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26 janvier 2017 4 26 /01 /janvier /2017 07:46

Qu’il est donc original, talentueux et jubilatoire ce roman de Frédéric Révérend ! Imaginez-vous dans une immense salle de musée dont les murs garnis de toiles impressionnistes évoquent ces années où les hommes portaient des lavallières et les femmes des crinolines, des toiles qui vous transportent à la Belle-époque au travers de scènes, de personnages et de lieux mythiques comme le Giverny de Claude Monet. Imaginez de surcroît que vous puissiez, au gré de votre fantaisie, entrer dans chacune de ces toiles pour les vivre de l’intérieur, y faire des rencontres étonnantes et, au fil de celles-ci, suivre pas à pas l’incroyable enquête que mène le jeune peintre Gilbert petit-Rivaud qui cherche à élucider le mystère d’un homme retrouvé décapité, dans l’Epte, à quelques pas de la résidence de Monet. Vous aurez ainsi une idée de la démarche de cet auteur créatif et imaginatif. Mais ce meurtre n’est-il pas qu’un prétexte ? A sa manière, Gilbert Petit-Rivaud suit le chemin d’Alice lorsque le lapin l’invite à la suivre dans son terrier. Car, assurément, il y a chez Frédéric Révérend quelque chose de Lewis Caroll. Ne rencontre-t-on pas, d’une certaine façon des personnages analogues dans ce conte drolatique, une sorte d’épopée onirique, une sorte de construction fantastique que, sur le plan du fond comme de la forme, n’auraient pas reniée les membres de l’Oulipo, avec, par moments, ses inventaires et ses trouvailles à la Pérec. En affirmant cela, je pense en particulier à ce fabuleux passage qui évoque la confrérie du palindrome. Extraordinaire exercice de style qui illustre l’immense talent de ce romancier qui sort des sentiers battus et invente un univers unique en marge de la littérature policière. Je me suis régalé du début jusqu’à la fin. Tenter de résumer l’histoire irait à l’encontre de sa richesse. Et, par-dessus le marché, même si l’éditeur l’annonce « Roman pas policier mais presque… », le suspense est présent et la fin inattendue. Enfermez-vous dans l’univers de Frédéric Révérend et vous aurez les plus grandes peines du monde à en sortir, pour votre plus grand plaisir… 226 pages de pur bonheur…

La drolatique histoire de Gilbert Petit-Rivaud, de Frédéric Révérend, Editions Lajouanie, octobre 2016, 226 pages, 18 €.

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23 janvier 2017 1 23 /01 /janvier /2017 05:19

En refermant cette nouvelle pépite des éditions Lajouanie, j’ai pensé au « pays oublié du temps » de Xavier-Marie Bonnot. Parce qu’en même temps qu’un excellent polar, « chasseurs d’esprits » est aussi un fabuleux roman d’aventure, un voyage fascinant en terre inconnue, aux confins de l’Orénoque et de l’Amazone, dans un écosystème dangereux au sein duquel une équipe de policiers espagnols va devoir se confronter à l’hostilité de la nature et à une tribu indigène réputée la plus agressive qui soit. Cette expédition a pour but de retrouver un homme enlevé en Europe à l’occasion du mariage de sa cousine. Mais, derrière le récit, ce roman est avant tout une mine de connaissances sur le fonctionnement du cerveau humain, sur les procédés et les produits qui agissent sur la mémoire et l’intelligence de l’Homme pour forcer les portes de son esprit et y débusquer la vérité. S’ajoute à cela une dimension linguistique, ethnologique, en un mot culturelle, passionnante. Une unité spéciale de la police espagnole se meut aux limites des neurosciences et de l’éthique dans une enquête bourrée de suspense et d’action, de Madrid jusqu’à la jungle vénézuélienne. De deux choses l’une : ou Isabelle Bourdial est une scientifique chevronnée qui met ses connaissances au service de son récit, ou bien elle est une remarquable illusionniste qui, au terme d’un travail de documentation colossal, a construit un édifice qui donne l’illusion parfaite de la science. Dans les deux cas, elle réussit ce pari extraordinaire de nous bluffer et d’atteindre ce qui est une donnée centrale du talent romanesque : la vraisemblance. Et cet arrière-plan scientifique ne nuit pas au récit, ne le ralentit pas mais, au contraire, le sert pour lui donner une crédibilité absolue. Ajoutez à cela une galerie de personnages étonnants et plus qu’attachants et vous aurez un aperçu encore en-dessous de la vérité du talent cette auteure. Alors, n’hésitez pas une seule seconde, embarquez pour un voyage fascinant dans ce roman policier mais aussi d’aventure qui justifie son sous-titre : « Roman policier mais pas que… ».

Chasseurs d’esprit, éditions Lajouanie, février 2016, 409 pages, 21 €.

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18 janvier 2017 3 18 /01 /janvier /2017 21:00

Une belle distribution, une intrigue bien ficelée et un récit sans temps morts, tels sont les forces principales de ce polar magistralement construit et écrit par un spécialiste du genre dont j’avais déjà pu apprécier le précédent roman, « Plusdeproblèmes.com ». Avec ce nouvel opus, Fabrice Pichon remet à l’honneur son personnage fétiche, le commissaire Marianne Bracq, et son équipe. Dans la région de Besançon, sévit un tueur en série qui mutile ses victimes tandis que Marianne Bracq, en disponibilité, mène sa propre enquête en Bretagne pour retrouver son frère. Au fil du récit, les deux enquêtes vont se rejoindre pour n’en former plus qu’une seule. A cette occasion Fabrice Pichon confirme son talent et sa capacité à entraîner le lecteur dans une intrigue captivante qui promène le lecteur de Concarneau à Besançon et d’une enquête à l’autre, selon un rythme soutenu, alimenté par de nombreux rebondissements. Le suspense court jusqu’aux toutes dernières pages. Une belle réussite que je vous invite à découvrir.

Retours amers, de Fabrice Pichon, éditions Lajouanie, janvier 2017, 416 pages, 21 €.

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17 janvier 2017 2 17 /01 /janvier /2017 10:32

Avec « Nymphéas noirs », je croyais avoir lu le meilleur de Michel Bussi. Eh bien non. Même si nous sommes dans un registre différent, à bien des égards, « Maman a tort » fait jeu égal. Tout tourne autour d’une histoire de braqueurs et autour de la mémoire d’un enfant de trois ans. Difficile d’en dire plus. Avec l’art de conteur qu’on lui connaît, Michel Bussi nous entraîne dans une histoire complexe et bluffante à souhait. Un roman dans lequel on est happé et dont on a du mal à sortir lorsque les contraintes de l’existence vous imposent de le refermer provisoirement. On s’attache avec plaisir aux pas de Marianne, la commandante de police, et de son équipe et on les quitte à regret. Même les braqueurs ont quelque chose de pathétique et je dirais presque d’attachant quand bien même ils se sont servi d’un enfant à des fins sordides. Sauf bien sûr Alexis, l’affreux Jojo de service. Quelque heures de plaisir que je conseille vivement.

Maman a tort, de Michel Bussi, Pocket, mai 2016, 543 pages.

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8 janvier 2017 7 08 /01 /janvier /2017 18:23

Ce polar est tout simplement prodigieux. Une nouvelle étoile est apparue dans le firmament du polar nordique. Cette équipe de flics norvégiens entraîne le lecteur dans une enquête complexe et passionnante. Les personnages ont de l’épaisseur, l’intrigue est bien menée, le suspense est maintenu jusqu’au bout et le dénouement parfaitement inattendu. Il n’y a rien à redire sur le style, ni sur la construction du récit. Un polar aux aspects de thriller dans lequel on se sent bien, qu’on n’a pas envie de quitter mais de savourer en prenant son temps. Au fil de l’histoire, on s’attache réellement aux personnages que j’aimerais retrouver dans une suite apparemment annoncée. A découvrir de toute urgence.

Je voyage seule, de Samuel Bjork, Pocket, octobre 2016, 567 pages, 8 € 50.

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2 janvier 2017 1 02 /01 /janvier /2017 09:09

Un extrait de mon dernier polar "Les bavardes" publié chez Wartberg. La maison qui apparaît sur la photo jointe est réellement celle qui a inspiré ce passage. Un bon point : la propriétaire a parfaitement reconnu sa maison à la lecture du roman :

 

Quelque chose comme de l’inquiétude commence à gagner Vergne. Il ordonne au voisin de ne pas bouger. Il fait tourner la poignée de la porte et pousse. Le battant s’écarte. La porte n’est pas fermée. Instinctivement, Vergne sort son arme du holster qu’il porte sous son blouson. Il achève de pousser complètement le battant de la porte et entame une prudente progression dans la maison. Il traverse d’abord une grande salle qui fait office de cuisine et de salle à manger. Une immense cheminée occupe le mur de droite Une odeur de graillon y règne et la pièce est dans un désordre indescriptible. Il avise deux portes. L’une d’elles, au fond de la salle, ouverte, donne apparemment sur une chambre. Il aperçoit le pied du lit et une chaise sur laquelle sont posés des vêtements. La seconde porte est entrouverte. Une rapide inspection de la chambre et de la salle de bain attenante ne donne rien. Vergne entreprend alors de pousser la seconde porte qui s’ouvre sur une autre salle, elle aussi immense, plongée dans une semi-obscurité car les volets sont fermés.

Ses yeux commencent à s’habituer à la pénombre. Il ne lui faut pas plus de quelques secondes avant d’apercevoir le vieux toubib. Charles Cuisenier gît à même le sol. Le sang qui a coulé de sa blessure et a imprégné la veste de son pyjama achève de sécher sur le tapis. La méchante plaie qu’il porte au niveau du cœur a cessé de saigner.

Vergne est abasourdi. Ce scénario n’était pas prévu. D’abord désorienté, il retrouve très vite ses réflexes de flic. Qui a bien pu assassiner le vieil homme ? Le désordre qui règne dans les pièces donne à penser que le meurtrier a fouillé la maison de fond en combles. Dans la chambre, les tiroirs de la commode sont retournés et leur contenu est répandu sur le sol. Dans la salle-à-manger, le buffet a subi un sort identique. La stupeur de Vergne se transforme en colère. C’est bien sa chance. Le légiste a été victime d’un crime crapuleux au pire moment. Un instant, l’idée lui traverse l’esprit que ce n’est peut-être pas un hasard. Que le meurtre n’est peut-être pas aussi crapuleux qu’il y paraît. On aurait pu tuer Cuisenier pour l’empêcher de parler. On aurait alors fouillé la maison pour trouver ce que lui, Vergne, était venu chercher. Mais, il se ravise. Improbable car, dans ce cas, pourquoi avoir fouillé les tiroirs du buffet de la cuisine. Ce n’est pas là que le vieux toubib aurait pu cacher… Quoi, d’ailleurs ? se demande Vergne. Non, l’idée est saugrenue. Qui pouvait être au courant ? Il ne peut s’agir que de l’acte d’un voleur pris de court. L’arme utilisée plaide aussi en faveur de cette hypothèse. Il est en présence d’un crime crapuleux et c’est le hasard qui a voulu que celui-ci survienne juste avant la venue de Vergne. Devant le corps sans vie de l’ancien légiste, il hésite à sourire de sa paranoïa. Tout cela est pathétique. Et, surtout, il a fait ce long déplacement pour rien.

Vergne ressort de la maison pour annoncer la nouvelle de la mort de Cuisenier au voisin qui attend, le regard angoissé. Il n’a pas l’air surpris.

- Je me doutais que quelque chose ne tournait pas rond. Je pensais simplement qu’il avait pu avoir un malaise. Il nous semblait plus fatigué que d’ordinaire ces derniers temps.

Visiblement, les voisins se préparaient à une mauvaise nouvelle un jour ou l’autre.

- Quatre-vingt onze ans, vous pensez, à cet âge-là, on peut s’attendre au pire ! Mais, comme ça, non, quand même pas. C’est effrayant ! Qui a bien pu faire ça ?

L’oraison funèbre du voisin. Un monument de sobriété et de détachement. A moins que ce ne soit la façon de réagir des gens de la campagne qui gardent leurs émotions cachées au plus profond d’eux-mêmes. N’empêche, il a de l’estomac, le bougre. Son voisin se fait assassiner et c’est à peine si ça le retourne davantage que si le vieux toubib était mort d’une crise cardiaque. On l’a juste poussé de l’autre côté un peu plus tôt. Voilà tout. L’espace d’une seconde, Vergne se surprend à imaginer que le voisin peut y être pour quelque chose. Et puis, non, il n’a pas la tête de l’emploi. Décidément, cet événement le perturbe. Il prend soudain conscience que le temps joue contre lui.

- Appelez la gendarmerie, lance-t-il au voisin qui s’élance aussitôt en direction de sa maison.

Vergne n’accepte pas l’idée d’avoir fait tout ce déplacement pour rien. Il compte bien mettre à profit le temps qui va s’écouler avant l’arrivée des pandores pour jeter un œil dans la maison de Cuisenier. Il se munit d’une paire de gants récupérée dans sa voiture et entreprend la fouille de la maison. Histoire de ne pas polluer outre mesure la scène de crime. Le désordre est tel qu’il ne risque rien à en rajouter un peu. Chaque minute compte et les gendarmes doivent déjà être en route. Dix minutes au plus pour venir de Saint-Céré s’ils ne sont pas déjà en patrouille dans le coin. Il ne sait même pas ce qu’il cherche. Il cherche, c’est tout. Au hasard. Il commence par le bureau qui se trouve dans la pièce où gît le corps. Le contenu des meubles est éparpillé sur le sol. L’ordinateur a disparu. Restent l’imprimante, un lecteur de disquette vide, le modem et les branchements qui pendent misérablement jusqu’au sol.

- Vous êtes là ? crie la voix du voisin à l’entrée.

- N’entrez surtout pas, hurle Vergne. On ne doit pas polluer la scène de crime !

Il ne manque pas d’air, Vergne. Il est en train de la piétiner allègrement. Mais il est flic et ça peut justifier qu’il ne respecte pas les règles, lui. Le voisin devrait pouvoir gober ça.

La fouille ne donne rien. Vergne sent le découragement le gagner. Il fait totalement fausse piste, c’est sûr. Il ne trouvera rien ici. C’est foutu. En désespoir de cause, sachant que chaque seconde qui passe, le rapproche de l’arrivée des gendarmes, Vergne, mu par un réflexe professionnel, promène sa main sous les meubles. C’est alors qu’il décèle, sous la bibliothèque, un objet plat qui semble collé au fond du meuble. Après être parvenu à la décoller de son support, il s’aperçoit qu’il s’agit d’une disquette 3.5 pouces qu’il croyait appartenir à la préhistoire de l’informatique. Sans réfléchir davantage, il la glisse dans la poche intérieure de son blouson. C’est idiot car ce peut être une pièce à conviction et elle appartient à la scène de crime. En aucun cas, il n’a le droit de la soustraire aux enquêteurs qui doivent se trouver à présent quelque part sur la route qui conduit au hameau. Tragos approuverait en disant qu’il faut se fier à ses intuitions, ne pas laisser filer une idée qui passe, la concrétiser, puis la laisser prendre corps et l’exploiter. C’est ce qu’il compte faire, Vergne, sans savoir ce que contient cette disquette. Mais il sait qu’elle doit avoir son importance pour que le vieux toubib l’ait cachée de la sorte. Le temps presse. Les pandores vont être là d’un instant à l’autre. Il jette un dernier regard au corps du vieux légiste dont le visage est baigné par un rai de lumière qui traverse les persiennes. Davantage que de la peur ou de la souffrance, on y lit l’expression de la surprise, voire de l’effarement comme si, au moment de mourir, Cuisenier n’avait pas voulu croire à ce qu’il voyait, comme s’il avait été confronté à l’incroyable. Puis, Vergne décroche et sort de la maison au moment où le fourgon de gendarmerie fait son apparition en haut du chemin.

- Vous leur expliquerez, lance-t-il au voisin éberlué, en même temps qu’il saute dans sa voiture et démarre en trombe.

 

LES BAVARDES, un polar méditerranéen...
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1 janvier 2017 7 01 /01 /janvier /2017 11:07

En entamant la lecture du roman de Valentin Musso, je me suis demandé si ce n’était pas une énième version de l’histoire de la tierce personne qui surgit au sein d’un couple, s’immisce dans la vie de famille et finit par créer la zizanie en exerçant une emprise sur l’un des deux membres de ce couple. Il est vrai que j’avais lu récemment « Dernier désir » de Olivier Bordaçarre qui traite du même thème. Eh bien non, mon a priori est vite tombé car, si, effectivement, le jeune homme recueilli sur le bord de la route finit par pénétrer la vie du couple que forment François et Mathilde, brusquement tout bascule de façon inattendue et ce rebondissement fait l’originalité et l’intérêt de cette histoire. A un moment donné, il y a quelque chose de Stephen King dans cette intrigue ( cf. Misery ). Jusqu’au bout, le suspense et l’angoisse sont présents et les personnages sont poussés dans leurs derniers retranchements. Partant d’une ambiance apparemment paisible que l’on sent pourtant sous-tendue par un drame latent, on bascule très vite dans la folie et les évènements s’enchaînent, dans une tension digne des meilleurs thrillers. Le style est toujours irréprochable. C’est le second roman de Valentin Musso que je lis et, une fois de plus, j’ai été subjugué par sa capacité à créer et à entretenir le suspense. Un thriller que je vous recommande sans hésiter…

Une vraie famille, de Valentin Musso, Collection Points, mai 2016, 427 pages, 7 € 90.

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27 décembre 2016 2 27 /12 /décembre /2016 16:12

 

J’avais bien aimé la catégorisation opérée par Laurent Greusard dans une rubrique sur K-Libre où il distinguait grosso modo deux types de polars : « … ceux où tout se bouscule, obnubilés par les coups d’éclat des forces qui s’opposent et ceux plus lents, plus méditatifs et plus poétiques où le policier baguenaude entre les crimes… ». Je rangerais volontiers « Il n’y a pas de passé simple » dans la seconde catégorie, celle que j’affectionne particulièrement. Pourtant, il y a de l’action et l’intrigue va bon train mais l’intérêt de ce roman réside aussi dans les rapports entre les personnages, dans la peinture des lieux et dans une réflexion bourrée d’humour sur de menus mais néanmoins importants aspects de l’existence. Le personnage central, Skander Corsaro, n’est pas un policier mais c’est lui qui mène la danse. Il est journaliste stagiaire dans un organe de presse du Sud-Ouest. Et François-Henri Soulié lui donne le temps de conduire une enquête passionnante, jalonnée de rebondissements et d’entretenir un suspense qui ne tombe que dans les dernières pages de ce polar captivant. C’est le premier roman de cet auteur et il n’est pas étonnant qu’il ait été couronné par le prix du premier roman du festival de Beaune. C’est une superbe découverte et un talent qu’il conviendra de suivre. A lire de toute urgence…

Il n’y a pas de passé simple, de François-Henri Soulié, éditions du Masque, mars 2016, 391 pages, 7 € 90.

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15 décembre 2016 4 15 /12 /décembre /2016 17:35

Avec « Le Music-hall des espions », Bruno Birolli nous entraîne dans la Chine du début des années trente, cette Chine de Tchang Kaï-Chek livrée à la guerre civile et confrontée à la menace japonaise. Une Chine en partie sous la tutelle des puissances occidentales qui y ont installé des concessions. Il nous entraîne plus précisément à Shanghaï, cette ville qui ressemble à un kaléidoscope et dans laquelle chaque territoire a sa loi, sa morale et sa propre police. Il y règne une atmosphère tendue alimentée par des menaces sourdes et multiples et par l’affrontement d’intérêts contraires. A Shanghaï, curieusement et paradoxalement, peuvent se côtoyer, voire se conjuguer chez les mêmes acteurs les manœuvres les plus machiavéliques et des comportements qui répondent à un étonnant code de l’honneur. René Desfossés promu au grade de sergent-chef a été envoyé là-bas par son oncle, sénateur, pour y seconder le commandant Fiorini qui règne sur les destinées de la concession française. Dans un style soigné, Bruno Birolli dresse une galerie de personnages puissamment dessinés, profondément humains, qui se trouvent confrontés à des choix complexes et parfois douloureux dans le contexte flou et mouvant d’une guerre larvée qui oblige l’âme humaine à se mettre à nu. Il sait maintenir une tension permanente qui rend ce récit prenant et passionnant. Cette histoire qui se situe entre polar et roman d’espionnage m’a littéralement happé au point que je ne suis pas loin de penser que ce livre est l’un des tout meilleurs parmi ceux que j’ai lus en 2016. A découvrir absolument.

Le music-hall des espions, de Bruno Birolli, éditions Tohu-Bohu, janvier 2017, 371 pages, 20 €

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5 décembre 2016 1 05 /12 /décembre /2016 18:35

Le premier mérite de Jean-Luc Bizien, et pas des moindres, est d’avoir réussi à me faire passer avec délectation  plus de cinq cents pages dans l’univers des cartels de la drogue car, a priori, ce genre de thriller n’était pas ma tasse de thé. Eh bien, le bougre a réussi à me passionner et à me faire regretter d’arriver si vite à la dernière page. C’est sans doute cela qu’on appelle le talent. De la violence, de la cruauté et du sang, certes il y en a à tous les chapitres, mais Jean-Luc Bizien parvient à les sublimer dans une intrigue captivante mettant en scène des personnages consistants, aux contours si fortement soulignés qu’on pourrait les croire sortis d’une bande dessinée. J’ai été captivé par leurs aventures hors normes mais j’ai été aussi touché par l’humanité qui se dégage de quelques-uns d’entre eux.  Inutile de dire que la qualité de l’écriture concourt à la réussite de ce roman. C’est ce que les Anglo-saxons appellent un « page turner ». C’est le premier opus de Jean-Luc Bizien que je lis et je vais me précipiter sur les autres. Je confirme les appréciations élogieuses portées par d’autres chroniqueurs qui ont établi un parallèle avec l’Américain Don Winslow. A découvrir et à savourer.

Crotales, de Jean-Luc Bizien, Toucan Noir, novembre 2016, 537 pages, 19 € 90.

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