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29 avril 2013 1 29 /04 /avril /2013 10:14

« Filles » est un roman noir qui narre une histoire profondément enfouie dans l’hiver nord-américain qui n’en finit pas, une histoire dont les personnages s’enfoncent inexorablement dans une épaisse couche de neige, sans cesse renouvelée, où s’enlisent leurs espoirs et leurs illusions. A l’image de Jack qui cohabite avec sa femme Fanny, tous deux ravagés par le chagrin depuis la mort de leur nourrisson dont ils ne parviennent pas à faire le deuil. Fanny est infirmière aux urgences de l’hôpital tandis que Jack, ancien marine, assure la surveillance du campus de l’université sur lequel il patrouille et, tel un saint-bernard, vient en aide aux naufragés de la neige, verbalise les contrevenants et cherche à protéger d’eux-mêmes les gosses de riches qui fréquentent les lieux où le viol et le trafic de stupéfiants sont une plaie vive. Dans cet univers sombre, clos et coupé de tout, des jeunes filles disparaissent. S’agit-il de l’œuvre d’un sérial-killer ou ces crimes sont-ils indépendants les uns des autres ? Un professeur demande à Jack de venir en aide à la famille Tanner dont la fille, Janice, âgée de quinze ans, a disparu. Tout en se débattant avec ses propres problèmes, tout en essayant de colmater les plaies de sa propre vie qui part en lambeaux, Jack va s’atteler corps et âme à la recherche de celui qu’il tient pour le responsable de ces disparitions et plus particulièrement de celle de la petite Janice Tanner. Une sorte de justicier, façon Tommy Lee Jones dans « Dans la brume électrique ». Parallèlement, les relations du couple avec Archie, le psychothérapeute, laissent entrevoir une autre réalité qui ne surgira qu’à la fin du roman. Le style est tourmenté comme l’est l’âme des résidents de ce campus qui se débattent dans leurs vies, qui affrontent leurs démons et tentent de leur échapper chacun à sa façon. Il y a certes des longueurs et la lecture est parfois difficile en raison d’un style qui applique à la langue les mêmes tourments que ceux infligés aux personnages. Je n’ai pas tiré de cette lecture un plaisir suffisamment fort pour en faire un coup de cœur. C’est une impression mitigée qui en ressort même si je suis parvenu à aller jusqu’au terme de l’histoire. C’est un polar américain pur jus comme je les aime modérément. A découvrir si l’on aime ce genre d’écriture.

Filles, de Frederick Busch, Folio policier, janvier 2013, 365 pages.

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28 avril 2013 7 28 /04 /avril /2013 21:40

Le 16 avril, Berbère TV a diffusé un numéro de l'émission littéraire Graffiti, animée par Youcef Zirem, qui m'était consacré. J'ai pu y évoquer mes polars et mon activité d'écriture en général. Cet entretien a été facilité par le professionnalisme de Youcef Zirem, journaliste et écrivain, qui menait l'interview. L'enregistrement de cette émission est à présent en ligne sur Youtube. Voici le lien  http://www.youtube.com/watch?v=JI3zHzQgYC0berbere-TV.png

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28 avril 2013 7 28 /04 /avril /2013 09:13

Voilà quelques semaines - si ce n'est quelques mois - j'avais annoncé que je m'attelais à l'écriture, soit d'une nouvelle, soit d'un roman, en prenant comme point de départ, ou comme prétexte, le tableau qui figure en photo de couverture de ma page personnelle et que je poste en illustration de cet article. "Les Bavardes", tel est le titre de cette toile que j'ai acquise voilà une vingtaine d'années à Villefranche-de-Conflent. Tel doit être aussi le titre du roman que je me propose d'écrire. Finalement, ce sera un roman. J'ai laissé l'idée décanter très longtemps, au point de me sentir " en panne d'écriture ". Alors que je commençais à m'inquiéter du temps qui s'écoulait sans pouvoir passer à la phase d'écriture, voilà que l'inspiration m'est venue hier. Le cheminement souterrain de l'intrigue a eu besoin de plusieurs semaines pour que les personnages prennent leur place, pour que les éléments de l'histoire se positionnent dans un ordre logique et pour que l'intrigue prenne un sens fini. Hier, j'ai pu enfin transcrire dans un tableau cartésien les éléments qui constituent la fable, c'est-à-dire le déroulement linéaire de l'histoire. C'est ce que les formalistes appellent "la fable" ( Cf. mon précédent article sur ce thème ). A présent, après avoir procédé à quelques ajustements, il va me falloir mettre en place la distribution de ces éléments tels qu'ils apparaîtront au fil du roman. Ce sera ce que les formalistes appellent "le sujet". Le travail d'écriture proprement dit pourra démarrer dans quelques jours. Il commencera par un tri des éléments évoqués ci-dessus, leur mise en ordre et un script, chapitre par chapitre. Le personnage principal, enfin mon enquêteur, sera le capitaine Tragos, devenu entre temps commandant. J'avais annoncé que j'en ferais un personnage récurrent. C'est fait. Ce nouveau polar aura pour cadre la ville de Sainte-Maxime. "Les Bavardes" sera mon septième roman. Eh,oui, vous avez bien lu : le 7ème. Le cinquième, "Rejoins la meute" est en cours de relecture, le sixième est rédigé et devrait être retravaillé et publié à la charnière de 2014 et de 2015. Il n'a pas encore trouvé son titre définitif. "Les Bavardes" risque(nt) de n'être publié(es) qu'au cours de l'hiver 2015-2016, si je respecte mon rythme de publication. A moins que je n'inverse l'ordre de parution des manuscrits. On verra en temps utile. Voilà pour l'actualité de mon activité d'écriture.

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20 avril 2013 6 20 /04 /avril /2013 08:17

Fred Vargas est aujourd'hui une des locomotives, sinon la locomotive, du polar français. Il n'est qu'à constater l'immense attente que suscite la sortie de son prochain polar dont on espère qu'il verra le jour en 2013. Aussitôt publiés, ses romans deviennent des best-sellers, en France comme à l'étranger. Et, pourtant, Fred Vargas aurait très bien pu rester dans l'anonymat, ne s'adresser qu'à un public confidentiel et, qui sait, publier à compte d'auteur. En effet, comme l'explique fort bien, l'article auquel renvoie le lien suivant http://www.lepoint.fr/actualites-societe/2002-01-04/en-attendant-fred-vargas/920/0/120774 , ses premiers manuscrits ont été refusés, jugés "de mauvaise qualité" ou "non conformes". De quoi réconforter ou alors alarmer ceux qui ne parviennent pas à se faire éditer ou dont les romans restent cantonnés dans un succès d'estime. Il a fallu qu'une petite maison d'édition, celle de Viviane Hamy, fasse un pari positif pour que le succès soit au rendez-vous. Le plus inquiétant réside dans l'idée qu'il y aurait une "conformité" du polar, une sorte de "calibrage" sans lequel les meilleurs manuscrits seraient impitoyablement refusés. Je pense avoir connu ce genre d'anathème avec des maisons d'éditions spécialisées que je ne citerai pas mais qui donnent dans le polar normé, celui qui est censé répondre aux canons d'une certaine pseudo-intelligenzia. Malgré son succès, il en est encore pour dénigrer les polars de cette immense auteure qui, effectivement, se situe en marge de la production actuelle. C'est ce qui fait son originalité et son intérêt. A mon sens, elle reste un repère à ne pas quitter des yeux afin de conserver au polar sa fraîcheur et sa richesse à l'opposé de la production standardisée qui semble s'imposer actuellement. Il y a cette atmosphère unique, ces personnages déjantés qu'on ne retrouve nulle part ailleurs sinon, chez un Partick Pécherot mais dans un autre style. Nul doute que le prochain Vargas ne me démentira pas.vargas

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18 avril 2013 4 18 /04 /avril /2013 16:52

Jean-Michel Lecocq, nouveau maître du polar

Publié le vendredi 22 mars 2013 à 10H24 - Vu 215 fois

Plusieurs commentaires ou articles de presse dont je reproduis ci-dessous deux exemples me réfèrent ( je n'ose pas dire me comparent ) à Fred Vargas. C'est un honneur que je ne pense pas mériter mais je ne boude pas mon plaisir. Il est vrai que je suis un inconditionnel de celle qui est à mes yeux la plus grande auteure de polars de l'Hexagone et que mon ambition consiste, comme elle, à créer dans mes romans une atmosphère. Je commence aussi à créer des personnages récurrents et des équipes d'enquêteurs comme c'est le cas dans "Portrait-robot" qui vient de sortir et comme ce sera également le cas dans "Rejoins la meute", à paraître l'hiver prochain. Retrouver des personnages familiers comme Adamsberg, Danglar, Estalère et Retancourt, ou encore la bande à Vandoosler est le premier des charmes que je trouve dans les romans de Fred Vargas. Pouvoir développer ce type de retrouvailles dans mes prochains polars est ma première ambition. Ensuite, je souhaite, comme le fait admirablement Fred Vargas, développer une littérature populaire, attachante, qui suit les fils d'un écheveau complexe que l'intrigue dévide doucement, pour le plus grand plaisir des lecteurs. A l'image des nombreux aficionados de Fred Vargas qui fréquentent quotidiennement mon blog, je suis impatient de découvrir son prochain opus.
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SEDAN (Ardennes). L'ancien inspecteur de l'Éducation nationale de Sedan dégaine son quatrième polar, un authentique thriller qui relie les Ardennes au Var.

 

 

 

"Une jeune fille s'évade d'un hôpital psychiatrique et au cours de sa cavale, sur les routes ardennaises, abat successivement cinq hommes avant de se suicider.
«Portrait-robot», le dernier polar de Jean-Michel Lecocq, démarre pédale au plancher et croise très vite deux séries de meurtres inexpliqués, l'une survenue en 1996 dans les Ardennes et la seconde, quinze ans après, à Draguignan en 2011.

Quel est le lien entre ces deux affaires ? L'enquête donne des maux de tête aux enquêteurs et des bouffées d'angoisse au lecteur confronté à un puzzle infernal.
Depuis son premier polar, Le secret des Toscans paru en 2009 chez l'Harmattan, jamais encore l'ancien inspecteur de l'Éducation nationale n'avait trempé sa plume dans une encre aussi noire. Car l'intrigue se noue autour du plus insoutenable : le viol impuni d'une enfant, abandonnée ensuite par ses parents.

« J'ai voulu écrire un vrai thriller explique l'auteur qui livre son quatrième opus en moins de cinq ans. Dans ma tête, j'avais l'histoire totalement imaginée d'une jeune fille qui part en stop et assassine les hommes qu'elle croise sur sa route. Pourquoi ? Quel était son mobile car il y en avait forcément un. J'ai tourné et retourné dans ma tête ce premier chapitre autour duquel j'ai finalement construit un synopsis. »
Pour les besoins de l'intrigue qui explore les arcanes de la maladie mentale, l'ancien fonctionnaire natif de Bogny-sur-Meuse, a relié deux régions qu'il connaît bien : ses Ardennes natales, cadre du Secret des Toscans qui se déroulait dans l'ancienne principauté de Sedan où il a exercé pendant une dizaine d'années, et le Var où il vit désormais.

L'école à la loupe

Si l'histoire ne manque ni d'action ni de rebondissements, l'inspecteur Lecocq ne cède pas à la frénésie de la plupart des polars américains. Plus proche d'Henning Mankell ou de Fred Vargas que d'un Michael Connelly, il prend le temps de brouiller les pistes, de ralentir la cadence grâce à une prose élégante et de passer en mode pause pour brosser quelques portraits plus vrais que nature. Ceux de gendarmes, de policiers, d'un psychiatre, mais aussi d'un inspecteur de l'Education nationale plutôt corsé, ce qui ne manque pas de sel au vu du parcours de l'auteur. « Un personnage trop caricatural pour être vrai » prévient Jean-Michel Lecocq qui a néanmoins voulu évoquer pour les besoins de son roman, cette administration « qui explore la vie des élèves et des familles mais n'aime pas trop que l'on vienne sur ses plates-bandes ! »
Au final, ce savant suspense ne se dénoue que dans les dernières lignes, à la faveur d'un rebondissement inattendu. Si l'Education nationale a perdu, pour cause de retraite méritée, l'une de ses « Iden », le polar français, lui, a trouvé un de ses nouveaux maîtres.

Ce passionné d'histoire et d'énigmes qui lève le voile sur son travail d'écrivain dans son blog (*) confie avoir déjà deux manuscrits d'avance sans compter quelques esquisses de romans plus anciens, momentanément oubliés au fond d'un tiroir. Portrait Robot pourrait même marquer le début d'une série, avec comme personnage récurrent, le capitaine Tragos.

* www.mafabriquedepolars.com
Jean-Michel Lecocq viendra dédicacer son nouveau polar à la librairie Lenoir de Sedan, vendredi 29 mars, de 16 heures à 19 heures, et samedi 30 mars, de 10 heures à 12 heures : Portrait-robot, chez L'Harmattan, 25 euros.

 

Dominique BERTHÉAS
 
 
 
 internautes sur 1 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 DE FRED VARGAS... à JEAN-MICHEL LECOCQ... 3 décembre 2012
Par Mosquito TOP 500 COMMENTATEURS
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C'est de nuit et dans le froid que Jacques Chélande, musicien de 70 ans, parcourt le long trajet qui devait le conduire à l'église des Cordeliers, dans ce Paris du XVIe siècle. Nous sommes le 24 février 1572 et, vous l'aurez deviné, le vieil homme n'honorera jamais ce rendez-vous... Son assassinat étrange et inexpliqué fait suite à une série de meurtres, tous commis un 24 du mois, dans différentes églises de Paris.
Mais quel est donc le point commun entre toutes ces victimes, si ce n'est un étrange signe gravé dans la paume de la main droite ?
La guerre civile menace et la situation est suffisamment grave pour que la reine Catherine de Médicis, prie son filleul Vincenzo de quitter Florence pour la rejoindre à Paris : une bien délicate mission attend le jeune homme...

Fidèle à l'Histoire, Jean-Michel Lecocq plonge immédiatement le lecteur dans un cadre et une atmosphère dignes de l'époque. Il n'est donc pas surprenant de croiser, au cours de cette lecture, un Ronsard, un Agrippa d'Aubigné ou un Ambroise Paré. Si l'auteur fait revivre ces personnages célèbres et dépeint les moeurs, la vie et les mentalités de l'époque, l'enquête est exploitée à la manière de nos auteurs contemporains : riche idée donc de faire "cohabiter" 2 époques, 2 styles que plusieurs siècles séparent.

Une écriture très agréable et fluide, un respect des expressions et mots utilisés au XVIe siècle, le tout dans un français parfait.
Une habileté à conduire l'intrigue, un rebondissement à 6 pages de la fin et un dénouement qui vient à point.
Une lecture que je recommande aux amateurs de polars historiques et aux amateurs de polars tout court. Il est à noter qu'après une longue et minutieuse enquête, c'est un "détail" qui permettra de faire la lumière sur cette recherche qui a donné bien du fil à retordre... un savoureux détail... mais je n'en dis pas plus.
Petit reproche à l'éditeur qui a laissé passer des fautes d'orthographe alors que l'auteur a une maîtrise parfaite de la langue.
 
 
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18 avril 2013 4 18 /04 /avril /2013 16:06

Autant qu’un très bon polar, c’est une fresque humaine et sociale originale que Patrick Pécherot nous convie à découvrir au travers de cet excellent « Soleil noir », publié dans la série noire de Gallimard. On retrouve un ton, un style, bref une personnalité qui n’ont rien à envier à ceux d’un Marcus Malte déjà présent dans cette collection avec ses « Harmoniques ». On y retrouve le même goût de la langue imagée, de ces envolées métaphoriques chères à Audiard. Par moments, on croirait entendre  Bernard Blier dire ce texte savoureux. L’histoire aussi est originale et ne manque pas de sel. Dans une ville sinistrée, abandonnée de tous, une équipe de quatre branquignols, mal assortis, au rang desquels figurent deux repris de justice, entreprennent de rénover la maison de l’oncle décédé de Félix, le narrateur, qui, bien sûr fait partie de la bande. C’est leur couverture pour préparer l’attaque d’un fourgon blindé qui doit s’arrêter au feu rouge devant la maison. Malheureusement pour eux, au moment où ils vont mettre leur projet à exécution, les convoyeurs de fonds se mettent en grève. A la suite de ce contretemps, la situation se dégrade. Nos baltringues doivent improviser et tout part en « brioche ». Comment se terminera l’affaire ? Mal, si l’on en croit les pressentiments de Félix qui, au travers d’une évocation de la vie de son oncle près duquel il a passé une partie de sa vie, fait revivre les années soixante et leur cohorte de souvenirs et de symboles. Un brin nostalgique, un tantinet désabusé, ce récit embarque les gens de ma génération dans une exploration de leurs vingt ans. Une belle fresque humaine et sociale qui mérite le détour. Passionnant et savoureux.

Soleil noir, de Patrick Pécherot, Gallimard série noire, 2007, 295 pages.

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16 avril 2013 2 16 /04 /avril /2013 14:12

Un excellent avis sur la page de "Portrait-robot" du site Amazon. J'espère que d'autres suivront. Merci à ce lecteur ou cette lectrice.108 0756

 

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5.0 étoiles sur 5 un roman noir empreint de folie et d'amour 16 avril 2013
Par Chénia
Faire la route du nord au sud et du sud au nord de la France en compagnie de Jean-Michel Lecocq n'est pas de tout repos... il nous entraine dans des lieux magnifiques pour les parsemer de cadavres ! Les personnages sont taillés au cordeau sans excès et malgré la folie qui rôde du début à la fin du roman, tous sont attachants et ressemblent un peu à un voisin potentiel. A lire sans hésitation d'une seule traite pour profiter de cette ambiance noire.
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16 avril 2013 2 16 /04 /avril /2013 12:33

En 2001, à Châtenay-Malabry, une femme et ses deux enfants sont retrouvés assassinés à leur domicile. Le père a disparu. Le commissaire Langelier est chargé de l’enquête. Un mois plus tard, une autre famille connaît le même sort. Là encore, le père a disparu. Tout le monde pense à un tueur en série, sauf Langelier qui est convaincu que l’un des pères est le coupable. Son entêtement à défendre cette hypothèse va lui attirer les foudres de sa hiérarchie, l’hostilité de son meilleur ami, le commissaire Ferracci, et jusqu’à l’hostilité de ses collègues. Langelier et Ferracci vont engager un bras de fer qui va durer dix ans au cours desquels Langelier connaîtra une véritable descente aux enfers, rompant avec les siens, vivant comme un ermite, enfermé dans sa névrose obsessionnelle, avec comme seul but prouver que son idée de départ était bien la bonne et que sa hiérarchie s’est trompée. Au terme de ces dix années, tout le monde sera finalement confronté à une incroyable réalité. Telle est la trame de ce polar qui m’a tenu en haleine jusqu’au bout, en dépit de quelques longueurs. Le rythme est alerte, le suspense bien entretenu et, au fil des pages, on se passionne de plus en plus pour l’enquête parallèle que conduit ce commissaire obstiné, porté par la certitude qu’il a raison, qu’une autre explication se cache derrière une série de crimes qui va se poursuivre, ce qui semble accréditer son hypothèse. Parviendra-t-il à découvrir la vérité ? Oui, au prix d’un affrontement final qui aura pour cadre la fête qui préside à son départ à la retraite. Je n’avais jamais rien lu de Jacques Expert auparavant et je dois avouer que j’y reviendrai volontiers.  Une lecture prenante et divertissante avec un dénouement pour le moins inattendu.

Adieu, de jacques Expert, Le livre de poche, mars 2013, 399 pages.

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6 avril 2013 6 06 /04 /avril /2013 13:53

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Mon premier roman, « Le secret des Toscans », avait pour cadre principal la ville de SEDAN à la fin du XVIe siècle, à l’époque où celle-ci, enserrée à l’intérieur de ses murailles, à l’abri de son château-fort, était un refuge protestant. Sedan était alors une principauté où dominaient les Catholiques mais dont la famille princière ( La famille La Marck, ducs de Bouillon ) s’était convertie à la religion réformée. Entre 1572 et le début du XVIIe siècle, la ville a vu converger vers elle un afflux de réfugiés protestants fuyant les persécutions. Ils venaient essentiellement du quart Nord-est du royaume et de l’Ile de France, avec quelques exceptions issues d’autres régions de France. L’installation de ces réfugiés et leur intégration à la population locale catholique se sont faites en douceur grâce à une politique intelligente des princes et tout particulièrement de la régente Françoise de Bourbon à qui l’on doit la modernisation de la ville dans le dernier quart du XVIe siècle. La famille princière avait notamment édicté des ordonnances autorisant les émigrés à faire valoir leurs lettres de maîtrise dans la ville, fait exceptionnel à une époque où, partout ailleurs, selon une tradition bien établie, seuls les bourgeois de la ville détenaient ce privilège. Mes personnages d’origine lucquoise ( Déodatti et Burlamacchi ) ne sont pas imaginaires. Ils ont bel et bien existé. Leur présence était officiellement justifiée par les menaces que faisaient peser sur eux leur confession protestante et la politique d’exclusion conduite par la ville de Lyon où ils étaient jusque là implantés en qualité d’industriels et de banquiers. Compte-tenu de leur rôle et de leurs origines socio-professionnelles, on ne pourra m’empêcher de penser que leur venue n’a pas été uniquement provoquée par les persécutions religieuses et la nature de leur foi. Sedan, ville drapière, se trouvait sur la route de la soie qui conduisait de l’Italie aux Flandres ( Ports de la Hanse, tels Bruges et Anvers ). L’industrie de la soie étant en crise, ces hommes d’affaires avisés ont retrouvé dans le textile sedanais une occasion de réinvestir leur fortune et de relancer leur commerce en maintenant leur prospérité. En investissant dans les petites manufactures de la principauté, ils ont également contribué à leur développement et à la prospérité de Sedan. Il en est allé ainsi d’autres métiers. Il suffit d’ailleurs d’examiner avec attention la profession des émigrés qui s’installent à Sedan à partir de la Saint-Barthélemy ( Actes du Consistoire protestant de Sedan de 1572 à 1608 ) pour comprendre que leur venue dans la cité sedanaise n’est pas due au hasard mais à une politique intelligente de la part de la régente, politique qu’on qualifierait aujourd’hui d’immigration sélective. Aux arrivées massives d’artisans du bâtiment et d’autres corporations correspondent les travaux d’urbanisme entrepris par Françoise de Bourbon et l’essor de certaines fabrications.

La ville, enserrée entre ses murailles, ne peut se développer sur le plan spatial. On surélève donc les immeubles et on continue à bâtir sur le parcellaire existant, ce qui explique que, jusqu’aux travaux d’urbanisation haussmannienne du XIXe siècle, la ville a conservé la configuration que l’on retrouve sur le plan-relief ci-joint. On imagine les problèmes de promiscuité que cela a pu poser mais, malgré le fossé entre les confessions, il n’y a jamais eu de problème majeur entre les communautés, sinon quelques heurts au quotidien sans grandes conséquences. L’organisation spatiale de la ville est celle que je décris dans le roman. Sur la seconde photo ( en bas ), on distingue nettement deux quartiers séparés par la place d’Armes. A droite, le Sedan originel, celui de la fin du Moyen-âge, à vocation agricole, à gauche le quartier du Villers, datant du XVIe siècle, plus résidentiel. Au fond, on aperçoit le château-fort et ses bastions, forteresse médiévale la plus étendue d’Europe. On remarque aussi, à la gauche du château-fort, le palais moderne appelé Palais des Princes, construit vers 1610 pour abriter la famille princière en raison des conditions de vie spartiate du château primitif. Sur la première photo ( en haut ), au premier plan, on remarque les prairies de Torcy et le pont qui servait de frontière en reliant Sedan ( hors de France ) à Torcy ( au premier plan ), première ville du royaume de France. En cas de risque d’attaque, les prairies pouvaient être noyées par les eaux de la Meuse grâce à un système de vannes.

Mon héros, Jean de Minville, personnage de fiction, a séjourné dans cette ville, y a conduit son enquête. Il y a croisé des personnages bien réels, eux, dont l’existence est attestée dans les archives de Sedan, comme le Conseiller L’Alouette par exemple ou encore le céramiste Bernard Palissy dont l’atelier se trouvait hors des murailles, dans le faubourg qu’on appelait Du ménil et, bien sûr, la régente Françoise de Bourbon. Cette famille, pourtant protestante, était très proche de la famille royale. Le 23 août 1572, alors qu’ils se trouvaient au Louvre pour le mariage de Henri de Navarre avec la future reine Margot, Catherine de Médicis leur a permis d’échapper aux massacres en les aidant à fuir par la Seine. Cet évènement est mentionné dans mon roman 24. L’ambigüité des relations entre la famille de Bouillon et la famille royale est aussi l’un des ressorts de l’intrigue du Secret des Toscans.

 Greffer sur des lieux et des personnages réels des évènements et des personnages de fiction et réussir à faire prendre cette greffe, tel est l’un des objectifs de mon entreprise d’écriture lorsque je m’attaque à un roman historique. Ce fut aussi le cas pour 24.

Aujourd’hui, les murailles n’existent plus ( Elles ont été démantelées à la fin du XIXe siècle ) et les bastions dont on devine aujourd’hui encore la trace sont recouverts de pavillons et d’immeubles modernes. Mais la vieille ville a gardé sa configuration et son caractère historique au travers de son riche patrimoine architectural. Le plan-relief ci-joint est exposé dans une salle du château-fort, devenu un musée aussi intéressant à découvrir que les fortifications qui datent de 1430 pour les plus anciennes.

La maquette, représentant Sedan vers 1840, est l’œuvre de Jean-Jacques DROMBY.

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4 avril 2013 4 04 /04 /avril /2013 20:24

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Le texte de la quatrième de couverture annonce un polar : après la mort tragique de son fils et la fin de son couple qui n’a pas survécu à ce drame, Fin MacLeod,un ex-policier, retourne sur sa terre natale, au nord des îles Hébrides, pour restaurer la maison de ses parents. Voilà qu’à son arrivée, on découvre, sous la tourbe, le corps d’un jeune homme tué une cinquantaine d’années plus tôt. Qui était-il et qui l’a tué ? Ce sont les questions auxquelles Fin MacLeod va tenter de trouver des réponses. Au-delà d’un simple et énième polar, c’est un fabuleux roman que nous livre là Peter MAY, un de ces romans qui renvoient à des chefs-d’œuvre comme « Seul le silence » de RJ ELLORY. Certes, le lecteur est confronté à une intrigue policière mais aussi et surtout à une prodigieuse fresque historique et sociale qui raconte de façon émouvante l’histoire tragique de ces orphelins que l’église catholique déportait sur les îles Hébrides pour servir d’esclaves à des familles d’accueil. Dans cette description d’une société rurale rude du milieu du XXe siècle, on retrouve des échos des évocations de l’Islande de Indridason ou de la Norvège de Unni Lindell. On y retrouve à coup sûr des accents propres à cette littérature nordique qui ne se contente pas de nous offrir des intrigues policières mais les insère dans un environnement déroutant et envoûtant qui devient, autant que le suspense, le moteur du roman. On se laisse prendre par ce récit, servi par un style séduisant, faisant alterner les époques et les points de vue. Le regard que porte le vieux MacBride, atteint de démence,  sur sa vie et sur ce qui l’entoure est parfaitement rendu et sert efficacement le récit. A la fin, le suspense et l’action reprennent clairement leurs droits pour un final en apothéose. Une belle réussite que ce roman que je recommande vivement, au-delà du cercle bien spécifique des amateurs de polars, à tous ceux qui aiment la belle littérature et le mystère.

 

L’homme de Lewis, de Peter MAY, Editions du Rouergue, 2011, 380 pages.

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