Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
6 avril 2014 7 06 /04 /avril /2014 17:34

tobermory-1-copie-1.jpgDepuis « Le Christ jaune », l’Ecosse est un pays que mes polars visitent volontiers. C’est un pays où j’ai des attaches et où j’ai séjourné à maintes reprises. Ses paysages, sa culture et sa population sont profondément attachants. C’est aussi une contrée qui recèle et cultive le mystère, un mystère surgi du plus profond de sa tradition gaëlique et de ses paysages tourmentés. On raconte qu’au moment où ils furent persécutés, c’est là que les Templiers se réfugièrent pour mettre en sûreté leur mythique trésor. J’ai choisi d’y situer plusieurs chapitres de mon dernier polar, « Rejoins la meute ! ». Mon personnage principal, le commissaire Payardelle, s’y rend pour les besoins de son enquête, accompagné par son adjoint. Il y retrouve un inspecteur de Scotland Yard, Mac Pherson, dans lequel j’ai voulu camper l’archétype du policier britannique. Tous trois vont voyager dans plusieurs endroits de l’Ecosse, d’Edimbourg aux îles Hébrides, en passant par Linlithgow et Sterling. L’histoire de l’Ecosse, reliée au Moyen-Age à celle de la France, va jouer un rôle prépondérant dans une intrigue qui met en scène des massacres accompagnés de rituels médiévaux. Trois des victimes sont écossaises, ce qui explique le voyage du commissaire Payardelle. La vieille langue écossaise issue du gaëlique va également intervenir dans l’histoire.

Faire revivre dans mon polar des lieux que j’ai visités, y intégrer sous une autre identité des personnages que j’ai réellement croisés lors de mes séjours participèrent fortement au plaisir de l’écriture. Tout dans les descriptions des lieux est fidèle à une réalité que j’ai connue. L’exemple le plus frappant est celui d’un policier écossais dont je compare le physique à celui de Jack Nicholson. Cet homme existe vraiment, je l’ai rencontré, il conduisait le petit chemin de fer miniature de Craignure.

Voici un court extrait de l’un des chapitres situés sur l’île de Mull dans lequel apparaît le policier précédemment évoqué :

« Ile de Mull, archipel des Hébrides, le 2 juin 2010,

    César se demanda ce qu’il était venu faire dans cette contrée inhospitalière, battue par la pluie et le vent, totalement excentrée par rapport à ce qu’il considérait comme la civilisation. Par temps clément, l’île de Mull devait ressembler à ces cartes postales sur lesquelles un vieux château-fort, en pierre de lave noire, campé sur fond de mer agitée et de ciel tourmenté, dresse sa silhouette massive à l’extrémité d’une lande aux herbes courbées par le vent. Mais, sous la pluie battante, le charme de la carte postale s’était effacé pour laisser place à un paysage aux teintes déprimantes, faites d’un mélange incertain de noir, de brun et de gris. Le ferry, ballotté par la houle, avait mis près d’une heure pour accomplir la traversée depuis le port d’Oban, sur la côté Est, jusqu’au ponton de Craignure, qui desservait la plus grande des îles des Hébrides intérieures. Une heure à subir le mal de mer, à chercher un improbable réconfort, vautré sur l’une des banquettes du bar, sous l’œil narquois du personnel de bord, ignoré par Théo et Mac Pherson, apparemment plus aguerris aux aléas de cette traversée mouvementée et qui devisaient un peu plus loin, assis devant une pinte de Guiness.

    L’idée de la configuration informatique qui l’attendait sur l’île, chez le dénommé Mac Laughlin, leur hôte durant leur séjour à Mull, et la perspective de trouver refuge sur le web suffisaient à peine à le réconforter.

    L’accostage et l’arrivée sur le ponton lui apparurent comme une délivrance. Même la pluie qui redoublait d’intensité lui procurait une sensation de fraîcheur agréable. Seule une dizaine de personnes débarquèrent du ferry. Les trois policiers accélérèrent le pas, en direction d’un homme qui, à l’évidence, les attendait, muni d’un parapluie dont l’intégrité ne tenait qu’à un fil sous les bourrasques. Mac Laughlin, car c’était bien lui, était de taille moyenne. Son front déjà bien gagné par une calvitie, ses cheveux noirs plaqués en arrière et ses yeux à l’éclat félin, séparés par un nez aquilin, lui donnaient des faux airs de Mike Nicholson. Son sourire crispé, lorsqu’il les aperçut, confirma cette première impression. Pour autant, l’homme était sympathique et communicatif. »

 

http://www.amazon.fr/Rejoins-meute-LECOCQ-JEAN-MICHEL/dp/2343030111/ref=sr_1_1?s=books&ie=UTF8&qid=1397460999&sr=1-1&keywords=rejoins+la+meute

 

 Illustration : Port de Tobermory, sur l'île de Mull.

Partager cet article

Repost 0
Published by ma fabrique de polars - dans les lieux
commenter cet article

commentaires

Issn 2267-0947

  • : Le blog de ma fabrique de polars
  • Le blog de ma fabrique de polars
  • : J'écris et je publie des polars, ou des thrillers, selon les préférences. Ce blog est destiné à les présenter, à évoquer mon activité d'écriture et à publier mes coups de coeur.
  • Contact

Recherche