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12 novembre 2012 1 12 /11 /novembre /2012 09:17

J’étais trop accaparé par la relecture et la refonte de mes derniers manuscrits pour songer à ma prochaine production. Cependant, après des semaines de jachère, mon imagination s’est remise au travail. L’idée de ce qui devrait être mon prochain polar a surgi. Quand je dis « a surgi », j’emploie une expression qui n’est sans doute pas appropriée car ce fut un phénomène d’émergence lent, résultat d’un processus de maturation long et patient. Je crois que tout vient de ma dernière lecture, « dans les bois éternels », un polar dans lequel Fred Vargas livre au lecteur un fatras de faits disparates, sans rapport apparent entre eux, entre lesquels elle imagine pourtant un fil supposé les relier. Toute l’intrigue est construite sur la recherche de ce fil hypothétique, un lien qu’elle reconstitue bout à bout pour, au final, recomposer la trame tout-à-fait cohérente d’une histoire parfaitement cadrée comme elle seule en a le secret. Il n’est pas question un seul instant de parodier Fred Vargas. Le voudrais-je que je n’y parviendrais pas. Mais, l’idée qu’une enquête puisse partir d'une série de faits épars, anecdotiques, entretenant entre eux une relation cachée, au départ improbable mais progressivement plausible, m’a séduit. Mais comment vous vient l’idée d’un roman ? De quoi se nourrit-elle ?

Tout a commencé un soir où, ne trouvant pas le sommeil, je me suis réfugié dans le salon qui jouxte le hall d’accueil de l’hôtel Ibis de Narbonne. Il était tard. Tout en lisant, j’observais le ballet des employés qui s’activaient à remettre en ordre la réception et la réceptionniste qui passait le relais au veilleur de nuit. Tout ce petit monde évoquait sans aucune discrétion un tas de choses de la vie de l’hôtel et me livrait l’envers du décor. De leurs échanges me sont venues des idées. Le lendemain, un couple visiblement préoccupé se tenait devant l’entrée de l’hôtel, lui tirant nerveusement sur sa cigarette, elle cherchant à joindre un correspondant sur son portable. Au fil de mes va-et-vient entre la chambre et la voiture, je suis passé plusieurs fois devant eux, et, sans que je montre indiscret, ils m’ont donné à deviner, par bribes, la nature de leur problème. J’ai mis ces informations en mémoire. J’y ai créé l’amorce d’une banque de données propres à nourrir le contenu de mon roman. Elles ont sommeillé durant plusieurs jours, comme des accords attendant la partition susceptible de les mettre en musique. L’idée d’un polar qui aurait pour cadre un hôtel faisait son chemin lorsqu’un matin, sans comprendre d’où elle venait, une nouvelle idée est apparue, décisive, déterminante : ce polar aurait pour cadre Sedan, la ville que je connais le mieux. Son histoire – qui avait déjà nourri mon premier roman – y jouerait un rôle primordial. Il me restait à trouver le personnage central de ce polar. La réponse fut spontanément Payardelle, mon personnage récurrent que j’ai déjà mis en scène dans deux manuscrits encore inédits. Pourtant, j’hésite encore. Je pourrais profiter de cette occasion pour créer un second personnage récurrent avec Tragos, mon flic de Portait-robot. Il est déjà venu dans les Ardennes et cela pourrait donner prétexte à des retrouvailles, notamment avec Delmas  le vieux gendarme qui coule des jours paisibles au bord de la Semois. D’un autre côté, j’aimerais réserver le personnage de Tragos pour des polars méditerranéens. Spécialiser en quelque sorte les deux flics, si différents. Je n’ai encore rien décidé. En attendant, il me faut un flic en villégiature à Sedan pour quelques jours. A partir de là, les idées manquantes ont jailli : l’objet de sa venue dans cette ville, l’hôtel où il résiderait durant son séjour, l’actualité de la ville pendant sa visite et toutes ses possibilités d’interférence dans une enquête policière. Je ne peux en dire plus sous peine de déflorer le contenu du roman. Deux choses restent encore à construire et pas des moindres : la fable et le sujet. La fable, c’est-à-dire l’intrigue dans ce qu’elle a de linéaire et de chronologique et le sujet, c’est-à-dire l’ordre dans lequel les éléments de la fable ou de l’intrigue seront introduits au fil du récit. Alors, je laisse décanter cette mixture le temps qu’il faudra et l’architecture de mon polar finira bien par émerger de ce magma, à l’occasion d’une nouvelle idée lumineuse. Alors, comme j’ai l’habitude de le faire, je prendrai un stylo, je griffonnerai les éléments constitutifs de la fable sur quelques feuilles A4 que j’agencerai ensuite en fonction des exigences du sujet. Je suis déjà tout entier dans ce polar qui accapare mon esprit. Ce sera mon septième roman. En attendant que se fasse ce travail de décantation et que vienne le moment magique de l’écriture, je me consacre à l’ingrate relecture de mes précédents manuscrits dont le premier devrait être entre les mains de ma directrice de collection dès qu’elle aura repris le travail.

Dans la vignette, le château de Sedan dans lequel se trouve situé l'hôtel qui sera le cadre principal du polar.                                                                                                                                                                  

chateau-de-jour.JPG

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Published by ma fabrique de polars - dans Mes romans
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