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26 avril 2016 2 26 /04 /avril /2016 09:30
Gros coup de coeur : Sacré temps de chien, de James Holin...

~~ Voilà un polar comme je les aime. Rondement mené mais dans une ambiance soignée, avec des personnages crédibles bien ancrés dans une réalité locale, celle de la baie de Somme, cette région de pêche, univers autour duquel tourne l’intrigue. Les corps de deux plongeurs sont remontés dans les filets d’un chalutier. Il n’en font pas plus pour mettre en branle la journaliste Mireille Panckouke, ancienne grande reporter que sa maladie a contrainte à se replier dans sa région d’origine pour travailler au sein de la rédaction d’un journal local. C’est également le moment où sort de prison Albert, un jeune homme originaire de la région qui a des comptes à régler avant de partir se refaire une santé sous les tropiques. James Holin a su créer dans ce polar une atmosphère attachante et restituer avec bonheur l’atmosphère si particulière de cette région maritime, un peu à l’image de Domingo Villar avec la Galice dans La plage des noyés. Peinture d'une région rude où la pêche est en perte de vitesse et où les conflits locaux côtoient les magouilles, portraits de caractères bien trempés et évocation réussie d’un petit coin de France bien attachant, voilà les ingrédients de cet excellent polar, savamment cuisinés au fil d'une intrigue qui ménage jusqu’au bout un suspense habilement géré. Sans oublier non plus une écriture bien maîtrisée. Je viens de découvrir avec grand plaisir la littérature policière de James Holin et je crois que j’y reviendrai dès que possible. A découvrir absolument.

Sacré temps de chien, de James Holin, Editions Ravet-Anceau, juillet 2015, 235 pages, 11 € 00.

NB : Ravet-Anceau est une maison d'édition du Nord qui publie une excellente collection intitulée "Polars en Nord".

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25 avril 2016 1 25 /04 /avril /2016 08:56
Coup de coeur : Le mystère du magicien disparu, de Ian Sansom...

~~Il ne s’agit pas à proprement parler d’un polar même si le titre peut le laisser supposer et si le personnage principal se livre à une sorte d’enquête. Non, ce roman tire davantage son charme des personnages et de l’ambiance qu’il propose, de l’humour totalement british qu’il véhicule et de la réflexion que mène pour l’auteur le personnage principal qui promène un regard désabusé et critique sur la société nord-irlandaise, sur la vie en général et plus particulièrement sur le livre, sur sa place et son statut. Car notre homme gère le bibliobus local. Cet opus s'inscrit d'ailleurs dans une collection intitulée "Les enquêtes en bibliobus d'Israël Armstrong". On s’attache à ce personnage un peu décalé et fragile mêlé indirectement à la disparition d’un patron de magasin, mi-commerçant, mi-magicien, et qui part à la recherche de ce dernier, promenant, au fil de son enquête une réflexion douce-amère sur ce qui l’entoure. Il finira bien sûr par retrouver le fameux commerçant-magicien à l’occasion d’un dénouement aussi décalé que l’histoire que nous conte avec talent Ian Sansom. Un roman qui plaira à celles et ceux qui aiment la littérature british un peu décalée.

Le mystère du magicien disparu, de Ian Sansom, Hoëbeke éditeur, Coll. Les enquêtes en bibliobus d’Israël Armstrong, avril 2016, 264 pages, 18 € 50.

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21 avril 2016 4 21 /04 /avril /2016 10:16
Gros coup de coeur : Salamandre , de Daniel Hernandez...
Gros coup de coeur : Salamandre , de Daniel Hernandez...

~~Si vous ne connaissiez pas Daniel Hernandez, précipitez-vous sur « Salamandre », vous ne le regretterez pas. Ce Catalan amoureux de son pays et du rugby entre en mêlée, raffûte ou déborde sur les ailes. Il sait plaquer à l’occasion. En un mot, il a le goût et le sens du jeu et de l’action comme ses personnages et notamment son commissaire fétiche, Jepe Llense. Une enquête mouvementée et passionnante dans le milieu des spécialistes des amphibiens, de la Catalogne au Pérou en passant par Minerve et Paris. La salamandre vaut de l’or et de grosses pointures la convoitent. Axel Trapero, un jeune spécialiste de cet amphibien, travaille pour une multinationale dont le moins qu’on puisse dire est qu’elle recouvre une nébuleuse derrière laquelle il va devoir, avec l’aide du commissaire Llense et de son oncle José, essayer de débusquer une vérité nécessairement dangereuse. Des personnages auxquels vous vous attacherez au fil de ces 262 pages d’aventures, de rebondissements et de suspense. Une nouvelle belle découverte des éditions Wartberg, un polar que j’ai dévoré et que je vous recommande chaudement.

Salamandre, sous-titre « La mutante de Minerve », de Daniel Hernandez, éditions Wartberg, coll. Zones noires, avril 2016, 262 pages, 12 € 90.

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17 avril 2016 7 17 /04 /avril /2016 14:24
Coup de coeur : Sur parole, de Olivia Dupuy...

~~« Sur parole » pourrait être un de ces polars paisibles progressant au rythme du pas tranquille d’un commissaire qui prend le temps de se poser dans sa nouvelle affectation, La Rochelle, et d’y affronter sa première enquête. Sauf que rien, dans cette enquête, n’est fait pour le prédisposer à la tranquillité. Ni les cadavres qui s’accumulent au fil des mois sur l’île de Ré, ni le caractère ritualisé de ces meurtres qui ont tout de l’œuvre d’un tueur en série. Et puis, il y a la pression de sa hiérarchie, ses craintes de voir ressurgir derrière ces meurtres quelque chose de son passé et, enfin, le fait d’avoir connu au moins une des victimes de son vivant. Pour autant, le lecteur a le temps de faire un bout de chemin agréable en compagnie du commissaire Meyer et de son adjoint, le lieutenant Privat, de découvrir une personnalité riche et attachante et de l’accompagner dans les méandres d’une enquête palpitante truffée de fausses pistes et de rebondissements. C’est donc à la lecture d’un polar très sympa et captivant que nous invite Olivia Dupuy en même temps qu’à une balade sympa dans l’un des plus beau coin de France : l’île de Ré. Voilà un commissaire appelé à devenir un personnage récurrent et que l’on attend avec impatience dans de futures enquêtes. A découvrir sans tarder.

« Sur parole », sous-titre : « Fausses notes en Ré », de Olivia Dupuy, Editions Wartberg, coll. Zones noires, avril 2016, 201 pages, 12 € 90.

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10 avril 2016 7 10 /04 /avril /2016 17:06
Gros coup de coeur : Plateau, de Franck Bouysse...

~~C’est à n’en pas douter un roman noir, de ceux qui vous plongent au cœur d’un univers qui pourrait paraître irréel et qui, pourtant, est proche de chez nous, au plus profond de la campagne française, dans ces contrées oubliées du temps que sont les déserts ruraux. Franck Bouysse a choisi l’Auvergne pour nous livrer une histoire noire à souhait qui, par certains côtés, rappelle « Rural noir », de Benoît Minville. Un univers de taiseux qui semble s’être replié sur lui-même et où la violence des sentiments et des rapports humains n’a d’égale que la profondeur des secrets enfouis au plus profond des mémoires, secrets qui servent de terreau aux drames du présent. Dans une langue poétique et puissante, Franck Bouisse nous décrit un univers qui se referme sur quelques personnages en quête, pour les uns, de rédemption ou de délivrance et, pour les autres, d’une autre vie. Les destins de Virgile, Judith, Georges, Karl et Cory vont se croiser, faire un bout de chemin ensemble pour finalement se télescoper dans le creuset d’un récit magistralement orchestré et narré par un Franck Bouysse talentueux, au style étincelant. Un roman voué à connaître un beau succès et à découvrir d’urgence.

Plateau, de Franck Bouysse, La manufacture de livres, janvier 2016, 301 pages, 18 € 90.

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2 avril 2016 6 02 /04 /avril /2016 13:14
Coup de coeur : Brutal beach, de Vincent Quivy...

~~J’avais déjà été enthousiasmé par de précédents polars découverts dans la collection « Zones noires » des éditions Wartberg. « Brutal beach » ne faillit pas à la tradition de cette excellente collection où se côtoient des ambiances et des styles différents mais qui ont en commun d’accrocher le lecteur en l’embarquant dans des histoires passionnantes vécues par des personnages originaux et attachants. Avec « Brutal beach », Vincent Quivy nous transporte dans la région de Toulon où Bix, un trentenaire, ancien surfeur et pianiste de talent, revient sur les traces de son passé. Celui-ci prend l’aspect d’un cadavre découvert par hasard dans une rue du vieux Toulon. Apparemment, il s’agirait d’une exécution. Curieusement, c’est à lui que la police fait appel pour apporter son concours à l’enquête. En effet, les parents de Bix ont vécu en Algérie au moment de la guerre d’indépendance et le père de sa petite amie a été impliqué dans des affaires liées à l’OAS. Quoi de plus normal que Bix se soit intéressé à cette armée de l’ombre, qu’il ait publié un livre traitant de ce sujet et que la police reconnaisse en lui un expert. Dans un tourbillon de sentiments contradictoires et parfois douloureux dont l’origine remonte à un passé lointain, Bix qui pressent que ce meurtre est lié à son histoire et à celle de ses proches va chercher à faire la lumière sur certains aspects du passé de sa famille. Davantage qu’un polar, « Brutal Beach » est un roman noir dans lequel on trouve un véritable talent de conteur, un style très personnel qui vous entraîne comme un maelstrom, un bon suspense et une ambiance qui, peut-être en raison de son passé de pianiste, rappelle par certains côtés l’ambiance des Harmoniques de Marcus Malte. A découvrir.

Brutal Beach, de Vincent Quivy, Editions Wartberg, Coll. Zones noires, avril 2016, 215 pages, 12 € 90.

http://www.editions-wartberg.com/programme/polars-zones-noires.html

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30 mars 2016 3 30 /03 /mars /2016 13:31
Gros coup de coeur : Austerlitz 10.5, de Anne-Laure Béatrix et François-Xavier Dillard...

~~Une nouvelle crue de la Seine nettement plus importante que la célèbre crue de 1910 a dévasté la capitale, obligeant les autorités et les principaux services à émigrer à la périphérie de la capitale. Paris est livré au chaos. Le niveau de l’eau a atteint le niveau record de 10.5 m sous le pont d’Austerlitz, ce qui justifie le titre de ce roman. Mais il aurait tout aussi bien pu s’intituler « Voir la Joconde et mourir ». En effet, au milieu de cette catastrophe, le musée du Louvre a été presque entièrement détruit et le tableau le plus célèbre du monde a disparu. Des meurtres surviennent, commis sur des personnalités mondialement connues, issues du show biz ou du sport. Le fils de l’une d’entre elles a disparu. Le commissaire François Mallarmé qui a perdu sa femme et son fils dans la catastrophe est chargé d’enquêter. Fondé sur une écriture à quatre mains, ce polar est une réussite à tous points de vue : un style agréable au service d’une intrigue habilement construite et des personnages crédibles malgré le caractère irréel de la fable. C’est aussi une peinture au vitriol de la caste politique et du monde journalistique dont les cabales minent la société et conduisent au chaos symbolisé par le naufrage de la capitale. C’est aussi une dénonciation de toutes les compromissions et les turpitudes qui font le lit du péril totalitariste. Mais c’est avant tout une excellente fiction policière qui m’a fait passer quelques heures de lecture très agréables. Un roman que je recommande vivement.

Austerlitz 10.5, de Anne-laure Béatrix et François-Xavier Dillard, Editions Belfond, mars 2016, 270 pages, 19 €.

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29 mars 2016 2 29 /03 /mars /2016 10:01
Coup de coeur : Rural noir, de Benoît Minville...

~~Ce « Rural noir » est un roman qui sort de l’ordinaire, je dirais même un roman original et atypique à bien des égards. Roman noir, assurément, qui reprend l’atmosphère et les codes du roman noir américain. Durant 245 pages, Benoît Minville fait de la campagne nivernaise un équivalent de l’Amérique profonde et nous donne l’impression qu’Autun est une petite ville du fin fond du Minnesota. Dans une cambrousse isolée de tout, une bande de jeunes se retrouve une dizaine d’années plus tard. Le temps de l’adolescence et de l’insouciance est loin derrière eux et chacun a évolué différemment. Les fléaux de la ville sont venus entre-temps se surajouter à la rudesse d’un monde rural en déliquescence. A l’occasion de ces retrouvailles, leur enfance va resurgir et les démons du passé les rattraper de façon dramatique. Dans un style volontairement proche de la langue parlée, avec des emprunts à la langue vernaculaire du pays, Benoît Minville entraîne le lecteur dans une histoire dont l’intensité dramatique va crescendo, au gré de deux récits alternant présent et passé qui se font écho et se nourrissent l’un de l’autre. Surpris au départ, j’ai « accroché » de plus en plus au fil de ma lecture pour, en fin de compte, me laisser séduire et happer par cette histoire dérangeante et émouvante, une histoire profondément humaine qui traite avec justesse de problèmes réels pour qui connaît la France provinciale et rurale d’aujourd’hui. A découvrir.

Rural noir, de Benoît Minville, Série noire chez Gallimard, février 2016, 245 pages, 18 €.

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21 mars 2016 1 21 /03 /mars /2016 13:06
Gros coup de coeur : Violence à l'origine, de Martin Michaud...

~~On a retrouvé dans un container la tête d’un haut responsable de la police de Montréal. En l’absence de son supérieur direct, le détective-enquêteur Victor Lessard est chargé de l’affaire. Il va très vite s’apercevoir que son équipe et lui-même se trouvent confrontés à un tueur extrêmement dangereux et pervers qui annonce chaque fois de nouveaux meurtres par des graffitis laissés sur les scènes de crime. C’est au travers de cette nouvelle enquête qu’il m’a été donné de retrouver Lessard et son équipe et tout particulièrement la truculente Jacinthe Taillon qu’on ne peut s’empêcher de comparer à la Violette Rétancourt de Fred Vargas. Dans une langue savoureuse qui multiplie les expressions québécoises imagées, Martin Michaud nous entraîne dans un récit sans temps morts, au rythme haletant, au fil d’un suspense intense et permanent comme à l’accoutumée. Avec « Violence à l’origine », Martin Michaud fait une fois de plus la preuve de son grand talent et nous propose quelques heures d’une lecture passionnante au cours de laquelle on ne s’ennuie pas un seul instant. Encore une belle réussite que je recommande chaudement.

Violence à l’origine, de Martin Michaud, Kennes éditions, 2016, 447 pages, 23 € 49.

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14 mars 2016 1 14 /03 /mars /2016 12:58
Un article qui me comble de plaisir...

Je ne boude pas mon plaisir quand je découvre sur le Net un tel article, qui plus est rédigé par quelqu'un qui a l'air de très bien s'y connaître et conduit une analyse pertinente de l'évolution du roman policier.

http://www.mymystere.co/blog/survivant-de-la-guerre-des-styles

Encore un grand merci à Jean-Eric Portelli.

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