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26 mai 2014 1 26 /05 /mai /2014 19:17

la-mort-pour-seule-compagne.jpgL’intrigue a pour cadre le Pays de Galles et la région de Cardiff et de Newport. C’est un univers dur, un port, des prostitués et des brutes venus de l’est pour les exploiter. Fiona Griffiths est une jeune recrue de la police galloise. Elle n’est pas appréciée de sa hiérarchie en raison de son caractère indiscipliné et elle éprouve les pires difficultés à entrer en communication avec les autres. C’est une sorte de petite bête blessée qui n’en fait qu’à sa tête et qui a décidé, en marge de son travail d’enquêtrice, de mener ses propres investigations pour retrouver ceux qui ont tué une prostituée et sa petite fille dans un squat d’une rue mal famée. Tout est centré sur ce personnage original, doté d’une sensibilité à fleur de peau mais qui doit receler un lourd secret qui l’empêche de pleurer. Cette jeune femme qui ne se regarde plus dans les miroirs, qui n’espère plus y trouver le reflet de quelque chose de nouveau ( «  J’ignore à quoi ça sert, les miroirs, ils ne nous disent que ce qu’on sait déjà » ) préfère la compagnie des morts à celle des vivants. Alors qu’elle s’est laissé enfermer dans la morgue de l’institut médico-légal pour y passer la nuit, Fiona finit par s’endormir entre le cadavre de la prostituée et celui de sa fille : « Au bout d’un moment, fatiguée, je rapproche les deux chariots et je m’allonge au milieu pour dormir, la main d’April dans la mienne, le visage contre l’enviable chevelure de Janet. Nous dormons d’un sommeil de plomb ».  Le personnage de Fiona est fouillé, ciselé et on finit par s’attacher profondément à cette personnalité hors du commun qui, avec une obstination que rien ne peut arrêter, prend tous les risques physiques, psychologiques et professionnels pour atteindre la vérité. Derrière la rebelle, on sent néanmoins une générosité débordante, une sensibilité exacerbée. Dans sa relation avec son collègue Brydon, on devine le besoin de regagner la normalité en s’installant dans une relation amoureuse. L’intrigue est menée sur un bon rythme. Le style est séduisant. On se sent bien dans ce polar, en compagnie d’une fliquette sympathique que l’on prend en affection et que l’on n’a pas envie de quitter. A découvrir et à savourer.

La mort pour seule compagne, de Harry Bingham,  Editions 10/18, avril 2014, 449 pages, 8 € 80.

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Published by ma fabrique de polars - dans Coups de coeur
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