Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
12 janvier 2016 2 12 /01 /janvier /2016 19:20
Un court extrait de mon prochain polar " Les Bavardes"...

~~ La foule des curieux se masse sur la promenade Simon Lorière, à hauteur de l’embarcadère le long duquel on a tendu un bandeau jaune destiné à délimiter la scène de crime jalousement gardée par un cordon de policiers municipaux auxquels se sont adjoints deux motards de la gendarmerie. Les silhouettes des badauds s’étirent sur la pointe des pieds, les cous s’allongent, les têtes se penchent pour tenter de saisir ne serait-ce qu’une miette du spectacle qui anime le quai, juste devant le ponton réservé aux abonnés du club nautique local. On parle beaucoup, on tend le bras en l’air pour prendre des photos avec les portables, on se bouscule un peu pour avoir le meilleur angle de prise de vue. Mais, dans l’ensemble, on reste silencieux, comme pétrifié par le malheur qui vient de s’abattre sur une petite station balnéaire qui ne méritait pas ça. Ces choses-là, on les accepte dans les grandes villes, à Paris, à Marseille, en Corse à la rigueur, mais pas ici. La presse est elle aussi tenue à bonne distance par des policiers municipaux énergiques qui s’opposent à toute tentative pour s’approcher de la scène de crime. Sur le quai Léon Condroyer, vidé de ses badauds, stationnent deux camionnettes de gendarmerie, gyrophares en action. Les uniformes pullulent et s’agitent en tous sens. Tragos doit présenter sa carte tricolore pour franchir le premier barrage de la police municipale et il lui faut encore montrer patte blanche pour atteindre le groupe qui se tient campé devant une civière dont le contenu est masqué par une bâche de plastique noir.

- Commandant Tragos du SRPJ de Marseille, annonce-t-il à celui qu’il devine être le major Barret. - Heureux de vous voir, ment son interlocuteur qui, aussitôt, s’empresse de faire les présentations. - Monsieur Maljoie, procureur de la république de Draguignan. Monsieur Marceau, maire de Sainte-Maxime et le capitaine Fonsini, médecin des sapeurs-pompiers, annonce-t-il, en montrant successivement les trois hommes qui l’accompagnent.

Le procureur a une sale tête, celle d’un atrabilaire, le genre de type grincheux, capable de vous aboyer dessus à la moindre occasion. Le maire a l’air hébété comme s’il s’interrogeait sur les raisons de sa présence et sur le pourquoi d’un acte criminel d’une telle sauvagerie dans sa bonne ville qui respire d’ordinaire la tranquillité et la joie de vivre. Quant au médecin des sapeurs-pompiers, il est là comme par habitude dès qu’un accident ou un décès surviennent, comme une présence aussi rassurante qu’inutile vu l’état du corps qui gît sous son linceul de plastique. Pour obtenir des informations pertinentes, il faudra attendre l’identité judiciaire et son médecin. Une affaire de minutes, aux dires de Barret car l’équipe de l’identité judiciaire de la gendarmerie est partie de Nice depuis une petite heure.

- Ce n’est pas beau à voir, prévient Barret, en même temps qu’il soulève la bâche.

Le corps qui apparaît est celui d’un homme dont la tête a disparu. Une plaie nette, du travail propre, comme celui d’un professionnel équipé d’outils performants. Un boucher, un équarrisseur ou un chirurgien, les seuls capables de produire un travail aussi soigné.

Partager cet article

Repost 0
Published by ma fabrique de polars
commenter cet article

commentaires

Issn 2267-0947

  • : Le blog de ma fabrique de polars
  • Le blog de ma fabrique de polars
  • : J'écris et je publie des polars, ou des thrillers, selon les préférences. Ce blog est destiné à les présenter, à évoquer mon activité d'écriture et à publier mes coups de coeur.
  • Contact

Recherche