Comment, à si peu de distance, la grossièreté et la bêtise pouvaient-elle voisiner avec tant de beauté et de délicatesse ? L’intérieur du magasin était beaucoup plus vaste que ne le laissait présager la taille de la façade. Tout en longueur, le magasin renfermait un stock impressionnant de pots, soigneusement disposés sur des étagères et minutieusement classés par fruits, par années et par origine, le tout sous des voûtes centenaires. Des pêches du Roussillon aux mirabelles de Lorraine, en passant par les fraises de Bretagne ou les cerises d’Alsace, tous les fruits des vergers français étaient réunis là, sous la forme de confitures et de gelées prêtes à satisfaire les palais les plus divers et les plus subtils. Trois jeunes filles, en robe blanche sur laquelle était passé un tablier orangé aux armes de la maison Dutilleul, allaient et venaient, souriantes, pour guider dans leurs choix les nombreux clients qui occupaient la boutique. Une quatrième se tenait sagement derrière un comptoir, sur lequel étaient disposés de minuscules pots de dégustation qu’elle ouvrait à la demande, selon le goût des clients à qui elle tendait, autant que de besoin, de petites cuillers de plastique dont la couleur était assortie à celle de son tablier. Le centre du mur situé derrière le comptoir était occupé par une immense affiche reproduisant la couverture du Traité des confitures de Michel de Notre-Dame. Théo se rassasiait de l’ineffable beauté de cet endroit dont, jusqu’alors, il n’avait trouvé l’équivalent qu’en Angleterre, à Lincoln, dans une vieille boutique de bonbons et de friandises en tous genres.
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3 novembre 2012 6 03 /11 /novembre /2012 19:58

J'avais publié sur ma page facebook ou sur mon blog ( ou sur les deux ) un article consacré à un lieu magique dont j'avais fait le décor d'un chapitre de mon deuxième roman, "Le Christ jaune". Il s'agit de la librairie "Le trouve-tout-du-livre", située au Somail, au bord du Canal du Midi. C'est une librairie extraordinaire qui vend des livres anciens et qui possède un fonds de plusieurs milliers de volumes, quelquefois introuvables ailleurs. Il se trouve que, pas plus tard qu'hier, j'y ai fait à nouveau un tour. Je n'ai pas résisté à l'envie d'en publier une photo. Si vous avez l'occasion de passer près du Canal du Midi, entre Narbonne et Béziers, n'hésitez pas à visiter cet endroit étonnant qui vous subjuguera.108_0487-copie-1.JPG

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31 octobre 2012 3 31 /10 /octobre /2012 17:50

Aujourd’hui, c’est un anniversaire. Celui de notre visite à Orta, petite cité lombarde nichée au cœur de la montagne, sur les rives du lac du même nom, à quelques kilomètres du Lac Majeur. Il y a quatre ans, jour pour jour, nous arrivions dans cet endroit étonnant, à la tombée de la nuit. Il tombait des hallebardes, comme aujourd’hui et les rues étaient désertes. Nous pénétrâmes dans le village par la nef de l’église, ouverte à tous les vents, sombre et inquiétante, et nous débouchâmes sur une longue perspective, à peine éclairée, qui descendait en pente douce vers le lac. D’immenses bâtisses, semblables à des palais, la longeaient, dissimulant dans la pénombre le décor somptueux de leurs façades baroques. Seule quelques fenêtres allumées donnaient à cette cité un semblant de vie, comme une veille discrète sur un décor de théâtre de la comedia Dell’arte abandonné la nuit venue par les acteurs et par le public. Je fus tellement frappé par cet endroit que je décidai d’en faire le cadre d’un chapitre de mon roman en cours d’écriture, le premier, à savoir Le secret des Toscans. Le temps de digérer cette rencontre fulgurante et j’en ai fait le décor lugubre où le policier québécois Lafontaine vient en catimini fouiller la résidence secondaire de Maupas, le directeur d’un laboratoire qu’il suspecte d’activités illicites. J’ai pris un énorme plaisir à rédiger ce chapitre, à distiller l’angoisse qui monte crescendo jusqu’à la fin du chapitre où Lafontaine fait une terrible découverte. « Frissons garantis et on s’y serait vraiment cru », m’a confié un jour une lectrice qui connaissait l’endroit. 

Tout récemment, j’ai eu l’occasion de visiter Rians, un village du Haut-Var, dans le Parc naturel régional du Verdon. J’ai été frappé par le décor de ses petites rues tortueuses le long desquelles s’alignaient des façades aux courbes médiévales et aux décorations pittoresques. Dans ce village semblable aux cités de Haute-Provence si chères à Magnan, j’aurais pu imaginer le commissaire Laviolette déambulant dans les rues en pentes, en faisant se dandiner sa lourde silhouette. Qui sait ? Je ferai peut-être un jour de ce village ou de son équivalent le décor de l’un de mes prochains polars. Certains lieux ont une telle puissance d’inspiration qu’ils vous donnent à voir la scène qui peut s’y dérouler. Dès lors, il n’y a plus qu’à transcrire. J’ai déjà consacré un article à d’autres lieux magiques qui m’ont inspiré : le théâtre d’Ermoupoli sur l’île de Syros ou encore l’île de Mull, au nord de l’Ecosse. Dans Rejoins la meute  qui paraîtra sans doute fin 2013, je fais la part belle aux Cévennes, région majestueuse qui recèle tant de mystères. Là encore, c’est la découverte de cette magnifique région qui m’a inspiré le sujet du roman.

J’ai voulu illustrer mon propos par une photo de Bo’Ness, ville écossaise chère à mon cœur où je situe quelques-uns des premiers chapitres du Christ jaune, mon deuxième polar.

BONESS-1.JPG

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