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17 décembre 2012 1 17 /12 /décembre /2012 08:02

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Il y a quelques temps, j’avais posté sur ce blog une chronique consacrée à La rivière noire, de Arnaldur Indridason ( Voir dans la rubrique « Impressions mitigées » ). J’y expliquais combien ce livre m’avais dérouté et le peu d’enthousiasme qu’il m’avait inspiré. Récemment, je suis tombé sur un autre roman de cet auteur islandais, trop réputé pour que je m’en tienne à ma première impression. J’ai donc sorti des rayons de la médiathèque La femme en vert. Grand bien m’en a pris. Je ressors de cette lecture réconcilié avec Indridason. L’histoire tient en deux mots : on retrouve, enfoui dans la terre d’un chantier sur une colline à la périphérie de Reykjavik, un squelette dont nul ne sait ce qu’il fait là, ni de quand date sa mort, ni les causes de son décès. Erlendur et son équipe vont fouiller le passé pour tenter d’identifier ces restes macabres. Parallèlement aux recherches de la police, Indridason nous livre deux autres récits : celui d’une famille miséreuse soumise à l’emprise d’un père violent et celui de la propre vie d’Erlendur, avec la disparition tragique de son jeune frère, le naufrage de son couple et la déchéance de sa fille toxicomane et plongée accidentellement dans le coma. Tout au long du roman, ces récits vont s’interpeller, sur le thème de la culpabilité, de la souffrance et de l’exercice de la résilience. Mais La femme en vert est aussi et avant tout une fresque historique et sociale de l’Islande de la moitié du XXe siècle. C’est la découverte d’un pays singulier dont les destinées ont été forgées par son climat rude, son isolement géographique et sa pauvreté endémique. Un réalisme social que l’auteur sait parfaitement poser comme un décor tout désigné pour les histoires tristes de ces personnages confrontés à un destin tragique. Très vite, à mesure que le récit fait alterner le cours de ces histoires parallèles, on comprend qu’elles vont se rencontrer et s’entrechoquer. Ce squelette découvert sur une colline de Reykjavik sera leur point de rencontre, leur dénominateur commun. Tout en menant auprès de sa fille endormie une veille patiente et attentive, Erlendur va réussir à faire parler le passé et, lorsque surgira enfin la fameuse « femme en vert », la lumière se fera sur le mystère du squelette. Même si, très tôt, on peut se forger une idée de qui se cache derrière ces ossements, l’auteur parvient à ménager le suspense et à entraîner le lecteur jusqu’au bout de l’intrigue. Dans son style particulier, Indridason nous livre là un excellent polar, en même temps qu’un très beau roman.

La femme en vert, de Arnaldur Indridason, Métaillé Noir, février 2006, 299 pages.

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Published by ma fabrique de polars - dans Coups de coeur
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