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3 avril 2014 4 03 /04 /avril /2014 12:58

108_0230.JPGQuand on est à la fois auteur et chroniqueur, comme c’est mon cas, on se trouve en permanence confronté à un double problème.

D’abord, se pose un problème déontologique : comment réagir devant un roman qui ne vous a pas plus du tout et que l’on juge même mauvais ? En ce qui me concerne, la réponse est claire : je m’abstiens de poster un commentaire. Je me permets seulement de publier ce que j’appelle « des impressions mitigées », lorsque mon commentaire critique peut néanmoins être assorti de considérations positives. Je ne vais pas au-delà. Je n’en publie d’ailleurs que très peu. Le monde de la littérature, et plus particulièrement celui du polar, est un univers de convivialité qu’il convient de préserver.

Ensuite, il y a le problème de la comparaison. Lorsqu’il lit le roman d’un autre, celui qui écrit ne peut s’empêcher d’établir des comparaisons. Confronter son talent à celui des autres est une expérience délicate mais intéressante. D’une part, je pense y avoir trouvé des maîtres, des auteurs dont le talent m’a paru supérieur au mien. Je ne citerai pas de noms afin de ne pas commettre d’injustes oublis mais il m’arrive de dire « chapeau bas ». Mais il s’agit aussi d’une expérience formatrice car, si, un jour, une de mes fidèles lectrices m’a dit que « Portrait-robot » marquait un progrès très net dans ma maîtrise du genre du « polar », je le dois sans doute à l’influence des maîtres précédemment cités. Cela se nomme sans doute l’imprégnation. On découvre des techniques, on en analyse les rouages et on les réinvestit dans ses propres écrits. Malgré cela, je tiens à conserver mon originalité, ce qui fait la saveur propre de mes polars. Pas question de me couler dans un moule, de me convertir au prêt-à-porter. Je suis convaincu que mes polars ont une touche personnelle, une ambiance spécifique qui fait leur intérêt. Il m’est seulement arrivé d’accepter des influences dans la mise en place du sujet, dans la façon de structurer le récit. Pour le reste, le traitement des personnages et des lieux conserve ma « patte ». Il en va de même pour le style auquel je tiens à garder un caractère littéraire marqué que me reconnaissent mes lecteurs.

D’autre part, se manifeste parfois un effet que je qualifierais d’ « effet de renforcement ». Je veux dire par là qu’il m’arrive de lire aussi des auteurs consacrés et de ne trouver sous leur plume rien qui les place au-dessus de mes propres écrits. Il m’arrive même de trouver leur roman moins bon que les miens. Et, pourtant, ils sont publiés dans des maisons d’éditions renommées. C’est le cas pour le polar que je lis actuellement, celui d’un auteur dont tout le monde vante les mérites, couronnés de succès littéraires, et dont je reconnais les qualités mais devant lequel je ne fais aucun complexe. Cela me conforte dans l’idée que ce que je publie n’est pas si mal.   

Pour se maintenir sur le bon chemin, il faut trouver un juste équilibre entre la reconnaissance du talent des autres et la confiance en soi, puiser chez les autres les moyens de progresser mais aussi des raisons de poursuivre sur la voie qu’on s’est tracée. Si cette voie n’a pas actuellement la faveur d’une majorité des éditeurs, peut-être viendra le jour où elle recueillera les faveurs du public et donc du monde de l’édition.

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Published by ma fabrique de polars - dans En coulisse
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